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27/02/2010

Comment reconnaître les Saints ?

Le culte des Saints connaît dès la fin du Moyen-âge un développement sans précédent  issu de la conjonction de deux mouvements : celui de l’Eglise, qui dans une intention pastorale propose l’exemple des saints comme modèles de vie chrétienne, et celui des fidèles désireux d’invoquer une protection dont l’efficacité a été démontrée par des miracles. Il faut se souvenir que les Saints jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne de nos ancêtres : chaque église est vouée à un Saint particulier dont la fête est célébrée par le village tout entier désireux de lui rendre hommage.

Pour aider les paroissiens à les reconnaître, à partir du XIVe siècle, les peintres et sculpteurs vont représenter chaque saint soit de manière symbolique soit avec un attribut bien à lui, en référence à sa légende. En général, les Saints tiennent en main les instruments de leur martyre et les personnages profanes, les objets qui indiquent leur rang ou leur état, leurs goûts ou leurs passions. Ainsi, aux côtés de l’agneau, le lion ou encore le phénix, figures symboliques de la divinité, des symboles comme les clefs entre les mains de Saint-Pierre ou des attributs comme la croix en sautoir entre les mains de Saint-André vont enrichir l’iconographie.

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Saint-Pierre

Les vêtements et accessoires peuvent également renseigner sur l’identité des personnages représentés comme la tiare des papes,  le chapeau des cardinaux et  la crosse des évêques. Saint-Dominique est représenté en dominicain, Saint-François d’Assise en haillons, ou nu et décharné.

D’autres fois encore, c’est une scène complète qui est figurée : Saint-Jean-Baptiste est généralement montré vêtu d’une peau de mouton et regardant les cieux ; Saint-Georges, à cheval, terrasse un dragon ; Saint-Martin, à cheval lui-aussi, partage son manteau ; Saint-Christophe est représenté avec un bâton et l’Enfant Jésus sur ses épaules ; Saint-Nicolas avec la cuve d’où sortent les trois enfants qu’il a sauvés.

Pour vous aider à la reconnaître, voici quelques attributs parmi les plus significatifs :

Agneau : Saint Jean-Baptiste

Aigle : Saint Jean

Ancre : Saint Sylvestre

Balai : Sainte Pétronille qui avait « tenu le ménage » de Saint-Pierre

Bêche : Saint-Fiacre, patron des jardiniers

Bœuf : Saint-Luc

Bubon sur la cuisse : Saint-Roch, patron des pestiférés

Cerf : Saint-Hubert

Chien avec un pain dans la gueule : Saint-Roch en référence au chien qui l’avait nourri

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Saint-Roch

Clé : Saint-Pierre

Cochon : Saint-Antoine

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Saint-Antoine

Coquille Saint-Jacques : Saint-Jacques

Couronne : Saint-Louis

Couteau : Saint-Barnabé

Croix : Saint-Marguerite

Croix en X : Saint-André

Dent dans une tenaille : Sainte-Apolline

Epée : Saint-Paul

Fer à cheval : Saint-Eloi

Flacon de parfum : Sainte-Salomé et Sainte-Madeleine qui embaumèrent le corps du Christ

Flèches dans le corps : Saint-Sébastien

Gerbe de blé : Saint-Isidore ou Saint-Blaise, patrons des agriculteurs

Gril : Saint-Laurent

Homme ailé : Saint-Matthieu

Lion : Saint-Marc

Louche ou marmite : Sainte-Marthe, patronne des ménagères

Palme : Symbole d’un saint martyre

Pelle plate : Saint-Honoré, patron des boulangers

Pierre : Saint-Etienne, qui fut lapidé

Planche : Saint Joseph

Roue : Sainte-Catherine

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Sainte-Catherine

Scie : Saint-Simon (par jeu de mots)

Seins : Sainte-Agathe

Tête : Saint-Denis, décapité

Tour : Sainte-Barbe, en référence à celle où elle fut brûlée vive.

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Sainte-Barbe

Si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à aller visiter le site : http://clochersdewallonie.be/saints.pdf qui propose un guide d’identification des 120 Saints les plus souvent représentés dans l’art sacré.

16:40 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (5)

24/02/2010

Brûler le jour

C’était autrefois allumer les lampes de la maison alors que la lumière du jour permettait encore, ou déjà, de vaquer aux occupations courantes.

On « brûlait » donc inutilement du combustible : pétrole pour les suspensions ou lampes suspendues au plafond, huile légère pour les petites lampes Pigeon, huile plus grossière pour les grassets accrochés à l’étagère de la cheminée, suif pour les chandelles…

Par un glissement de pensée, on est passé de la notion de « brûler du combustible » à celle de « gaspiller » ce qui produit la lumière naturelle, c’est-à-dire le jour.

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Lampe Pigeon

Même lorsque l’électricité a remplacé peu à peu l’éclairage ancien, on a continué à veiller à ne pas gaspiller les sources de lumière. D’où la conservation de l’expression « brûler le jour ».

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Lampes à pétrole

Cette notion de « brûler » synonyme de « gaspiller » se retrouve d’ailleurs dans l’expression attestée dès le XVIe siècle de « brûler la chandelle par les deux bouts », c’est-à-dire gaspiller des choses qui ont de la valeur ce qui, on le sait, est contraire à l'esprit normand...

Pour bien comprendre cette notion de gaspillage éhonté qui lui est associée, il faut remonter à l’époque où l’éclairage était procuré par des chandelles, objets plus ou moins luxueux selon qu’ils étaient constitués de suif ou de cire, mais toujours coûteux pour les maisons modestes. Ces bâtons de lumière ne devaient dont être utilisés qu’avec parcimonie et bien sûr il ne fallait pas oublier de les souffler ou de les moucher dès qu’ils n’étaient plus nécessaires à l’ouvrage.

Celui qui avait l’idée stupide d’allumer une chandelle par les deux bouts gaspillait ce précieux objet qui fondait dès lors bien entendu deux fois plus vite !

Aujourd’hui, le sens de cette expression va beaucoup plus loin. Elle est employée pour désigner le mode de vie intense voire frénétique d’une personne usant et abusant des plaisirs de la vie...

 

 

 

20/02/2010

L'aigrette, signe de base de l'ancienne écriture

Signe de base de l'ancienne écriture aujourd'hui tombé en désuétude, l’aigrette déroute les apprentis en paléographie que nous sommes.

L’aigrette se place en exposant, donc juste au dessus de la ligne d’écriture, après le jambage, pour former le « e ». Comme cette lettre est très fréquente dans notre langue, mieux vaut la reconnaître et se familiariser avec elle !

Dans cet exemple de trois mots  « Le trésorier maistre… »,  le jambage suivi de l’aigrette en position d’exposant est très net.

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Quand l’aigrette est double, toujours après un jambage, elle forme alors le « s » ou tout au moins l’une des formes de cette lettre.

Dans cet exemple « de ses gaiges », on distingue nettement à la fin des deux mots « ses » et « gaiges », le jambage et la double aigrette. A noter que le « s » ainsi écrit  se trouve le plus souvent en position finale.

AIGRETTE.JPG