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25/04/2009

Le Roi Louis XIV

Louis XIV, nommé à sa naissance Louis Dieudonné et surnommé par la suite le Roi Soleil ou encore Louis le Grand est né à Saint-Germain-en-Laye, le 5 septembre 1638.

Dauphin de France, il est le premier fils du roi Louis XIII et de son épouse Anne d’Autriche.

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 Anne d'Autrice et la dauphin Louis, futur Louis XIV - Peinture de l'Ecole Française du XVIIe siècle.

 

Sa naissance tient du miracle. Le couple royal est marié depuis 23 ans et, à cause de plusieurs fausses couches, la reine n’a encore jamais donné naissance à un enfant. En outre, les relations entre les deux époux sont loin d’être au beau fixe. Le roi, à la sexualité mal définie, n’est guère attiré par son épouse, lui préférant son favori le connétable de Luynes ou son amour platonique, Mademoiselle de la Fayette. La trahison d’Anne d’Autriche, découverte en 1637, n’arrange pas les choses. En effet, la reine, fille du Roi Philippe III d’Espagne, a entretenu une correspondance aux dépens de la France avec son pays d’origine redevenu ennemi.

C’est dire que la grossesse de la reine dans ces circonstances difficiles apparaît comme miraculeuse !

 

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 Extrait du registre paroissial de Saint-Germain en Laye

 

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La reine mettra au monde un second enfant, le duc d’Anjou, né en 1640, rassurant définitivement le roi sur l’avenir de sa lignée directe. En mai 1643, le roi Louis XIII s’éteint après une longue et terrible agonie. Peu de temps avant sa mort, on a baptisé le dauphin, en lui donnant pour marraine la Princesse de Condé, et pour parrain, un fidèle de Richelieu, le cardinal Mazarin. Roi à 5 ans, le 14 mai 1643, Louis XIV va régner 72 ans !

Il s’éteint à Versailles, le 1er septembre 1715 à 8h15 du matin, d’une gangrène sénile à la jambe contre laquelle les médecins sont impuissants. Il est à la veille de ses 77 ans. Il est inhumé dans la Basilique Saint-Denis.

 

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 Extrait du registre paroissial de Versailles

 

C’est son arrière petit-fils, un enfant de 5 ans à la santé fragile qui devient roi sous le nom de Louis XV.

22/04/2009

La "Taxe sur les vélocipèdes"

« Le vélocipède est une sorte de machine sur laquelle on se place à califourchon, et que l’on fait mouvoir à l ‘aide de ses pieds, en appuyant alternativement sur les pédales. Or, ces pédales communiquent leur mouvement à un engrenage qui fait tourner les roues au moyen d’une chaîne. Et il suffit que les roues reposent au sol pour que la rotation fasse avancer ou reculer la machine, selon les règles de la dynamique… C’est infiniment curieux. Cet appareil déambulatoire, d’une ingéniosité qui n’échappera à personne, se distingue du cheval de selle par la douceur moelleuse de son allure. Sobre et silencieux, le vélocipède ne rue pas, ne coûte rien comme nourriture, n’a peur ni du chemin de fer, ni des tas de cailloux et ne s’emballe qu’à l’instigation formelle de son cavalier… C’est le modèle des animaux : il est propre et inodore… Il a quand même quelques petites défectuosités, et notamment, s’il lui arrive un accident, on ne peut pas le vendre pour la boucherie… »*

 

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Léonard de Vinci y a déjà pensé dans son XVIe siècle, mais il faudra attendre encore deux siècles et plus exactement l’année 1861 pour que le vélocipède soit fabriqué !

L’Académie de médecine s’inquiète très tôt des progrès enregistrés par ce nouveau moyen de transport et plus particulièrement de ses dangers pour les femmes, des perturbations qu’il peut entraîner sur « les organes sur lesquels le code civil a édifié le mariage » et brandit la menace d’une stérilité incurable…

Mais on n’arrête pas le progrès et le vélocipède continue de faire son chemin… Il va même devenir très vite « le véhicule à la mode ». La découverte de la France « pittoresque » commence par le tourisme vélocipédique. Les jeunes filles « modernes », afin de pouvoir enfourcher leurs montures, jettent leurs longues jupes aux orties et choisissent délibérément un vêtement qui fait scandale : la « jupe-culotte ». C’est l’une des premières victoires du féminisme.

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Et l’Etat, toujours à court d’argent mais pas toujours d’idées, crée en 1893 la « Taxe sur les vélocipèdes** » en vertu de quoi les propriétaires doivent déclarer leur vélocipède en mairie et s’acquitter de ladite taxe d’un montant de 10 francs par an, ce qui, à l’époque, pénalise fortement les travailleurs, principaux utilisateurs de cet engin. Le paiement de la redevance est attesté par une plaque métallique fixée sur le tube de direction.

 

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A partir de 1942, avec la raréfaction des métaux (période de guerre oblige), une carte, véritable « laissez-passer », sur laquelle chaque année un timbre d’acquittement est collé, se substitue à la plaque.

 

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Mon père, Albert-Camille Boulangé (sosa 2) se conforme à cette obligation le 31 mai 1941 et verse l'impôt correspondant jusqu'en 1948.

 

*Article publié dans les années 1860 dans le bihebdomadaire « Le temps » et figurant sur la revue « Nos Ancêtres – Hors-série Génium n°1 – Dec. 2004/Janv.2005

**  On peut trouver les registres de déclaration aux archives communales, série G ou L.

 

La « taxe sur les vélocipèdes » laissera  définitivement sa place en 1958… à la vignette automobile !

 

 

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19/04/2009

La signature de nos ancêtres

La signature de nos aïeux est-elle révélatrice de leur niveau culturel ? A quelques rares exceptions près, les écrits de nos ancêtres lointains étant inexistants, leur signature est dès lors la seule trace permettant d’établir une graduation de l’échelle des savoirs.

Il faut rappeler que les toutes premières signatures (telle que nous les concevons aujourd’hui) sont apparues dès le Moyen Age avec le « grand seing » des notaires, dessin complexe flanqué d’une véritable signature paragraphée, dénommée quant à elle « petit seing ».

Au fil des siècles, les marques représentatives et distinctives des individus, même si elles ont été longtemps réservées aux élites, se sont transformées.

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La signature du Roi Henri IV
Du Ve au VIIIe siècle, seings, sceaux, ruches, souscriptions, rébus, marques, dessins… ont été autant d’étapes vers la signature permettant à celle-ci de devenir, par son expression, le signe écrit prioritaire pour l’identification.

Symbole religieux et signe précurseur de la signature, le plus connu et surtout le plus facilement reproductible, propre à emporter l’adhésion de la majorité silencieuse des illettrés, la croix, apparaissait, dans le monde d’autrefois, essentiellement comme un symbole religieux, suffisamment fort pour s’apparenter au serment. Tracer une croix, c’était prendre Dieu à témoin de son engagement. Et nos ancêtres, dont le bon sens compensait toujours le manque de culture, se méfiaient aussi des faussaires. Beaucoup de ces signes, apposés au bas d’un acte notarié, pouvaient facilement être reproduits. Désireux de se protéger et sans doute d’imiter ceux qui non seulement savaient écrire, mais qui d’un paraphe compliqué authentifiaient leurs signatures, les plus modestes (comme les artisans, les pêcheurs, …) cherchèrent souvent à se démarquer en reproduisant, plus ou moins maladroitement, un objet symbolique de leur environnement professionnel. Sous Louis XI, l’artisan dessine donc volontiers son outils, le paysan essaie de tracer une croix plus ou moins régulière, le bourgeois écrit son nom, l’homme de loi enveloppe sa signature avec des replis de paraphes compliqués, le gentilhomme se singularise en signant de lettres d’un demi-pouce.

L’usage de ces marques s’estompera dès le début du XVIIe siècle avec le développement de l’école mais aussi à cause de la promulgation, en 1554, d’une ordonnance d’Henri II ordonnant que  « dorénavant tous contrats et obligations quittances et actes privez, soient outre les seings des notaires, soussignez des parties qui les consentiront s’ils scavent signez ou quand ils ne scavent signez, par quelqu’un d’autre homme de bien et de cognoissance a leur requeste. »

Le manque de pratique de l’écriture limitera longtemps encore l’application de l’ordre royal ! Les villageois continueront volontiers jusqu’à la Révolution à remplacer leurs signatures par un signe, une marque ou encore un griffonnage quelconque que le notaire certifiera et que les curés, sur leurs registres paroissiaux accepteront avec bienveillance et en toute connaissance de cause.

Comment interpréter de façon rationnelle les signatures de nos ancêtres ? Pour nous y aider, la Revue Française de Généalogie a publié dans son numéro 141 d’Aout-Septembre 2002, le tableau d’analyse ci-dessous s’appuyant sur des travaux de statisticiens et sur l’expérience de généalogistes.

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