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24/09/2008

Un illustre ancêtre : l'Abbé Gilbert SOURY

 

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Un double lien de parenté* relie notre famille à celle de Gilbert SOURY, célèbre abbé, surtout connu pour sa « Jouvence ».

 

Né le 7 octobre 1732 à Celloville (paroisse qui fusionnera en 1823  avec celle de Saint-Aubin la Campagne pour Saint-Aubin-Celloville), il est l’aîné d’une fratrie de 4 garçons. Jean SOURY, son père est rubannier. La famille est pauvre mais honorable. C’est l’une des plus anciennes familles du pays.

A l'époque, la paroisse de Celloville avait à sa tête l’abbé Delarue, un prêtre "remarquable par ses connaissances en médecine et par les remèdes, uniquement composés de plantes, qu’il distribuait gratuitement aux nombreux malades qui venaient le consulter de toutes les parties de la Normandie, de plusieurs provinces de France, de Paris, d’Angleterre et même d’Amérique". "Pendant 40 ans qu'a régné Monsieur Delarue, curé – déclarait en 1788 l’Assemblée municipale de Celloville – chacun se trouvait occupé et soulagé par le grand nombre de gens de première distinction qu’attirait l’art de médecine qu ‘exerçait si libéralement ce respectable pasteur".

L’abbé Delarue remarqua la vive intelligence du jeune Gilbert SOURY. Il l’instruisit, lui enseigna le latin, l’initia à la connaissance des plantes médicinales et le dirigea vers l’état ecclésiastique.

En 1764, l’abbé SOURY était ordonné prêtre et nommé chapelain du prieuré de Saint-Adrien. L’Abbé Soury, dit-on, profita de sa présence à Saint-Adrien « pour feuilleter tous les vieux manuscrits que possédaient les Révérents Pères Augustins chargés du Prieuré ».

Il ne resta pas longtemps à Saint-Adrien et dans cette même année 1764, il fut nommé chapelain de la chapelle Saint-Antoine en l’église d’Alizay. La paroisse d’Alizay dépendait alors de l’archevêché de Rouen. En sa qualité de chapelain, l’abbé Soury recevait un revenu annuel de 962 livres. Il resta attaché à la paroisse d’Alizay pendant plus de 25 ans, remplissant scrupuleusement son ministère et apportant aux malades le soulagement qu’il pouvait leur procurer par sa science des "simples".

C’est à Alizay que la Révolution trouva l’abbé Soury. Celui-ci n’étant ni curé, ni professeur, ni aumônier, n’eut pas à prêter le serment de 1790 , ni celui exigé par la Constitution Civile du Clergé. Cependant, en 1793, soumis au serment de "liberté-égalité", il refusa de la prêter, s’exposant ainsi à la prison et même à la mort. Il resta à Alizay où il ne se trouva personne pour le dénoncer.  Mais des démarches qu’il avait faite pour que son traitement lui fut payé par le district de Louviers, attirèrent sur lui l’attention des Révolutionnaires et ce fut pendant qu’il célébrait la messe en l’église d’Alizay que des sans-culottes, étrangers au pays, l’arrêtèrent.

Le 16 octobre 1793, il était emmené à Evreux et, le 19 octobre, il fut interné à la maison des Ursulines ; dans une requête , il expose que, « contradictoirement à la loi, les scellés ont été apposés sur ses armoires et chambres par la municipalité d’Alizay qui en a reçu l’ordre du district de Louviers, desquels il a demandé la levée ».

Cependant, sa réputation de guérisseur le suivit jusque dans sa prison, et le 13 janvier 1794, Monsieur Le Roy, vicaire de Fleury-sur-Andelle, interné en la maison du grand séminaire, demandait à être envoyé aux Ursulines pour qu’il puisse consulter au sujet de sa mauvaise santé le citoyen abbé Soury.

Sa renommée médicale passa les murs de la prison et lui apporta le salut. En effet, il reçut un jour la visite du député de l’Eure à la Convention, Robert Lindet, qui venait le consulter à propos d’un mal incurable dont il était atteint. Le traitement que lui fit subir le citoyen Soury réussit pleinement et cette guérison fit grand bruit à Evreux et dans les environs. Le 20 janvier 1795, l’abbé SOURY fut mis en liberté par ordre du Comité de Sureté Générale ainsi libellé : « Vu les différentes pièces relatives au citoyen Soury, en arrestation à Evreux, le Comité arrête que le citoyen Soury sera sur le champ mis en liberté et les scellés levés s’ils ont été apposés ».

Redevenu libre, l’abbé Soury se réfugia à Rouen où il reprit son ministère sacerdotal. Il célébrait la messe dans l’arrière-boutique d’un confiseur, située passage d’Etancourt, mais la municipalité rouennaise, inquiétée par le nombre des fidèles qui s’y rendaient, mit en demeure le prêtre réfractaire de quitter la ville.  L’abbé Soury se retira alors dans sa maison natale à Celloville et occupa tout son temps à donner des soins aux malades qui venaient de tous les coins de France pour le consulter.

En 1802, l’abbé Soury qui desservait la paroisse, privée de prêtre depuis la Révolution, était désigné par le Conseil Municipal de Celloville "comme un ecclésiastique recommandable pour les soins qu’il donne à l’humanité souffrante et par ses mœurs douces et tranquilles".

L’abbé Soury mourut à Celloville le 12 janvier 1810 âgé de 77 ans. Ses dernières paroles furent, dit-on, celles-ci : " Dieu m’avait mis sur terre pour soulager les souffrances de mes semblables ".  "Il a été consulté par tous les malades des environs, écrit l’abbé Caresme, et surtout par les habitants de Louviers où ce nom de l’abbé Soury est resté en bénédiction".

 

La Jouvence de l’Abbé Soury est une solution à base de plantes, mise au point voilà donc plus de 250 ans,  par les deux abbés, l’abbé Soury et son maître l’abbé Delarue, lesquels  lui donnèrent au départ le nom de "Tisane des deux abbés".

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Rapidement rebaptisée "Elixir de jouvence", c’est au 19ème siècle que Magloire Dumontier, pharmacien à Rouen,  arrière-petit-neveu de l’abbé Soury, la commercialise à grande échelle.

Composée d’un mélange original d’extraits de plantes médicinales (dont l’hamamélis et le viburnum), elle est aujourd’hui encore préconisée pour les troubles de la circulation et leurs diverses manifestations, grâce à ses qualités veinotonique, vasoconstrictrice et anti-inflammatoire. Cependant, ces propriétés n'ayant pas été démontrées dans le cadre d’une médecine conventionnelle, la Jouvence de l'abbé Soury n'est pas remboursée par la Sécurité Sociale, et ce, eu égard à son service médical jugé trop insuffisant.

 

 Ci-dessous  un acte de sépulture rédigé et signé par notre abbé Soury le 24 janvier 1774 à AlizaySIGNATURE SOURY GILBERT.JPG

 

 * Jean SOURY père est relié à notre arbre par le sosa 148 (Denis Cordonnier) et Marie BETILLE, sa femme, par le sosa 242 (Louis Thomas Adam).

 

 Bibliographie : « Bienfaiteur de l’humanité souffrante, consulté par Robert Lindet… L’abbé SOURY »  article de M. Desdouits publié dans la revue VAN (La Vie et l’Art en Normandie) n°37 – 1986.

 

23/09/2008

Gilles DAMAMME, Maréchal-ferrant

LE MARECHAL FERRANT.JPG

Notre arrière grand-père, Gilles DAMAMME, (sosa 10), était Maréchal-ferrant à Arques-la-Bataille. Son atelier devait ressembler à ce dessin de J. Staubs datant de 1912.

 

Né à Martigny, près de Dieppe, le 3 septembre 1834, il est le troisième et dernier enfant d’une famille de cultivateurs. Exempté du service militaire, il épouse à  28 ans,  le 13 janvier 1863 à Neuville, une jeune demoiselle âgée de tout juste 20 ans, la fille de ses patrons,  Ludivine SANNIER.

Il fait ce qu'on appelle "un beau mariage" ! Le père de la belle, Alexandre SANNIER est Maître Maréchal-ferrant à Neuville. Gilles est son ouvrier. Aînée de la famille, elle porte le prénom de sa mère et est l’unique fille de la famille. En effet, sur les 5 enfants du couple, trois décèderont en bas âge. Seuls deux enfants survivront : Ludivine et son jeune frère Alexandre. 

En cette fin d’année 1862, année où Victor Hugo publie ses Misérables,  alors que Napoléon III règne sur les français depuis déjà plus de 10 ans,  Ludivine est enceinte. Il faut réparer : le mariage est donc décidé. Les parents vont doter généreusement leur fille. Le contrat de mariage dressé le 4 novembre 1862 devant Me LANEL, Notaire à Dieppe, stipule que le futur époux apporte dans la corbeille du mariage « son linge et ses effets d’une valeur de 250 francs », alors que la fiancée la remplit d’un trousseau conséquent, de divers meubles (lit, commode, armoire, etc…) et d’une somme de 410 francs, le tout pour une valeur totale de 1500 francs ! (A cette époque, le salaire moyen journalier d’un ouvrier est d'1,75 franc en rétribution de 12 à 14 heures de travail). Leur fils, Jules, naîtra le 1er mai 1863 à Arques-la-Bataille. Notre grand-mère, Alexandrine, sera la dernière de cette fratrie de 7 enfants et viendra au monde la 22 mai 1881.

Toute sa vie, Gilles exercera son métier de Maréchal-ferrant - Forgeron dans ce si joli village d'Arques-la-Bataille où ils décèderont tous deux âgés de 71 ans, lui  en 1905, et elle, 8 ans plus tard, en 1913.

Le mot « maréchal » vient du francique* « marhskalk » : « le domestique qui soigne les chevaux ». A une époque où la traction est seulement animale, le ferrage des animaux est primordial : il permet de protéger le sabot de la bête, mais aussi d’augmenter sa force motrice en lui apportant une meilleure adhérence au sol. Installé en campagne, il possède une forge et répond ainsi à tous les besoins des agriculteurs et des villageois : fabrique d’outils (serpes, faux, haches, socs, houes…) mais aussi d’ustensiles de la maison (tisonniers, crémaillères, broches…) Après la Seconde-Guerre mondiale, avec la diminution des exploitations agricoles, la mécanisation entraînant la disparition des chevaux de labour et l’évolution des moyens de transport, les Maréchaux-ferrants vont un à un  éteindrent leurs feux et se reconvertir.

 

* langue des Francs ou des régions peuplées par les Francs.

11/09/2008

DES SYMBOLES BIEN UTILES

Des symboles sont habituellement utilisés en généalogie. Ils permettent d'indexer les différents actes de façon abrégée. Voici les principaux :
Naissance : o
Baptême : b
Père : P
Mère : M
Parrain : p
Marraine : m
Sans postérité : SP
Mariage : x
2e mariage : xx, 2x,  ( et ainsi de suite )
Contrat de mariage : CM
Divorce : div, )(
Décès : +
Sépulture : (+)
Mort pour la France : MPF
Testament : test.
Inventaire après décès : inv.
témoin : t
domicile : dom.
Utilisez-les ! Ils deviennent très vite une habitude et font gagner beaucoup de temps !