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31/07/2013

Un savant normand, Louis Nicolas Vauquelin

Savez-vous à qui l’on doit la découverte du chrome en 1797 et celle de l’oxyde de béryllium l’année suivante ? Cet homme là a aussi révélé la présence de nicotine dans le tabac dès 1809 et contribué à la découverte de la morphine ? C'est à lui encore que l'on doit la mise en évidence de la pectine et l’acide malique dans la pomme ?  Vous avez la réponse ? Allez, pour vous aider, j'ajoute qu'il est normand !  

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Louis Nicolas Vauquelin (1763-1829)

 

Il s'appelait Louis Nicolas Vauquelin. Né dans une famille pauvre le 16 mai 1763 à Saint-André d’Hébertot, une paroisse d’environ 700 âmes située dans l’actuel département du Calvados, il devient à 13 ans garçon de laboratoire chez un pharmacien de Rouen qui donnait des cours de physique et de chimie dans son officine à quelques apprentis privilégiés.   

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Maison natale de Louis Nicolas Vauquelin

 

Tout en nettoyant le laboratoire et en chargeant le feu, le jeune garçon, intelligent et curieux de tout, écoute ce que dit le maître et retient ses paroles qu’il consigne le soir à la lueur d’une bougie sur un simple cahier. Mais le pharmacien le surprend,  le lui arrache et le déchire sur place. « On m’aurait ôté le seul habit que j’eusse au monde, racontera-t’il souvent, j’aurais été moins affligé ! »

Révolté, il quitte Rouen et décide de tenter sa chance à Paris. Il s'y rend à pied avec seulement quelques sous en poche. Après de nombreuses péripéties, la chance finit par lui sourire. Il est embauché par un pharmacien de la rue Saint-Denis. Auprès de lui, il s’instruit tant et si bien qu’il finit par entrer au service du chimiste Antoine-François Fourcroy (1755-1809) dont il va être l’aide, puis l’élève, le compagnon assidu de tous ses travaux et enfin l’ami intime. A ses côtés, il va étudier la physique, l’anatomie, la physiologie et l’histoire naturelle. Devenu chimiste à son tour, il sera notamment nommé à l’Académie des Sciences, siègera à la chair de chimie du Collège de France, à l’Académie royale de médecine, sera professeur au Jardin du Roi. Chevalier de la légion d’honneur et de l’ordre de Saint-Michel, il est fait chevalier de l’Empire et est élu député pour le département du Calvados en 1827.

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Cet homme là n’oublia jamais son village natal de Saint-André d’Hébertot. Presque chaque année, il s’y rendait pour retrouver les siens. Très malade, il voulut venir une dernière fois respirer l’air de son enfance. C’est ainsi qu'il mourut chez lui le 14 novembre 1829.

 

Biblio. « Fier d’être normand – 100 bonnes raisons » de C. Lablancherie – Ed. Ouest-France 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

 

28/07/2013

Le haricot de Pont-Audemer

C’est au XVIIe siècle que le haricot s’est réellement implanté en Europe. Originaire d’Amérique, on doit à Christophe Colomb (1451-1506) d’avoir rapporter les premières graines de cette plante herbacée de l’Ile de Cuba. Quelles années plus tard, l’italienne Catherine de Médicis (1519-1589),  future épouse du roi Henri II (1519-1559), introduit en France ce légume « exotique » qui prend place dans ses bagages de future mariée. C’est ainsi qu’il débarque à Marseille, en octobre 1533, pour être cultivé dans le potager de Blois et que la « fève de Rome » du latin « faselus » deviendra notre « fayot » du langage populaire !  

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Le Haricot de Pont-Audemer

 

Du fait de leur ressemblance, les normands ont longtemps confondu « pois » et « fèves ». C’est donc tout naturellement qu’ils désignent par l’un ou l’autre de ces termes le nouvel hôte de leur table qui prend progressivement la place de leurs légumineuses habituelles.

En 1752, Combles note dans son ouvrage « L’école du jardin potager » que « cette plante est universellement connue et il s’en fait une grande consommation en tout pays. »

A noter que ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que les bourgeois européens, friands de primeurs et soucieux de leur ligne, vont faire du « haricot vert », un légume recherché, préférant dès lors consommer la gousse (le fruit) du haricot vert que les graines du haricot sec.

De nouvelles variétés vont naître. C’est le cas du « Haricot de Pont-Audemer » cultivé par les jardiniers normands jusqu’en 1960 et qu’on redécouvre aujourd’hui. Son originalité tient dans ses grains mouchetés rouge rosés.  

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Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici aujourd’hui la recette simple et délicieuse des Haricots blancs nouveaux au gratin*.

 

Pour 4 personnes, il vous faut 800 g de haricots frais, 2 poireaux, 2 dl de crème, persil haché, 80 g de chapelure, 50 g de gruyère râpé, beurre.

 

Cuire les haricots à l’eau bouillante salée. Quand ils seront à point, fondre au beurre le blanc des poireaux émincés ; puis mouillés de la cuisson des haricots ; cuire 20 minutes ; Mélanger les poireaux aux haricots ; ajouter la crème et le persil haché ; verser dans un plat creux ; recouvrir de râpé, de chapelure, par-ci par-là des noisettes de beurre ; faire gratiner doucement à four moyen, de belle couleur.

Bon appétit !  

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* Recette extraite de « Le grand livre de la cuisine normande » de R. Compas – Ed ; J-P. Delage Paris 1976.

Biblio. « La fabuleuse histoire des légumes » d’E. Bloch-Dano – Ed. Grasset – 2008.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

23/07/2013

Secret pour la gravelle...

La gravelle, autre dénomination du calcul rénal, est une maladie douloureuse causée par la présence de petits corps granuleux semblables à du sable ou à du gravier, dans les voies urinaires.

Si de nos jours on dispose d’un arsenal médicamenteux efficace pour traiter cette affection, il n’en était malheureusement pas de même au XVIIe siècle.   

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 La ficaire

Voici une recette médicinale datant de 1697, « Secret pour la gravelle »,  conservée aux archives de l’Eure*. La potion est fabriquée à base de ficaire ou herbe aux hémorroïdes. Cette plante, au nom scientifique de « Ranunculus ficaria », est toujours préconisée en phytothérapie notamment pour traiter les  troubles et maladies de la sphère urinaire.  

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« L’on prendra la racine d’une herbe appellée hémoroide, qui croit dans les pays gras et frais, qui a la fueille verte et fleurit jaune dans le printemps et dont la racine est par petits oignons comme des perles, ou plustost comme les hémoroides qui arrivent aux hommes. On cueillira, si faire se peut, cette racine dans la pleine lune, parce qu’elle est plus dure ; on la fera secher au soleil, et par apres, la réduire en poudre et on la fera infuser dans un verre de vin blanc du soir au matin, et donner le tout à jeun au malade sans rien passer par tamis ny linge, mais bien luy faire prendre le vin avec la poudre tous les matins : si c’est un enfan plein un dés à coudre, et si c’est un homme ou femme, davantage à proportion. Remède infaillible appris de Mr Stilou, carabinier, en garnison à Tourville qui en a fait l’épreuve en ma présence. »  

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Pour finir, il faut savoir que, selon certains médecins, des normands sûrement, le cidre serait un préventif efficace de la maladie et ce par la présence importante de gaz carbonique qui faciliterait l'action des sucs gastriques et stimulerait ainsi la digestion. A consommer toutefois bien sur avec modération !

* « L’Eure et son passé – volume 2 » – Recettes médicinales du XVIe au XIXe siècles – Académie paléographique de l’Eure  - Evreux 1986.