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30/06/2013

La Verte-Bonne, une délicieuse prune normande

En aval de Rouen, les deux rives de la Seine offrent à l’arboriculture qui s’y est développée un terrain idéal repéré dès le VIIe siècle par les religieux de l’Abbaye de Jumièges qui y ont développé les premières plantations fruitières.

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Abbaye de Jumièges

 

Grâce à la nature des sols et surtout au microclimat qui règne dans ce Val de Seine, des températures douces dues aux falaises de craie blanche réfléchissant la chaleur, protégeant du vent et limitant les précipitations, les hommes ont produit ici de la vigne puis des pommes et des poires et plus tard des cerisiers, bigarreautiers et des pruniers. 

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Aujourd’hui, des quarante variétés de prunes qui étaient produites au début du siècle dernier, une majorité d’entre-elles a malheureusement disparu des étals. Heureusement, la Verte-Bonne, cette jolie prune exclusivement normande, à la chair fine et délicate, cousine de la Reine-Claude, régale toujours nos papilles.

 

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 La Verte-Bonne, prune normande

 

Comme d’habitude, pour tous les gourmands aux papilles alléchées, voici la recette de la tarte aux Vertes-Bonnes du Val de Seine, en réalité un gâteau aussi beau que délicieux.*

Pour 6 personnes, il vous faut :

pour la pâte : 200 g de farine 1 œuf, 75 g de sucre semoule, 3 cuillerées à soupe de laite, 2 cuillérées à soupe d’huile, 1 cuillerée à café de levure, 1 pincée de sel ;

pour la garniture : 400 g de Vertes-Bonnes, 125 g de beurre, 60 g de sucre semoule et 1 œuf.

Mettre la farine dans un saladier et faire une fontaine. Y verser le sel, le sucre, l’huile, l’œuf et délayer avec le lait. Incorporer la levure et bien mélanger le tout. Verser à mi-hauteur dans un moule beurré. Cuire à feu moyen (th6) pendant 15 minutes.

Pendant ce temps, laver et sécher les prunes, les couper en deux et retirer les noyaux.

Dans une jatte, battre le sucre avec le beurre fondu et l’œuf. Sortir le gâteau, le napper de cette crème. Disposer ensuite les fruits ouverture en l’air sur toute la surface ; remettre au four pendant 10 minutes.

A déguster tiède accompagné d'un verre de cidre frais !

Bon appétit !

 

*Recette extraite de « La bonne cuisine normande » de J-Boudou – Ed. Libris – Mai 2008.

26/06/2013

Jean Valjean serait-il normand ?

Victor Hugo (1882-1885) et la Normandie, c’est une longue, belle mais aussi douloureuse histoire. Il vint chez nous à plusieurs reprises et notamment au Havre. La légende raconte qu’il y fit une rencontre qui allait lui inspirer le personnage de Jean Valjean, héros de son roman le plus populaire « les Misérables » paru en 1862. 

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Voici l’histoire. Nous sommes le 15 février 1843. En l’Eglise Saint-Paul Saint-Louis, en présence de leurs parents, Charles Vacquerie épouse Léopoldine Hugo, la fille chérie. L’un des témoins du mariage se nomme William Régnault. C’est un notable qui dirige une importante maison de négoce. Celle-ci appartenait auparavant et jusqu’à sa mort en 1842 à Nicolas Lefèvre, riche négociant havrais, beau-frère et employeur du jeune marié.

Très vite, Regnault devient un intime des Hugo auxquels il aurait même à plusieurs reprises accordé l’hospitalité. Fortuné, l’homme est un personnage en vue dont les ambitions, notamment politiques, vont cependant être contrariées. Car en 1848, Régnault se suicide laissant une femme et trois orphelins. Revers de fortune ? Affaire sentimentale ?

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Jean Valjean

 

Les hypothèses vont bon train jusqu’à ce qu’un journaliste dévoile dans la presse havraise le passé de forçat de l’homme qui s’appelait en réalité César Joseph Regnault et qu’un ancien bagnard dénommé Vallée, tenancier d’un cabaret louche sur le quai Lamblardie et d’une maison de rendez-vous à Graville, faisait chanter.

Le décor est planté. Hugo aurait donc emprunté les profils des deux hommes pour les transformer sous sa plume en Jean Valjean et Thénardier. 

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Au cœur du quartier Graville du Havre, au 30 de la rue Bellefontaine, subsiste encore la maison de Régnault dans laquelle la famille Hugo aurait séjourné. L’ancienne propriété Lefevre a quant à elle été lotie en 1890. Le promoteur, inspiré à n’en pas douter par cette légende,  a baptisé ses voieries du nom des personnages du roman : l’escalier Jean Valjean, l’impasse Cosette, la rue Fantine et l’impasse Javert.

 

Biblio. Le Havre, Itinéraires insolites – Isabelle Letélié – Ysec Editions 2011.

23/06/2013

Centième édition du tour de France !

Le Tour de France 2013, centième édition de la « grande boucle », prendra samedi prochain, 29 juin, son départ de Porto-Vecchio en Corse.  

Cette compétition cycliste par étapes, créée en 1903 par Henri Desgrange et le journal L'Auto est considérée comme la plus prestigieuse épreuve cycliste du monde voire, d'après son actuel organisateur, Christian Prudhomme,  la plus grande compétition sportive mondiale annuelle.

Comment à cette occasion ne pas évoquer la première édition de ce tour ?  Celle de 1903.  

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  Carte de la course de 1903

 

Tout a commencé par une belle journée d’été. Un 1er juillet. A 15h16, à Montgeron, petite commune située à 17 km au sud de la capitale, devant le café « Le réveil matin », 60 des 79 coureurs initialement engagés, sont alignés, attendant fébrilement le signal de départ. C'est qu'ils vont devoir parcourir 2 428 km en 6 longues étapes avec seulement deux à quatre jours de repos entre chaque étape ! Car l’arrivée est prévue à Paris le 19 juillet.

A  l’abaissement du drapeau, chacun s’élance sur son engin. Cette première étape doit les amener à Lyon, soit 467 km de routes peu carrossables et très poussiéreuses. Seuls les « cracks » sont habillés d’un collant noir et d’un veston blanc. Les autres sont vêtus de ce qu’ils ont, c'est à dire un peu n'importe comment... Et que dire des machines rudimentaires qu’ils ont enfourchées ? Non seulement, elles ne sont pas équipées de changements de vitesses, ça n’existe pas encore, mais elles pèsent jusqu’à 15 kilos pour certaines ! Au fil des kilomètres, des heures de courses, de la fatigue, des chutes,… les abandons vont se succéder. Seuls 21 concurrents franchiront au final  la ligne d’arrivée, c’est dire ! 

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Le tour de France de 1903

 

Mais revenons à notre première étape ! C’est Maurice Garin (1871-1957), porteur du brassard n°1, courant pour la marque de cycles « La Française-Diamant », qui la remporte en franchissant la ligne d’arrivée au bout de 17 heures 45 minutes et 44 secondes d’efforts.  

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                                                         Maurice Garin, vainqueur du tour 1903

 

Si l’homme est de petite taille, 1m62 pour 61 kilos, il a la réputation d’être à la fois courageux et des plus hargneux. Pouvant rouler deux cent kilomètres sans boire ni manger, surnommé « le bouledogue blanc », il est le grand favori de ce tour. Et c’est d'ailleurs lui qui remportera la victoire en arrivant à Paris, sur le vélodrome du Parc des Princes,  le 19  juillet,  avec 2h49 d’avance sur son second, Lucien Pothier, un record non égalé encore aujourd’hui !

 

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Et la Normandie dans tout cela me direz-vous ? La route du tour n'y passera qu’à partir de 1905. Et pendant 5 ans, jusqu’en 1910, la ville de Caen sera systématiquement la dernière ville étape avant Paris. Quant à la participation de coureurs normands, il faudra attendre le tour de 1906 ! Mais nous aurons un peu plus tard le plus grand des champions, Jacques Anquetil !

 

Biblio. Merci aux nombreux articles publiés sur ce thème et notamment sur Wikipédia.