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24/05/2009

Les années de guerre de mon père - 5ème époque : le retour

1946 : La France panse ses blessures. Progressivement, les militaires, les prisonniers de guerre, les déportés rentrent. Le pays est à reconstruire.

Dans la nuit du 30 au 31 mars 1945, le Première Armée Française, dans laquelle est incorporé mon père, Albert-Camille BOULANGÉ (sosa 2), a franchi le Rhin de vive force, puis, entrée en Allemagne, est allée conquérir Karlsruhe, Stuggart et enfin l'Autriche. Sous les ordres de De Lattre, les fantassins, chasseurs, cuirassiers, dragons, artilleurs, sapeurs, tirailleurs, goumiers, zouaves, spahis et légionnaires, après avoir libéré leur pays, vont occuper celui de l'ennemi.

 

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Au volant, mon père, et sur le capot toujours le même petit chien !

Après le suicide d'Hitler, Berlin, la capitale de l'Allemagne nazie, entièrement détruite par de multiples bombardements alliés, capitule le 2 mai 1945. C'est la fin de la guerre ! Le 6 mai, la 2ème D.I.M., celle de mon père, est à la sortie du tunnel d'Arlberg en Autriche. 

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Le tunnel d'Arlberg

Le 8 mai, de Lattre appose à Berlin le paraphe d'un français au bas de l'acte de reddition des armées hitlériennes vaincues. Dès le lendemain, il rédige pour ses soldats, l'ordre du jour n° 9 : "Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats de la Première Armée Française. Le jour de la Victoire est arrivé. A Berlin, j'ai la fierté de signer au nom de la France, en votre nom, l'acte solennel de la capitulation de l'Allemagne... Vos drapeaux flottent au coeur de l'Allemagne. Vos victoires marquent les étapes de la Résurrection française... Soldats vainqueurs, vos enfants apprendront la nouvelle épopée que vous doit la Patrie !..." Il dresse, avec une légitime fierté pour ses hommes, le bilan de sa victoire. Il est impressionnant ! Deux armées ennemies détruites, une troisième gravement touchée, 225 000 prisonniers capturés, un tiers de la patrie délivrée, le Rhin franchi de haute lutte, 4 Etats allemands traversés et 2 autres totalement conquis, l'ouest de l'Autriche arraché aux nazis, la gloire rendue à la France et à ses armes : telle est la moisson de cette Première Armée française, l'armée Rhin et Danube. Cette glorieuse campagne,  elle l'a payée au prix fort : 13 874 morts, tombés au champ d'honneur, 95 681 blessés, accidentés ou hospitalisés pour maladie.

Après la capitulation de l'Allemagne, l'invasion des forces alliées se poursuit. C'est au volant de son engin de dépannage que mon père sillonne les routes de ce pays détruit. Libérant lors de son passage des centaines de prisonniers français, la Première Armée arrache aussi 8 000 déportés français de l'enfer de Dachau.

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Mon père est à droite

Mon père restera en Allemagne jusqu'au 23 octobre 1945. Entre-temps, à l'aube de ses 23 ans, il s'est réengagé dans son régiment pour 6 mois le 1er septembre 1945. C'est au cours de ces derniers mois d'engagé, le 9 février 1946, qu'il lui sera délivré enfin, et en régularisation, le Brevet Militaire pour la conduite des véhicules automobiles de l'Armée ou de la Marine qu'il échangera plus tard contre un permis de conduire.

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Il est finalement démobilisé le 3 avril 1946 avec le grade de Brigadier-Chef et la spécialité militaire de "Dépanneur". Après 4 années consacrées à défendre son pays, sa liberté, son honneur, il aspire légitimement à rentrer chez lui et à construire sa vie d'homme. Ma mère l'attend. Ils se marient l'année suivante.

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Mon père a été décoré de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze et citation à l'ordre du régiment.

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" Le Général Malaguti, Commandant la 15° Région Militaire cite à l'ORDRE DU REGIMENT", BOULANGÉ Camille, soldat, subdivision d'Avignon - "Jeune marin qui a quitté son unité pour combattre sous le pavillon à Croix de Lorraine. Faisant preuve du plus parfait mépris du danger, a attaqué l'allemand partout ou il a pu le trouver. S'est brillamment comporté au Puys Ste-Reparade (B.D.R.) au cours des combats des 19 et 20 août 1944 et dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944 à Puy-St-Pierre (H.A.) au cours d'une reconnaissance poussée à 10 kms en avant des lignes alliées, il a attaqué à la grenade un cantonnement ennemi". Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre 1939 "
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Il était également titulaire de la Carte et de la Croix du Combattant.
Il n'a jamais fait état de ces décorations. Pour lui, le devoir accompli, la page était tournée : il fallait aller de l'avant et reconstruire. Toute sa vie, il restera un Gaulliste convaincu et un pro-européen et c'est dans cet esprit qu'il nous a élevés, mes frères et moi.

21/05/2009

Les années de guerre de mon père - 4ème époque : l'armée "Rhin-Danube"

1945 : La France est libérée à l'exception des provinces de l'Est. Partout, le marché noir est plus florissant que jamais. Mais la période est surtout marquée par l'épuration, le procès des "collabos" et le retour progressif des prisonniers de guerre et des déportés.

Depuis septembre 1944, mon père, Albert-Camille BOULANGÉ (sosa 2), comme plus de 37 000 F.F.I., a intégré la Première Armée Française du Général De Lattre de Tassigny. Celle-ci s'étant regroupée dans la Trouée de Belfort  le temps de réorganiser ses arrières, De Lattre lance, début novembre 1944,  son offensive générale vers Strasbourg, avec le Rhin comme objectif final. Son but : permettre à ses troupes, ainsi qu'à la 7ème armée américaine, de rompre et dépasser les lignes allemandes devant Strasbourg et Mulhouse. Le dispositif qu'il a préparé a reçu l'aval du général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire, et du Premier Ministre anglais Sir Winston Churchill.

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Ce jour-là à 11 heures 20 exactement, en pleine tempête de neige, l'artillerie française ouvre le feu à la surprise des allemands. La progression est des plus rapides. La 2ème D.I.M., à laquelle appartient le régiment de mon père, libère au prix de combats violents et de lourdes pertes humaines (273 tués et 1287 blessés) dès le 17 novembre les villes d'Héricourt et de Montbéliard et atteignent le territoire de Belfort le lendemain, libéré à son tour dès le 25. La Première Armée franchit le Rhin le 19 novembre 1944 à 18h40. Une immense allégresse saisit la troupe à l'annonce de la nouvelle. Du plus humble soldat au général en chef, chacun éprouve un bouleversement, une sorte d'émoi sacré où l'orgueil se mèle à la joie. "Bravo de tout coeur, écrira De Lattre à ses soldats victorieux, les chars de la 1ère division blindée et du régiment d'infanterie coloniale du Maroc sont entrés les premiers en Alsace ! Quel frémissement d'émotion, quelle fierté, quelle joie !"

C'est un pas de géant dans le processus de libération de notre pays qui vient d'être franchi, mais la lutte n'est pas finie ! Il s'agit maintenant pour De Lattre et son armée d'exploiter la rupture du front allemand pour libérer la Trouée de Belfort et la Haute-Alsace et faire la jonction avec la 2ème D.B. du général Leclerc qui fait route par Saverne vers Strasbourg, ville qu'elle investit le 23 novembre 1944. La jonction entre les deux corps est réalisée dans la région de Burnhaupt encerclant 10 000 soldats allemands. L'objectif maintenant pour les alliés est l'Allemagne et Berlin !

Mais les allemands résistent ! Devant Colmar, la Première Armée Française affronte la 19ème armée allemande placée sous les ordres d'Himmler et appuyée fortement par une Luftwaffe reconstituée. La première offensive, lancée le 7 décembre, piétine devant les violentes contre-attaques ennemies. A bout de souffle et sans renforts, de Lattre décide de se replier. Les pertes humaines sont des plus sévères : 1300 morts, 4500 blessés et 140 disparus ! Le matériel a subi de lourds dommages. Les munitions font défaut. Les troupes sont mises au repos.

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Mon père est assis à droite

C'est à ce moment qu'Hitler lance ce qu'il lui reste de troupes dans une dernière offensive dans les Ardennes. L'armée de Leclerc est chargée de riposter tandis que le mauvais temps cloue au sol l'aviation alliée. Strasbourg et l'Alsace sont terriblement menacés.

Le 1er janvier 1945, le général de Gaulle donne l'ordre à de Lattre et à son armée de reprendre à son compte la défense de la ville de Strasbourg. Pendant près de trois semaines, les combats qui s'y déroulent sont des plus éprouvants et des plus meurtriers pour les unités françaises. Mais l'ennemi semble à portée de main et de Lattre veut agir vite. Il faut "liquider" la poche de Colmar pour dégager Strasbourg et lever toute pression allemande à l'ouest du Rhin. Le 20 janvier, l'offensive générale est lancée. Le 25, la ville de Strasbourg est sauvée. Elle fait sonner les cloches de sa cathédrale "pour célébrer la victoire des alliés et le glas du Reich". Malgré le froid intense, les contre-attaques allemandes et des affrontements meurtriers, les combats continuent. La ville de Colmar est, le 2 février 1945, la dernière ville de France a être libérée de l'occupation nazie.

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Mon père est au volant de son engin sur le capot duquel est monté un petit chien

Commence alors l'offensive pour atteindre et franchir le Rhin et engager l'ultime étape, la conquête du territoire allemand. Pour cela, les alliés ont rassemblé près de 60 divisions d'infanterie et 24 divisions blindées. Les grandes villes allemandes subissent des bombardements de plus en plus fréquents et meurtriers. La Première Armée attaque dès le 15 mars 1945 entre le Rhin et la forêt de Haguenau. Parvenu au pied de la "ligne Siegfried", l'armée de de Lattre, dont le régiment de mon père, franchit le fleuve et pénètre en Allemagne dans la nuit du 30 au 31 mars 1945.

Les français, triomphants,  poursuivent leur avancée, attaquant de part et d'autre de la Forêt Noire. La 5ème D.B. et la 2ème Division d'Infanterie Marocaine, dans laquelle sert mon père, sont au première ligne. Ils franchissent le Danube le 20 avril 1945. Tout le dispositif de l'armée ennemie s'écroule. A Stuttgart, 20 divisons allemandes défendant la Ruhr sont encerclées et cessent le combat le 25 avril. Trois jours plus tard, Hitler se suicide.

C'est à Karlsruhe, le 24 avril 1945, alors qu'il vient de donner ses ordres pour les combats du lendemain, que le général de Lattre "invente" pour ses soldats, l'armée "Rhin et Danube" : "Il faut que ces garçons gardent sur eux le témoignage de ce qu'ils ont su donner au pays et le signe de ce qu'ils devront continuer à lui donner... Je veux que, par eux, se dissipent les complexes de résignation et d'abandon dont nous avons trop souffert... Ceux qui ont appartenu à la Première Armée Française, à l'armée "Rhin et Danube" !"

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L'attestation de droit au port de l'insigne "Rhin et Danube" délivrée à mon père

Pour que son idée soit immédiatement réalité, il fait exécuter un blason où s'unissent les armes de la ville de Colmar - écu vert et rouge frappé d'une masse d'armes. L'association "Rhin et Danube" sera officiellement créée en août 1946.

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Ecusson porté par mon père

Et la Première Armée Française poursuit son avance. Elle entre en Autriche le 29 avril et progresse jusqu'au Tyrol au col d'Arlberg, avant d'être arrêtée par la capitulation allemande signée le 7 mai 1945 à Reims.

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Mon père est à droite

Le 9, le général de Lattre signe à Berlin,  au nom de la France, aux côtés des alliés, l'acte de capitulation de l'Allemagne nazie.

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Mon père imagine son retour...

15/05/2009

Les années de guerre de mon père : 3ème époque : l'armée de la libération

1944 : La France se bat ! Malgré la peur des bombardements, la peur des représailles, partout on reprend espoir.
Après le débarquement en Provence du 15 août 1944, l'armée du général De Lattre de Tassigny, les troupes alliées et les F.F.I. se déploient et marchent vers Lyon. Mon père Albert-Camille BOULANGÉ (sosa 2) est parmi eux.
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Le Général De Lattre de Tassigny
Malgré l'aide active des résistants, la libération des Alpes du sud est difficile. Les villes de Digne, Château-Arnoux, Sisteron puis Gap sont libérées au prix de lourdes pertes humaines. On appelle en renfort la 2ème Division d'Infanterie Marocaine, la D.I.M., venant d'Italie. Elle reçoit pour mission de couvrir et de protéger la progression des troupes alliées. Cette division, formée au Maroc le 1er mai 1943, regroupe des régiments de Tirailleurs et de Spahis marocains.
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Blasons de la D.I.M.portés par mon père sur son uniforme
Le 23 août 1944, soldats et résistants sont à Briançon (Hautes-Alpes). Les allemands se sont retirés de la cité. Les américains patrouillent en ville puis repartent. La cité est aux mains de la Résistance et fête déjà sa libération. Trop vite ! Les allemands, cantonnés à l'extérieur dans les forts, reçoivent l'ordre de reprendre cette ville stratégique située à quelques kilomètres seulement des cols et de la frontière italienne. Les combats sont d'une extrême violence et des plus meurtriers. La ville est finalement reprise par l'ennemi. Le 4ème Régiment des Tirailleurs Marocains, le R.T.M., l'un des régiments de la D.I.M., est missionné pour la libérer. A nouveau de violents combats d'artillerie ont lieu. Des quartiers entiers sont en feu. Les 1er et 2 septembre, à Puy-Saint-Pierre, aux portes de Briançon, mon père et quelques camarades sont en reconnaissance à 10 km en avant des lignes alliées. Il va personnellement attaquer à la grenade le cantonnement ennemi (ce qui lui vaudra par la suite une citation). Ce n'est que le 6 septembre que l'affrontement va tourner à l'avantage des alliés. La ville de Briançon est finalement et totalement libérée le 7 septembre 1944. Mais le prix payé est des plus lourds !
Le général De Lattre doit alors impérativement compléter les effectifs de son armée rebaptisée le 1er septembre 1944 "Première Armée Française" avant de pouvoir poursuivre l'offensive. Par ailleurs, la relève d'une partie des troupes coloniales, notamment les 9 000 sénégalais, s'impose à l'approche d'un hiver qui s'annonce déjà dans ce pays de montagne. Il le sait, les F.F.I. constituent un vivier exceptionnel ! Le phénomène qu'ils représentent est devenu si important que leur amalgame dans l'armée française devient incontournable.  De Lattre a pu constater leur rôle primordial sur le théâtre des opérations lors des combats de libération des régions traversées. Leurs unités forment des troupes "supplétives" très efficaces aux côtés des troupes régulières. Compte-tenu de l'urgence de la situation, le remplacement se fait soit dans un cantonnement à l'arrière du front, soit en première ligne. Et c'est pourquoi, le 7 septembre 1944, jour de la libération de la ville de Briançon et sur place, mon père troque son statut de "combattant clandestin sans uniforme" contre celui de "soldat d'une armée régulière".
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Mon père, Albert-Camille BOULANGÉ, soldat du 63ème R.A.A.
Ce jour-là, c'est aussi le jour de son anniversaire : il a 22 ans et "s'engage volontaire pour la durée de la guerre au titre du 63ème Régiment d'Artilleurs Africains (R.A.A.), 5ème batterie" comme 137 000 de ses compagnons qui, tout comme lui, sont incorporés aux forces régulières en ce mois de septembre 1944. Et 90 000 d'entre-eux vont, tout comme lui, rejoindre la Première Armée.
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Blasons du 63ème R.A.A. portés par mon père sur son uniforme
A cette époque, les troupes débarquées en Provence ont déjà franchi 700 kilomètres, fait plus de 100 000 prisonniers et récupéré un matériel impressionnant. L'opération "en tenaille" a parfaitement réussi ! Le territoire français est libéré aux trois quarts.
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Mon père est assis, second à partir de la gauche
De manière symbolique, la 2ème Division Blindée, 2ème D.B., commandée par le général Leclerc, partie le 1er août de Normandie et les troupes de De Lattre se retrouvent le 14 septembre 1944 dans la région de Langes au nord de Dijon.
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Le 20 septembre 1944, le contact avec l'ennemi est repris sur l'ensemble du front. La campagne des Vosges commence. Les alliés se heurtent à une farouche résistance allemande. Hitler a promis le poteau d'exécution aux gradés allemands qui cèderaient du terrain. L'assaut français est déclenché le 25 septembre. Il doit permettre de contourner Belfort en laissant une trouée sur le flanc droit. Au terme de trois jours de combats intenses, les cols vosgiens sont en vue, mais l'assaut, envisagé par De Lattre, doit être annulé en raison de l'allongement du front vers le Nord où l'armée américaine, se heurtant à une solide défense ennemie, est obligée de décrocher. Car l'armée allemande tient solidement ses positions empêchant les alliés de déferler en Alsace. Cet arrêt de l'offensive plonge les troupes françaises dans une crise sans précédent. Après ces deux mois de combats, les pertes sont terribles, les troupes fatiguées et les munitions épuisées. Mais le combat n'est pas fini... 

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