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31/03/2012

Un parfum de soleil : l'histoire du mimosa

Quand Napoléon, alors Premier Consul, décide d’envoyer par mer une grande expédition afin de prendre pied sur la côte sud encore inoccupée de l’Australie, continent que l’on appelait alors Nouvelle Hollande, il ignorait le trésor qu’allait lui ramener ses marins !

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La Nouvelle Hollande

 

Nous sommes le 19 octobre 1800. La mission est confiée au Capitaine Nicolas Baudin (1754-1803) qui rentre d’un grand voyage aux Antilles.

 

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Nicolas Baudin

 

Lui et son équipe, composée de 24 savants (astronomes, géographes, minéralogistes, botanistes et zoologistes), assisté de dessinateurs et de jardiniers, s’embarquent du Port normand du Havre à bord de 2 navires, le « Géographe » et le « Naturaliste ».

 

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Le « Géographe » et le « Naturaliste »

 

Le voyage va durer plus de 3 ans. Il sera des plus meurtriers : le scorbut, la dysenterie, la fatigue et les privations déciment l’équipage à commencer par son commandant, Nicolas Baudin, qui meurt de tuberculose le 16 septembre 1803 sur le chemin du retour à l’Ile de France, aujourd’hui l’Ile Maurice.

 

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Le Port du Havre au XVIIIe siècle

 

Seuls 6 scientifiques vont finalement rentrer au port de Lorient le 21 mars 1804. La mission est cependant une éclatante réussite scientifique. Dans les cales des navires, une centaine d’animaux vivants, presque tous inconnus, une foule de quadrupèdes et d’oiseaux empaillés, des milliers d’échantillons de minéraux, douze cartons de notes, d’observations et de carnets de voyages, plus de 1500 esquisses et peintures et 70 grandes caisses contenant des dizaines de milliers de spécimens de plantes inconnues, parmi lesquels… les premiers Mimosas qui furent plantés dans le parc de la Malmaison, où ils fleurirent pour la première fois en 1811.

 

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Mimosa argenté

 

Jusqu’au XIXe siècle, on « la » nomma « mime » au féminin, tant sa sensibilité était grande !

Puis le masculin s'imposa pour définir cet arbrisseau odorant, duveteux, mais si fragile.

Pendant longtemps, le Mimosa ne quittera pas les serres et les orangeries où, bien abrité, il demeurait une  curiosité rare. Ce n’est que sous le Second Empire (1852-1870) qu’on va le cultiver en pleine terre sur les côtes de Provence où il s’épanouit depuis, de décembre à mars.

  

 

Biblio. « Le mimosa, la douceur du bout du monde » de J. Brosse – Historia n°436

 

28/03/2012

Le château d'O en Normandie

En Normandie, entre Sées et Argentan, dans le département de l’Orne, sur la commune de Mortrée, se reflétant dans les eaux qui l’entourent, voici, né de la volonté d’un chambellan ambitieux, le Château d’O. Majestueux, à l’architecture flamboyante, on dit de lui qu’il rivalise en beauté avec les plus nobles fleurons de la Loire.

 

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Edifié sur pilotis au centre d’un étang, sa construction débute en 1484 sous l’impulsion de Jean d’O, capitaine de la garde écossaise de François Ier (1494-1547).

La famille d’O s’est illustrée au fil de l’épée. L’un de ses membres a accompagné Robert le Magnifique (1010-1035) dans son pèlerinage en Terre sainte, pèlerinage dont le Duc de Normandie n’est d’ailleurs jamais revenu. Plus tard, en 1340, Robert d’O va combattre aux côtés de Jean d’Harcourt dans la malheureuse bataille de l’Ecluse, premier conflit d’importance de la guerre de Cent Ans. 

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Mais revenons à notre château. A la fin du XVe siècle, vers 1484, Jean  d’O devient conseiller puis chambellan du roi Charles VIII (1470-1498). Cette haute fonction de gentilhomme de la chambre du roi enrichit le châtelain d’O qui décide de reconstruire la vieille forteresse médiévale de ses ancêtres. Il fait alors appel aux meilleurs architectes du moment et à l’élite des artisans qui vont bâtir sur une île située au centre d’un étang un château de charme, magnifique domaine Renaissance, de forme rectangulaire, flanqué de tours et entouré d’un parc.

Les descendants de Jean d’O vont, sur 3 générations, poursuivre son œuvre et embellir l’ouvrage. Ainsi Charles-Robert d’O, chambellan du roi Louis XII (1462-1515) et époux de la belle Louise de Gentil fait notamment bâtir le splendide châtelet d’entrée.

Mais voilà, les belles fortunes ont une fin. Leurs petit-fils, François d’O, né en 1435, Sénéchal de Normandie, est un familier du roi Henri III (1551-1589) dont il devient un des mignons. 

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                        Henri III et ses mignons - Tableau attribué à "Ulysse" - XIXe siècle - Château de Blois

 

En 1589, le roi Henri IV (1553-1610) le confirme pourtant dans ses titres et ses fonctions de surintendant des finances. Ses revenus lui permettent d’embellir son château d’O dans lequel il mène grand train. Le luxe dont il s’entoure égale celui du roi. A tel point que ses contemporains, à commencer par Sully (1559-1641) qui lui succèdera, le soupçonne de ne pas faire de différence entre les caisses de l’Etat et la sienne. ! Pourtant,  rapportera Sully, « Cet homme riche de tout l’argent du royaume dont il disposait presque absolument, plus splendide dans ses équipages, ses meubles et sa table que le roi lui-même, n’était pas encore abandonné des médecins que ses parents, ses domestiques et quelques autres à titre de créanciers, le dépouillèrent comme à l’envi et si parfaitement que longtemps avant qu’il expirât, il n’y avait plus que les murailles nues dans la chambre où il mourut », cet homme,  marquis d’O, seigneur de Fresnes et de Maillebois meurt misérable, sans descendance, le 24 octobre 1594.

Le château d’O passera ensuite aux mains de la famille Montagu, puis, après la Révolution, dans celles d’Albon avant d’être acheté en 1973 par Jacques de Lacretelle (1888-1985), membre de  l’Académie Française. Aidé de son épouse Yolande Jacobé de Naurois, ils vont se consacrer à la restauration du Château d’O qui est aujourd’hui inscrit au titre des monuments historiques.

 

Biblio : « Le château d’O, folies et ruine » de B. Dumas de Mascarel – Historia n° 37.

 

 

24/03/2012

Un bien bel oiseau que ce Pigeon Cauchois !

Beau, avec de la prestance, non seulement il sait se présenter avantageusement, mais, toujours gai et en action, il  n’est pas avare de roucoulements sonores et de joyeux claquements d’ailes. Je parle bien sûr du Pigeon Cauchois, un pigeon normand originaire du pays de Caux, l’une des plus anciennes races française.

 

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 Le Pigeon Cauchois

 

L’élevage du Pigeon Cauchois était déjà pratiqué au XVIIe siècle. Considéré comme un excellent pigeon de ferme, il était apprécié pour sa rusticité, sa productivité et sa taille, un peu supérieure à celle des autres. Il était alors appelé « Maillé de Caux » en raison du dessin de son plumage. Mais il existe cependant des Pigeons Cauchois à manteau unicolore noir, rouge ou jaune et à manteau barré.

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Pigeon Cauchois barré

 

La première domestication connue du pigeon, cet « oiseau de Vénus » dont il ornait autrefois le char, remonte à l’Egypte des pharaons, il y a plus de 5000 ans. Chez nous, à l’époque féodale, son élevage était essentiellement alimentaire : on consommait sa viande mais aussi ses œufs servis en omelette. Quant aux plus jeunes, ils étaient offerts aux faucons que l’on dressait pour la chasse au vol. De majestueux colombiers et autres pigeonniers, constituant la vitrine du château auquel ils appartenaient, les abritaient alors. Apanage de la Noblesse, leurs styles de construction et la diversité de leurs formes en font aujourd’hui un élément très particulier du décor de nos campagnes. 

 

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Le Pigeonnier de Boos (76)

 

Mais très vite, ses compétences de "grand voyageur retrouvant toujours son chemin" font de notre pigeon domestique un « pigeon voyageur ». Avec le temps, certains sont depuis retournés à l’état « sauvage », abandonnant leurs pigeonniers pour s’installer le plus souvent en zone urbaine. C’est ainsi que notre pigeon des villes est un descendant du pigeon domestique, lui-même issu du pigeon marron ou pigeon biset initialement sauvage.

Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette des Pigeons à la normande* :

Il vous faut 2 pigeons, 10 belles pommes normandes, 1dl de crème fraîche, 1 cuillerée à soupe de Calvados, 3 cuillerées à soupe d’huile, 80 g de beurre, 4 tranches de pain de mie, sel et poivre.

Eplucher les pommes, les épépiner et les couper en quartiers. Faire fondre 50 g de beurre dans une casserole, y mettre les pommes à cuire à feu doux durant 8/10 minutes en remuant de temps en temps pour qu’elles n’attachent pas. Pendant ce temps, faire chauffer l’huile dans une cocotte, y faire dorer les pigeons de tous les côtés, saler et poivrer, puis les sortir et les mettre de côté. Mettre les pommes dans la cocotte à la place des pigeons, poser ceux-ci sur le lit de pommes, couvrir et laisser cuire pendant 40 minutes à feu doux.

Couper en deux les tranches de pain de mie pour former des triangles.  Faire fondre le reste de beurre dans un poêle et y mettre les tranches de pain à dorer 2 minutes doucement de chaque côté.

 

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 Pigeons à la normande

 

Sortir les pigeons de la cocotte. Les poser sur une place à découper et les couper en deux dans le sens de la longueur. Verser la crème dans un bol, la délayer avec le Calvados et verser le mélange dans la cocotte. Remuer, rectifier l’assaisonnement et réduire au feu.

Mettre les pommes dans le plat de service chaud. Disposer dessus les demi pigeons. Entourer le plat avec les croûtons frits. Verser la sauce dans la saucière et servir immédiatement avec les pigeons.

Bon appétit !

 

Pour information, l'adresse du Club Français du Cauchois :  http://www.cauchois.org/

 

* Recette extraite de l'hebdomadaire "La cuisine de A à Z".

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.