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30/03/2016

Drôles d'aventures que celle de Renart !

 Où l’on voit comment le Goupil et le Loup vinrent au monde,

et pourquoi le premier s’appellera Renart, le second Ysengrin.

Prologue du Roman de Renart

 

Écrit au Moyen-âge en vers et en langue romane, d'où son nom, œuvre de plusieurs auteurs, le « Roman de Renart » est un recueil de poèmes composés à des époques diverses, entre 1170 et 1250, et réunis au cours de ce même XIIIe siècle. Au total, pas moins de 80 000 vers destinés à divertir les gens du peuple auxquels ils étaient racontés.

 

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 Le Roman de Renart

 

Mettant en scène uniquement des animaux, « Le Roman de Renart » a pour thème central  la lutte d'un goupil rusé, répondant au nom de Renart et d'un loup plutôt brutal et niais, Isengrin. C'est la grande popularité de ce récit qui a fait que le nom propre de « renart » s'est imposé dans la langue dès cette époque, en remplacement du nom commun de goupil !

 

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Renart et Isengrin en costume de moine

 

Il faut noter que « renard » s'est orthographié avec un « t » final jusqu'au milieu du XVIe siècle. Ce nom propre est tiré d'un anthroponyme francique « Raǥinhard », de « raǥin » signifiant « conseil » et de « hard » pour «dur, fort »

 

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 Robinet de fontaine

 

Aux côtés de Renart et d'Ysengrin, il y a aussi « Noble » le lion, « Brun » l'ours, « Grimbert » le blaireau,... et un mouton nommé « Robin » que l'on retrouve, le croirez-vous, dans notre langage d'aujourd'hui. En effet, fabriqués vers le XVe siècle, les tout premiers robinets de France étaient ornés d'une tête de mouton stylisée. On s'est donc mis à les qualifier de « robinets », c'est-à-dire de « petit robin » ou de « petit mouton ».

 

Biblio. « Quiz des histoires de France » de L.Boyer et C. Portier-Kaltenbach – Ed. Lattès 2011.

27/03/2016

La confiture de lait

Spécialité normande, la confiture de lait ? Ce mélange harmonieux de lait et de sucre cuit à feu très doux jusqu'à épaississement et obtention d'une belle couleur caramel ? Rien n'est moins sûr ! D'autant qu'il existe des recettes similaires dans toutes les parties du monde !

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Si l'on en croit la légende, elle aurait été créée au XIXe siècle par un chef-cuisinier de l'armée napoléonienne. A cette époque, les soldats avaient pour ration un bol de lait sucré. Lors d'une bataille, il aurait par distraction laissé chauffé le mélange un plus longtemps que nécessaire. A sa surprise, le résultat était plus succulent que jamais.

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Cependant, en Argentine, les registres de commerce de l'année 1620 montrent qu'à cette époque déjà, l'importation de confiture de lait provenant du Chili était courante. Serait-elle alors originaire du continent américain ?... Peut-être bien car cette friandise, populaire en Amérique centrale , est aussi traditionnelle en Argentine, au Brésil, au Chili, au Panama, au Paraguay, au Pérou, en Uruguay et au Venezuela et dans d'autres régions de l'Amérique du Sud.

Quoi qu'il en soit, chez nous, en France, on trouve des recettes de confiture de lait principalement dans deux régions : la Savoie et bien sûr la Normandie, comme celle que j'ai choisi de vous dévoiler aujourd'hui* :

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Il vous faut 1 litre 1/2 du lait cru, son poids en sucre en poudre et 3 bâtons de vanille.

Mettez dans un grand récipient profond le lait crue et le sucre. Ajoutez la vanille, mélangez avec une cuillère de bois. Faites cuire sur petit feu et au bout de 3 à 5 minutes, quand le tout commence à bouillir, remplacez la cuillère de bois par une écumoire.

Surveillez la cuisson de près, la réussite de la confiture en dépend. Lorsque vous constatez que la préparation nappe légèrement l'écumoire, pratiquement au bout de 30 minutes, versez une goutte sur une assiette froide ; si elle forme de petites perles, retirez-la du feu et mettez en pots. Sinon, laissez cuire encore 3 à 5 minutes.

Il n'est pas d'usage de conserver longtemps cette confiture.

Bon appétit !

 

* Recette extraite de "Recettes Normandes de nos Grands-Mères" de L. Gildas - Ed. CPE - Reflets de Terroir - 2005.

23/03/2016

Pléville Le Pelley , un rebelle granvillais à la jambe de bois

Un jambe qui ne l'a aucunement empêché de devenir Ministre de la Marine et des Colonies ! Nous sommes le 15 juillet 1797. Le Directoire vient de récompenser l'ardeur d'un homme d'exception, honnête et désintéressé, un grand marin, un corsaire de premier ordre, un brave de soixante-et-onze ans qui n'a jamais faibli !

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Georges-René Le Pelley de Pléville - Portrait réalisé à Versailles en 1786

 

Mais reprenons l'histoire à son début. Georges-René Le Pelley de Pléville, dit « le Corsaire à la jambe de bois », puis, après la Révolution "Pléville Le Pelley", est né à Granville (Manche) le 18 juin 1726. Il est l'héritier d'une très ancienne famille de la bourgeoisie granvillaise qui a jadis fait fortune dans les armements maritimes.

Malgré des études classiques qui auraient dû le mener dans les ordres, le jeune homme choisit la navigation. A 13 ans, il embarque pour la pêche à la morue sur "le Comte-de-Thorigny", un navire armé par des parents. Des conditions de vie particulièrement rudes ne vont en rien le décourager, loin de là.... Il continue de naviguer, part au Canada puis aux Antilles et, après des études de mathématiques et d'hydrographie, devient officier corsaire.

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En juin 1744, à seulement 18 ans, il est premier lieutenant sur la "Françoise-du-Lac". Près d'Ouessant, ce corsaire granvillais de 30 tonneaux, 6 canons et 60 hommes d'équipage ne peut éviter un combat inégal contre 2 navires ennemis mieux armés. Touché par un boulet ramé qui lui coupe la jambe droite, on emploie la scie, l'opération est cruelle. Fait prisonnier de guerre, il réussit malgré tout à s'évader et retourne au combat.

En 1758, il s'engage dans la Marine Royale. Capitaine de port à Fort-Royal (Martinique) en 1763, puis à Marseille en 1766, il quitte ses fonctions en 1778 et repart combattre pour l'indépendance américaine aux côtés de l'amiral d'Estaing. Il en revient avec dans la tête des aspirations de liberté... qui lui font accueillir la Révolution avec enthousiasme.

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Statue de Pléville Le Pelley à Granville

 

Ministre, il démissionne de son poste le 27 avril 1798. Promu vice-amiral, il reprend le commandement des ports de la République dans la mer Adriatique.

Georges-René Pléville Le Pelley meurt à Paris le 2 octobre 1805. Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de l'ordre de Cincinnatus, Napoléon avait fait de lui un des premiers Sénateurs et grands officiers de la Légion d'honneur.

 

Biblio. "Illustres Normands" 2ème édition - HS Ouest-France.