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29/12/2008

Paroisse de Pîtres (27) - Année 1702

(film 8 mi 3099)

 

+ 03.01.Angélique LEFEBURE, âgée d’environ 76 ans, inhumée le 4 en présence de Richard Duval (m) et Pierre Gossent (m= ancre de marine à l’envers)

° 07.01 Michel MATHIAS de Pierre et de Catherine ROZE, baptisé Le 8

Parrain : Michel Matias (s)/Marraine : Marie Roze (m)

° 08.01 Marie Magdeleine DELESTRE de Jacques et de Marie FRETIGNY, baptisée le 8

Parrain : Pierre Frétigny (m)/Marraine : Magdeleine Doublet (m)

° 09.01 Marie MORLET de Martin et de Margueritte DUVAL, baptisée le 12

Parrain : Jean Morlet (s)/Marraine : Margueritte Fouquet (m)

° 20.01 Françoise, née hors mariage de Françoise DELAMARE et des œuvres de David LE HEC, baptisée le 22

Parrain : Claude Morlet (m)/Marraine : Jeanne Letelier (m)

+ 26.01 François LE HEC fils de François et de Marie MICHEL, âgé de 22 ans, inhumé le 27 en présence de David LE HEC (m) et de Jean LE HEC (m)

+ 30.01 Marie Anne NOLAN fille de Nicolas et de Antoinette LE PLé, âgée d’environ 15 jours, inhumée le 30 en présence de Pierre Gossent (m)

x 31.01 Pierre VALLEE (m) fils de + Pierre et de + Catherine LAURENS et Françoise GOSSENT (m) fille de + Pierre et de Anne LE FRANCOIS

Présence de Jean Vallée (m), Pierre Gossent (m=ancre de marine à l’envers), Jacques Roze (s)

° 02.02 Robert MENU de Pierre (s) et de Jeanne VALLEE, baptisé le 7

Parrain : Jean Gossent (s)/Marraine : Françoise Gossent (m)

x 22.02 Nicolas POULLAIN (s) de Pierre (s) et de Marie LE HEC et Margueritte LETELIER (m) de Pierre (m) et de +  Margueritte GUERARD

Présence de Jacques Le Telier (m), Nicolas Poullain (s)

° 09.02 Margueritte, née hors mariage de Margueritte GAUDOUET, fille de Jacques et de Catherine Le Telier et des œuvres de Louis LE FRANCOIS, fils de Louis dit Cullot ( ?) et de Margueritte

Parrain : Louis Germain (m)/marraine : Magdeleine Doubet (m)

+ 22.03 Genevièvfe REVEL de Jacques (m) et d’Anne GAUDOUET, âgée d’environ 9 mois, inhumée le jour même

+ 22.03 Margueritte GAUDOUET de Margueritte et de Louis LE FRANCOIS, âgée d’environ 10/12 jours, inhumée en présence de Louis Germain (m)

° 22.03 Margueritte PINCHON de Denis et de Marie MENU, baptisée le 23

Parrain : Pierre Pasdeloup (s)/Marraine : Margueritte Tesson (m)

° 26.03 Thomas VIGOR d’Estienne et de Anne CACHELIEVRE, baptisé le 27

Parrain : Thomas Roze (m)/Marraine : Elisabeth Cachelièvre (m)

+ 02.04 Pierre REVEL de Jacques (m) et de Anne GAUDOUET, âgé d’environ 3 ans ½, inhumé le jour même

+ 11.04 Marie GOSSENT de Jean (s) et de Jeanne VAILLANT, âgée d’un an, inhumée le jour même

+ 12.04 Marie GAUDOUET de Jacques (m) et de Marie RABIT, âgée d’environ 1 an ½, inhumée le 13

+ 16.04 Marie GOSSENT de Nicolas (m) et de Jeanne SORET, âgée d’environ 1 an ½ ; inhumée le 17

° 22.04 George MARTEL de Jacques et de Catherine PREDAN, baptisé le 23

Parrain : Georges Crevel (m)/Marraine : Catherine Guichet (m)

+ 29.04 Pierre GRIFFON de Nicolas, âgé d’environ 1 an ½, inhumé le jour même en présence de Nicolas Predam (m) et de Jean Le Hec (m)

° 02.05 Jacques GAUDOUET de Jacques et de Catherine FOUQUET

Parrain : Pierre Gossent (m=ancre marine à l’envers)/Catherine Le François (m)

° 03.05 Pierre CAVELIER de Pierre et de Marthe LE BER

Parrain : Pierre Gourdet (m)/Marraine : Marie Cavelier (m)

° 04.05 Jeanne LE SAVOYE de Georges et de Marie GOSSENT, baptisé le 7

Parrain : Charles Frétigny (m)/Marraine : Jeanne Vaillant (m)

° 05.05 Robert QUENET de François et de Anne LE HEC, baptisé le 7

Parrain : Gilles Le François (m)/Marraine : Elizabet Duchesne (m)

+ 24.05 Robert MILON de Pierre (m) et de Jeanne VALOIS ( ?), âgé de 4 mois et inhumé le jour même

° 30.05 Robert DUVAL de Richard et de Jeanne GUEROULT, baptisé le 3 juin

Parrain : Pierre Duhamel (s)/Marraine : Margueritte Fouquet (m)

° 06.06 Marie Anne DE PISTRE de Charles et de Marie DORIVAL, baptisée le 8

Parrain : Nicolas Le François (s)/Marraine : Marie Cavelier (m)

° 08.06 Charles LAMOTTE de Nicolas et de Marie CAVELIER, baptisé le dit jour

Parrain : Charles Morlet (m)/Marraine : marie Cavelier (m)

+ 13.06 Marie MORLET femme de Noël QUENET (s), âgée de 38 ans, inhumée en 14 en présence de G. Morlet (s)

° 14.06 Marie GOSSENT de Jean et de Margueritte LANCELEVEE, baptisée le 15

Parrain : Nicolas Gossent (m)/Marraine : Marie Poulain (m)

+ 16.06 Marie Anne DE PISTRE de Charles (m) et de Marie DORIVAL, âgée d’environ 15 jours, inhumée le jour dit

° 17.06 Thomase MORLET, fille de Louis et de Thomase SORET, baptisée le 18

Parrain : Pierre Tesson (s)/Marraine : Magdeleine Renout (s)

+ 03.07 Robert GAUDOUET de Robert et de Magdeleine TESSON, âgé de 6 ans, inhumé le jour même

+ 20.07 Marie MORLET de Claude (m) et de Catherine TESSON, âgée de 4 ans, inhumée le 21 en présence de David Le Hec (m)

° 23.07 Marie LE SUEUR de Jean et de Margueritte BOSCQUET, baptisée le jour dit

Parraine : guillaume Buquet (m)/Marraine : Jeanne Le Sueur (m)

+ 04.08 Nicolas LEQUESNE fils de Pierre (s) et de Françoise LE HEC, âgé d’environ 6 ans, inhumé le 5

+ 29.08 Fils d’Estienne VIGOR (m) et d’Anne CACHELIEVRE, âgé de 5 mois, inhumé le 30

° 01.09 Catherinne GAUDOUET de Jacques et de Marie RABEL, bâptisée le 2

Parrain : Jacques Rabet (m)/Marraine : Catherine Pollet (m)

° 22.09 Pierre CORNILLOT de Pierre et de Catherine HARDY, baptisé le 24

Parrain : Jacques Letelier (s)/Marraine : Marie Hault (m)

x 03.10 Thomas ROZE (m) de Pierre (s) et de Margueritte MIGNOT d’Ymare et Catherine VIGOR (m) de Robert (s) et de Marie VALOIS de cette paroisse

° 04.10 Pierre Nicolas DE PITRE de Pierre et de Françoise ROZE, baptisé le 5

Parrain : Nicolas Le François (s)/Marraine : Marie Cauchois

° 26.10 Estienne CACHELIEVRE de Jean et de cécille GOSSENT, baptisé le jour même

Parrain : Estienne Vigor (m)/Marraine : Elisabeth Duchesne (m)

° 25.10 Dominique Jacques St-Pierre LE TELIER de Charles et de Catherine DE PISTRE, baptisé le 26

Parrain : Dominique Galentine (s)/Marraine : Marie Anne Le Hecq

+ 30.10 Jean HARAN âgé de 74 ans, inhumé le 30 en présence de Michel Haran (s) et Pierre Cornillot (m)

+ 08.11 Marie LE SUEUR fille de Jean (m) et de Marguerite BUQUET, âgée de 3 mois ½, inhumée de 9 en présence de Guillaume Buquet (m)

+ 27.11. Marie Anne VIGOR d’Estienne (m) et d’Anne CACHELIEVRE, âgée de 5 ans, inhumée le 28.

 

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TABLE ANNUELLE RECAPITULATIVE

Naissances :

° 07.01 Michel MATHIAS

° 08.01 Marie Magdeleine DELESTRE

° 09.01 Marie MORLET

° 20.01 Françoise DELAMARE/ LE HEC

° 02.02 Robert MENU

° 09.02 Margueritte GAUDOUET/LE FRANCOIS

° 22.03 Margueritte PINCHON

° 26.03 Thomas VIGOR

° 22.04 George MARTEL

° 02.05 Jacques GAUDOUET

° 03.05 Pierre CAVELIER

° 04.05 Jeanne LE SAVOYE

° 05.05 Robert QUENET

° 30.05 Robert DUVAL

° 06.06 Marie Anne DE PISTRE

° 08.06 Charles LAMOTTE

° 14.06 Marie GOSSENT

° 17.06 Thomase MORLET

° 23.07 Marie LE SUEUR

° 01.09 Catherinne GAUDOUET 

° 22.09 Pierre CORNILLOT

° 04.10 Pierre Nicolas DE PITRE

° 26.10 Estienne CACHELIEVRE

° 25.10 Dominique Jacques St-Pierre LE TELIER

Mariages :

x 22.02 Nicolas POULLAIN et Margueritte LETELIER

x 31.01 Pierre VALLEE et Françoise GOSSENT

x 03.10 Thomas ROZE et Catherine VIGOR

Décès :

+ 03.01.Angélique LEFEBURE,

+ 26.01 François LE HEC

+ 30.01 Marie Anne NOLAN

+ 22.03 Genevièvfe REVEL

+ 22.03 Margueritte GAUDOUET

+ 02.04 Pierre REVEL

+ 11.04 Marie GOSSENT

+ 12.04 Marie GAUDOUET

+ 16.04 Marie GOSSENT

+ 29.04 Pierre GRIFFON

+ 24.05 Robert MILON

+ 13.06 Marie MORLET fe NOël QUENET

+ 16.06 Marie Anne DE PISTRE

+ 03.07 Robert GAUDOUET

+ 20.07 Marie MORLET

+ 04.08 Nicolas LEQUESNE

+ 29.08 Fils d’Estienne VIGOR

+ 30.10 Jean HARAN

+ 08.11 Marie LE SUEUR

+ 27.11. Marie Anne VIGOR

 

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24/12/2008

Le calendrier ecclésiastique

 

 

Au cours des recherches  dans les registres paroissiaux, il arrive fréquemment de lire, comme  date du baptême ou de sépulture, non pas le jour de la semaine et le mois du calendrier, mais seulement l’indication de la fête religieuse du jour comme : « En ce dimanche de Pâques de l’année 1782, … » ou bien « Ce dimanche, jour des Rameaux de l’année 1685, …. » 

Le positionnement des fêtes religieuses dans notre calendrier se fait grâce au comput, système servant à  déterminer les fêtes mobiles dans la religion chrétienne. La base du comput consiste d’abord et avant tout à définir la date de Pâques. Ce calcul se fait actuellement selon la norme ISO 8601.

Depuis le concile de Nicée en 325, la fête de Pâques doit être célébrée le 1er dimanche qui suit la 14ème nuit de la lune qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après.

Ce qui revient à dire que Pâques est fixé à la 1ère nuit de samedi à dimanche après la pleine lune de printemps, laquelle a lieu soit le 21 mars, soit immédiatement après.

La date de Pâques dépend donc de la façon dont se placent, par rapport aux jours de l’année, à la fois les lunaisons et les jours de la semaine. Selon la date des lunaisons et les jours de la semaine, Pâques peut tomber au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril. 

 

Pour faire simple, Pâques est défini dans la liturgie catholique comme le premier dimanche qui suit la première lune de printemps.

 

Il faut savoir que le calendrier ecclésiastique est à la fois lunaire et solaire (ou civil), certaines fêtes religieuses sont fixes par rapport à notre calendrier qui est solaire. Les fêtes religieuses à date fixe adviennent donc un jour quelconque de la semaine, qui change tous les ans : Ces fêtes sont :

-        l’Epiphanie, le 6 janvier ;

-        la Chandeleur, le 2 février ;

-        l’Annonciation, le 25 mars ;

-        L’Assomption, le 15 août ;

-        La Toussaint, le 1er novembre ;

-        Noël, le 25 décembre.

-         

D’autres fêtes sont mobiles par rapport à notre calendrier mais fixes par rapport au calendrier lunaire. Ces fêtes religieuses à date mobile, c’est-à-dire advenant toujours le même jour de la semaine, mais à des dates différentes, sont notamment :

-        Le mardi Gras, veille des Cendres, 40 jours avant le dimanche des Rameaux ;

-        Le mercredi des Cendres, qui se fête le 6ème mercredi, 39 jours avant le dimanche des Rameaux ;

-        Le dimanche des Rameaux, dernier dimanche avant Pâques ;

-        Pâques, qui se fête toujours un dimanche ;

-        Le jeudi de l’Ascension, qui survient 39 jours après Pâques ;

-        Le dimanche de Pentecôte qui survient 10 jours après l’Ascension.

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Je vous invite à vous rendre sur le site http://www.lexilogos.com où, en cliquant en bas de la page sur "plan du site", rubrique "Calendier" puis sur « origine des fêtes », puis sur « Pâques », puis enfin sur « Calcul de la date de Pâques » et en saisissant l’année de votre choix, vous obtiendrez la détermination calendaire du jour de Pâques de l’année recherchée. Dès lors, tout devient plus facile…

 

 

 

20/12/2008

Joyeux Noël et bonnes fêtes de fin d'année à tous !!!

 

 

« De toutes les passions, la seule vraiment respectable me paraît être la gourmandise »

Guy de Maupassant

PERE NOEL.jpg

 

 

Aujourd’hui, en cette veille de Noël, je vous propose une gourmandise de l’esprit : une nouvelle signée Guy de Maupassant, "Nuit de Noël" ! *

 

 « Le Réveillon ! Le réveillon ! Ah ! mais non, je ne réveillonnerai pas !

Le gros Henri Templier disait cela d’une voix furieuse, comme si on lui eût proposé une infamie. Les autres, riant, s’écrièrent : « Pourquoi te mets-tu en colère ? »

Il répondit « Parce que le réveillon m’a joué le plus sale tour du monde, et que j’ai gardé une insurmontable horreur pour cette nuit stupide de gaieté imbécile.

- Quoi donc ?

- Quoi ? Vous voulez le savoir ? Eh bien,  écoutez : Vous vous rappelez comme il faisait froid, voici 2 ans, à cette époque : un froid à tuer les pauvres dans la rue. La Seine gelait, les trottoirs glaçaient les pieds à travers les semelles des bottines ; le monde semblait sur le point de crever.

J’avais alors un gros travail en train et je refusai toute invitation pour le Réveillon, préférant passer la nuit devant une table. Je dinai seul ; puis je me mis à l’œuvre. Mais voilà que, vers 10 heures, la pensée de la gaieté courant Paris, le bruit des rues qui me parvenait malgré tout, les préparatifs de souper de mes voisins, entendus à travers les cloisons, m’agitèrent. Je ne savais plus ce que je faisais ; j’écrivais des bêtises ; et je compris qu’il fallait renoncer à l’espoir de produire quelque chose de bon cette nuit-là.

Je marchai un peu à travers ma chambre. Je m’assis, je me relevais. Je subissais, certes, la mystérieuse influence de la joie du dehors, et je me résignai. Je sonnai ma bonne et je lui dis : « Angèle, allez m’acheter de quoi souper à deux : des huitres, un perdreau froid, des écrevisses, du jambon, des gâteaux. Montez-moi deux bouteilles de Champagne,  mettez le couvert et couchez-vous. » Elle obéit, un peu surprise. Quand tout fut prêt, j’endossai mon pardessus et je sortis.

Une grosse question restait à résoudre : avec qui allais-je réveillonner ? Mes amies étaient invitées partout. Pour en avoir une, il aurait fallu m’y prendre d’avance. Alors je songeai à faire en même temps une bonne action. Je me dis : Paris est pleine de pauvres et belles filles qui n’ont pas un souper sur la planche et qui errent en quête d’un garçon généreux. Je veux être la Providence de Noël d’une de ces déshéritées. Je vais roder, entrer dans les lieux de plaisir, questionner, chasser, choisir à mon gré.

Et je me mis à parcourir la ville.

Certes, je rencontrai beaucoup de pauvres filles cherchant aventure, mais elles étaient laides à donner une indigestion, ou maigres à geler sur pied si elles s’étaient arrêtées.

J’ai un faible, vous le savez, j’aime les femmes nourries. Plus elles sont en chair, plus je les préfère. Une colosse me fait perdre la raison.

Soudain, en face du théâtre des Variétés, j’aperçus un profil à mon gré. Une tête, puis, par-devant, deux bosses, celle de la poitrine, fort belle, celle du dessous, surprenante : un ventre d’oie grasse. J’en frissonnai, murmurant : « Sacristi, la belle fille ! » Un point me restait à éclaircir : le visage. Le visage, c’est le dessert : le reste, c’est… c’est le rôti.

Je hâtai le pas, je rejoignis cette femme errante et, sous un bec de gaz, je me retournai brusquement. Elle était charmante, toute jeune, brune, avec de grands yeux noirs. Je fis ma proposition, qu’elle accepta sans hésitation. Un quart d’heure plus tard, nous étions attablés dans mon appartement. Elle dit, en entrant : « Ah ! On est bien ici. » Et elle regarda autour d’elle avec la satisfaction visible d’avoir trouvé la table et le gîte en cette nuit glaciale. Elle était superbe, tellement jolie qu’elle m’étonnait, et grosse à ravir mon cœur pour toujours.

Elle ôta son manteau, son chapeau, s’assit et se mit à manger : mais elle ne paraissait point en train ; et parfois sa figure un peu pâle tressaillait comme si elle eût souffert d’un chagrin caché.

Je lui demandai : « Tu as des embêtements ? »

Elle répondit : « Bah ! Oublions tout. »

Et elle se mit à boire. Elle vidait d’un trait son verre de Champagne, le remplissait et le revidait encore, sans cesse. Bientôt un peu de rougeur lui vint aux joues et elle commença à rire.

Moi, je l’adorais déjà, l’embrassant à pleine bouche, découvrant qu’elle n’était ni bête, ni commune, ni  grossière comme les filles du trottoir. Je luis demandai des détails sur sa vie. Elle répondit : « Mon petit, cela ne te regarde pas ! » Hélas, une heure plus tard… 

Enfin, vint le moment de se mettre au lit, et pendant que j’enlevais la table dressée devant le feu, elle se déshabilla hâtivement et se glissa sous les couvertures. Mes voisins faisaient un vacarme affreux, riant et chantant comme des fous ; et je me disais « J’ai eu rudement raison d’aller chercher cette belle jeune fille ; je n’aurais jamais pu travailler. »

Un profond gémissement me fit me retourner.

Je demandai : « Qu’as-tu ma chatte ? » Elle ne répondit pas, mais elle continuait à pousser des soupirs douloureux, comme si elle eût souffert horriblement.

Je repris : «  Est-ce que tu te trouves indisposée ? » Et soudain elle jeta un cri, un cri déchirant. Je me précipitai, une bougie à la main.

Son visage était décomposé par la douleur et elle se tordait les mains, haletante, envoyant du fond de sa gorge ces sortes de gémissements qui semblaient des râles et qui font défaillir le cœur.

Je demandai, éperdu : « Mais qu’as-tu ? Dis-moi, qu’as-tu ? » Elle ne répondit pas et se mit à hurler. Tout à coup les voisins se turent, écoutant ce qui se passait chez moi. Je répétais : « Où souffres-tu, dis-moi, où souffres-ru ? » Elle balbutia « Oh ! Mon ventre ! Mon ventre ! » D’un seul coup, je relevai la couverture et j’aperçus…

Elle accouchait, mes amis.

Alors je perdis la tête : je me précipitait sur le mur que je heurtai à coups de poing, de toute ma force, en vociférant : « Au secours, au secours ! »

Ma porte s’ouvrit : une foule se précipita chez moi, des hommes en habit, des femmes décolletées, des Pierrots, des Turcs, des Mousquetaires.  Cette invasion m’affola tellement que je ne pouvais même plus m’expliquer. Eux, ils avaient cru à quelque accident, à un crime peut-être, et ne comprenaient plus. Je dis enfin : ‘C’est…. C’est…. Cette femme qui… qui accouche. » Alors, tous le monde l’examina, dit son avis.

Un capucin surtout prétendait s’y connaître et voulait aider la nature. Ils étaient gris comme des ânes. Je crus qu’ils allaient la tuer et je me précipitai, nu-tête, dans l’escalier, pour chercher un vieux médecin qui habitait dans une rue voisine. Quand je revins avec le docteur, toute ma maison était debout : on avait rallumé le gaz de l’escalier ; les habitants de tous les étages occupaient mon appartement ; 4 débardeurs attablés achevaient mon Champagne et mes écrevisses. A ma vue, un cri formidable éclata et une laitière me présenta dans une serviette un affreux petit morceau de chair ridée, plissée, geignant, miaulant comme un chat et elle me dit « C’est une fille. »

Le médecin examina l’accouchée, déclara douteux son état, l’accident ayant eu lieu immédiatement après un souper et il partir en annonçant qu’il allait m’envoyer immédiatement une garde-malade et une nourrice. Les deux femmes arrivèrent une heure après, apportant un paquet de médicaments. Je passai la nuit dans un fauteuil, trop éperdu pour réfléchir aux suites.

Dès le matin, le médecin revint. Il trouva la malade assez mal. Il me dit : « Votre femme, monsieur… » Je l’interrompis : « Ce n’est pas ma femme. » Il reprit : « Votre maîtresse, peu importe. »  Et il énuméra les soins qu’il lui fallait, le régime, les remèdes.

Que faire ? Envoyer cette malheureuse à l’hôpital ? J’aurais passé pour un manant dans toute la maison, dans tout le quartier. Je la gardai. Elle resta dans mon lit six semaines.

L’enfant ? Je l’envoyai chez des paysans de Poissy. Il me coûte encore 50 francs par mois. Ayant payé dès le début, me voici forcé de payer jusqu’à ma mort. Et, plus tard, il me croira son père. Mais, pour comble de malheur, quant la fille a été guérie… elle m’aimait… elle m’aimait éperdument, la gueuse !

- Eh bien ?

- Eh bien, elle était devenue maigre comme un chat de gouttière ; et j’ai flanqué dehors cette carcasse qui me guette dans la rue, se cache pour me voir passer, m’arrête le soir quand je sors, pour me baiser la main, m’embête enfin à me rendre fou !

Et voilà pourquoi je ne réveillonnerai plus jamais. »

*Nouvelle publiée dans « Rouen-Lecture » n°4