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30/11/2008

Paroisse d'Amfreville-les-Champs (27) - Année 1720

Film  8 MI 0082 - pages 236 à 240

  

° 08.02.1720 Marie LEMONNIER fille de Jean et de Marie CAHAGNE

Parrain : Jacques CHOLET (m)/Marraine : Marie CAHAGNE (m) de Basqueville

x 12.02.1720 Jacques LEFEBURE (s) fils de + Louis et de Catherine DELARUE

et Anne BENSE (m) fille de Robert (s) et de Anne GATELEAU, tous deux de cette paroisse

Présence de Louis LEFEBURE (m) frère

° 17.02.1720 Martin LEHECQ fils de Jean et de Marie DAILLY

Parrain : Martin DELAPLASE (s)/Marraine : Anne LEHECQ (m) fille de Jacques

° 26.02.1720 Margueritte LEMOINE fille de François et de Margueritte LEMENU

Parrain : François LEMOINE (m)/Marraine : Margueritte BLONDEL (m)

+ 01.03.1720 Robert BOUDREL fils d’Anthoine (m) et de Barbe GUERIN, âgé d’environ 2 ans ½

+ 03.03.1720 Margueritte LEMOINE, âgée de 6 jours

x 16.04.1720 Charle LEHEC (s) fils de + Charles et de + Françoise LECONTE de St-Nicolas du Pont-St-Pierre et Marianne CARONT (s) fille de François (s) et de Françoise MAUGER, veuve de François ROUSSELIN, de cette paroisse depuis 6 ou 7 ans

Présence de Pierre AMELINNE

° 16.04.1720 Anne JOBIN fille de Pierre et de Françoise RIQUEUR

Parrain : Gilles LE FRANCOIS (m)/Marraine : Anne GADOULEAU (m)

° 26.04.1720 Marie Catherinne CHOLET fille de Jean et de Catherine DORIVAL

Parrain : Robert DORIVAL (s)/Marraine : Marie CHOLET (m) fille de Claude d’Orgeville

+ 01.05.1720 Martin DELARUE, fils de Michel, décédé hier, âgé d’environ 15 ans

° 13.05.1720 Magdeleine DEHORS fille de Simon et de Magdeleine HARDY

Parrain : Martin DELAPLASE (s)/Marraine : Marie BENSE (m) de Flipou

° 16.05.1720 Anne VAVASSEUR fille de Jacques et de Anne LESAGE

Parrain : Pierre DELARUE (m)/Marraine : Marguerite LESAGE (m)

+ 01.07.1720 Une petite fille de Paris en nourrice

x 23.07.1720 Charles LECOQ (m) fils de Pierre et de Catherine MASURIER de Mathonville-sur-Ry et Margueritte BELISSANT (m) veuve de Jacques LEFEBURE, de cette paroisse

présence de Pierre LECOQ (s), Nicolas LECOCQ (m) et Jean LEFEBURE (s)

+ 31.07.1720 René GREVIER, en nourrice

+ 09.08.1720 Anne GAIGNET fille de Louis et de Catherine DAMOURS

° 23.08.1720 Michel DELARUE fils de Michel et de Anne DAMOURS

Parrain : Pierre DELARUE (m)/Marraine : Marie DAMOURS (m)

° 13.09.1720 Marie Anne LEVAVASSEUR fille de Charles et de Anne GATELEAU

Parrain : Me Robert LEVAVASSEUR (s) Curé/Marraine : Marie Anne GATELEAU (m) fille de Bernard

+ 17.09.1720 Magdeleine LECONTE veuve de Jacques DELAPORTE, décédée hier, âgée d’environ 75 ans

+ 25.09.1720 Nicolas DEHORS, décédé hier, âgé d’environ 60 ans

+ 03.10.1720 Jacques DELAPORTE, décédé hier, âgé d’environ 68 ans

+ 17.10.1720 Jacques GATELEAU fils de Jacques et de Catherine LEMOINE, décédé hier, âgé d’environ 1 an ½

° 18.10.1720 Anne GATELEAU fille de Bernard et de Anne VAVASSEUR

Parrain : Claude GATELEAU (m)/Marraine : Anne GATELEAU (m)

° 17.11.1720 Marie LEHEC fille de Pierre et de Madeleine BENCE

Parrain : Pierre LEHEC (m)/Marraine : Marie BENCE (m)

° 23.11.1720 Marie Anne LEFEBURE fille de Jacques et de Anne BENSE

Parrain : Louis LEFEBURE (m)/Marraine : Marie BENSE (m)

x 25.11.1720 Jean DELAPORTE (m) fils de + Jacques et de + Charlotte PREVOST de cette paroisse et Marie BENSE (m) fille de Robert (m) et de Françoise CORNILLET de Flipou

Présence de Julien et Louis (s) DELAPORTE, frères, Jean Jacques PREVOST ? Charles LEFEBURE (m) et George BLONDEL (s)

 

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TABLE ANNUELLE

 

NAISSANCES :

 

° 08.02.1720 Marie LEMONNIER

° 17.02.1720 Martin LEHECQ

° 26.02.1720 Margueritte LEMOINE

° 16.04.1720 Anne JOBIN

° 26.04.1720 Marie Catherinne CHOLET

° 13.05.1720 Magdeleine DEHORS

° 16.05.1720 Anne VAVASSEUR

° 23.08.1720 Michel DELARUE

° 13.09.1720 Marie Anne LEVAVASSEUR

° 18.10.1720 Anne GATELEAU

° 17.11.1720 Marie LEHEC

° 23.11.1720 Marie Anne LEFEBURE

 

MARIAGES :

 

x 12.02.1720 Jacques LEFEBURE  et Anne BENSE

x 16.04.1720 Charle LEHEC et Marianne CARONT

x 23.07.1720 Charles LECOQ et Margueritte BELISSANT

x 25.11.1720 Jean DELAPORTE et Marie BENSE

 

DECES :

 

+ 01.03.1720 Robert BOUDREL

+ 03.03.1720 Margueritte LEMOINE

+ 01.05.1720 Martin DELARUE

+ 01.07.1720 Une petite fille de Paris en nourrice

+ 31.07.1720 René GREVIER

+ 09.08.1720 Anne GAIGNET

+ 17.09.1720 Magdeleine LECONTE

+ 25.09.1720 Nicolas DEHORS

+ 03.10.1720 Jacques DELAPORTE

+ 17.10.1720 Jacques GATELEAU

 

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22/11/2008

Albert et Héloïse Bénard

Mon arrière grand-père, Albert BENARD (sosa 14), est né le 10 décembre 1861 à Mesnil-Esnard (Seine-Maritime) sous le règne du troisième et dernier Empereur des Français, Napoléon III.

10ème d’une famille de 11 enfants, ses parents sont établis marchands-boucher à Mesnil-Esnard, route Impériale (l’actuelle Route de Paris).

Appelé sous les drapeaux l’année de ses 20 ans, il fait partie de la Classe 1881.

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Il effectue son service militaire à Lille (Nord), au sein du 43ème régiment d’infanterie de ligne en qualité de musicien. A cette époque, depuis la loi du 27 juillet 1872,  le service national est obligatoire pour tous les hommes et dure 5 ans.

A son retour, âgé de 28 ans,  il épouse le 5 juin 1889 à 10 heures en l’église de Boos (Seine-Maritime), sa cousine germaine, Héloïse LE BRET (sosa 15). Quelques jours auparavant, un contrat de mariage avait été reçu par Maître Arnoux, Notaire à Boos. Il y est précisé que dans la corbeille du mariage, le fiancé apporte ses habits personnels et ses bijoux pour une valeur de 200 francs, une cour masure d’un hectare treize ares de terre sis à Boos, au Hameau du Coquet et de quatre labours d’environ un hectare, le tout provenant de sa part d’héritage suite aux décès de sa mère et de sa sœur Elisa Arthémise. En outre, son père lui offre une somme de 400 francs et divers objets mobiliers dont une horloge, un buffet, un lit, une table, mais aussi une vache, un cheval, une voiture, un banneau avec roues, un pressoir à cidre avec cuve, … et même un fusil, le tout pour une valeur estimée à 1400 francs.

Quant à la fiancée, outre son linge personnel, son trousseau et ses bijoux, elle amène une armoire, une commode, le tout pour une valeur estimée à 1437  francs, ainsi qu’une vache d’une valeur estimée à 200 francs et une somme de 500 francs.

A la tête de ce patrimoine conséquent pour l’époque (environ 4500 francs, soit 12150 de nos euros actuels), le jeune couple s’installe cultivateurs à Boos. Mais le ciel va vivement virer du rose au gris ! Si Héloïse, en fille de bonne famille bien élevée qu’elle est, sait tenir une conversation, « faire des visites », coudre et broder, elle n’a pas du tout été préparée à la réalité de la vie qui l’attend, à la tenue d’un foyer, d’une maison à gérer, d’enfants à élever, d’une ferme à entretenir et à faire fructifier. Albert de son côté, est au moins aussi démuni qu’elle ! Il a eu depuis sa naissance la vie facile des enfants de parents aisés et à 28 ans il n’a encore jamais travaillé. C’est dire que l’entretien des champs, des labours, les soins à apporter aux bêtes, … il ne sait pas ! Les huit enfants vont arriver très vite, ruinant le couple chaque fois un peu plus. A la naissance de ma grand-mère Blanche (sosa 7) en 1902, il ne reste déjà plus grand-chose du capital matrimonial. Un simple caisse en bois lui sert de berceau ! Sur l’acte d’état civil, son père n’est plus « agriculteur » mais simplement « domestique ». La guerre de 1914-1918 finira d’anéantir leur existence. Leurs deux fils aînés, partis au combat, ne reviendront pas. Albert est tué en 1915 et Alfred est porté disparu en 1916. Héloïse, fragilisée psychiquement , ne s’en remettra pas. Elle décide de ne plus jamais sortir de chez elle et choisit de vivre recluse. (Ci-dessous, devant leur maison dans les années 30).

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Elle s’éteindra à son domicile à Boos, au Hameau de Franquevillette, le 27 octobre 1935 à l’âge de 71 ans. Ma mère, sa petite fille, m’a raconté que lors de ses obsèques, le curé a détourner le cortège funèbre par le monument aux morts du village où les noms de ses deux fils étaient gravés et qu’elle n’avait jamais vu de son vivant.

 

Après le décès de sa femme, Albert est venu vivre chez sa fille Blanche (sosa 7), ma grand-mère,  et c’est là qu’il décèdera le 9 mai 1951 dans sa 90ème année (ci-dessous en 1949, entouré de mes frères).

 

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16/11/2008

Histoire d'hier ou d'aujourd'hui ?

 « L’histoire, je le crains, ne nous permet guère de prévoir ; mais associée à l’indépendance de l’esprit, elle peut nous aider à mieux voir ». Paul Valéry

 

A l’aube de 1789, la Normandie est divisée en trois « Généralités », trois assemblées provinciales, celles de Rouen, de Caen et d’Alençon.

Rouen, la capitale de la province compte 75 000 habitants (contre 116 000 aujourd’hui) alors que Le Havre atteint à peu près les 20 000 habitants (contre 183 000 aujourd’hui).

Si l’agriculture est à cette époque la principale richesse de notre province, elle parvient cependant tout juste – et encore les bonnes années – à couvrir les besoins en grains et en blé de ses habitants.  D’autant qu’une large part de ses récoltes de céréales est dirigée vers Paris.

L’activité industrielle tient également un rôle important dans ces années d’avant la Révolution, notamment le secteur du textile qui est la grande industrie normande avec le travail du chanvre, du lin, de la laine ou du coton. Toileries, teintures, blanchiment, fabrication des colorants se développent entre Le Havre et Rouen. Et partout dans la région, les villes et les bourgs comptent des fileurs et des tisserands. Ceux-ci sont surtout présents à la campagne où vieillards, enfants et femmes triment du matin au soir pour un maigre salaire, d’appoint cependant mais tout à fait indispensable à la survie de la famille.

En ce début d’année 1789 en Normandie, où l’agriculture et l’industrie textile sont les piliers de l’économie et de la vie, la province est frappée, comme dans tout le Royaume, par une crise sans précédent, génératrice de chômage et de disette.

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L’été 1788 a été calamiteux. Orages incessants et violentes grêles ont détruit la plupart des récoltes. Pis, l’hiver qui suit est terrible. Gelées et frimas tuent et paralysent l’acheminement des blés. La famine sévit aussitôt

Dans les filatures de coton, c’est le traité conclu en 1786 entre la France et l’Angleterre qui met le feu aux poudres. Les produits français, et donc ceux de notre région, sont concurrencés par les produits créés outre-manche. De Manchester, par exemple, arrivent des flots de toiles de qualité, fabriquées à bas prix avec de nouvelles machines, ces « mécaniques à filer » qui n’ont plus besoin de tous les bras employés jusque-là dans le secteur ». En quelques mois, le chômage s’abat sur Rouen et sa banlieue ouvrière et la misère s’installe.

Dès lors, la colère gronde un peu partout, revendications et doléances s’expriment de plus en plus fort.

Le Roi Louis XVI décide de réunir les Etats Généraux. La tenue des assemblées est prévue pour le printemps 1789. Auparavant, les sujets du roi sont invités à faire connaître leurs « doléances » dans des « cahiers » rédigés dans toutes les paroisses.

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Autour de Rouen, sur les plateaux laborieux et dans les vallées ouvrières, les cahiers accusent presque tous le traité de commerce avec l’Angleterre d’être à l’origine de tous leurs maux « puisque, se plaignent-ils, les fabricants ne leur fournissent plus de travaux ».  Ainsi, au Mesnil-Esnard comme à Blosseville (Bonsecours aujourd’hui), « les suppliants demandent la suppression des mécaniques de filature, lesquelles se multiplient plus que jamais et font qu’il y a des milliers de bras désœuvrés ». Non loin de là, à La Neuville Chant-d’Oisel, on déplore 400 personnes sans travail, alors que le village ne compte que 336 « feux » (ou foyers).

Avec le froid qui dure, les provisions qui s‘épuisent, les prix des denrées s’envolent. En une année, de mars 1788 à mars 1789, le prix du sac de froment a augmenté de plus d’un tiers.

Pour faire face aux drames, surtout dans les villes, les autorités civiles et religieuses créent des ateliers de charité, organisent la distribution de soupes populaires.

La récession entraîne la baisse des salaires, et particulièrement ceux des femmes et des enfants. En pays de Caux, le gain journalier d’une fileuse s’effondre de 12 à 15 sols en temps normal (ce qui est déjà fort peu), à  2 sols seulement !

Partout dans la province, le flot des errants s’amplifie. A Ymare, sur 76 « feux », 40 chefs de famille sont nécessiteux et 45 indigents mendient à proximité de l’église.

Souffrance quotidienne, perspectives nulles, toutes les conditions sont réunies pour que la fièvre monte dans les premiers mois de 1789. Toutes les conditions sont réunies pour qu’une explosion sociale secoue la société. Toutes les conditions sont réunies !

Dans la région rouennaise, c’est au matin du 23 février 1789 que les premiers troublent vont éclater …

 

 

D’après « Le menu peuple à l’aube de 1789 », article publié dans le numéro 82 de la revue « Rouen Lecture Normandie » de mars-avril 2004.

09:22 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)