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yvetot

  • La chaise du Bon Dieu

    Le 16 septembre 1804, le jeune chimiste et physicien Louis Joseph Gay-Lussac (1778-1850), dont les travaux de recherche portent sur les propriétés des gaz, s’envole de Paris pour un voyage scientifique en ballon au-dessus de la Normandie. Il doit vérifier, pour le compte de l’Institut de France, les observations du naturaliste géologue Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799) sur l'affaiblissement du magnétisme dans l'atmosphère.  

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    20 août 1804, voyage en ballon de Gay-Lussac et Biot

    Après un premier essai infructueux effectué en compagnie de son collègue Jean-Baptiste Biot (1774-1862) le 24 août précédent, c’est en solitaire cette fois qu’il renouvelle l'expérience.  

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     Louis Joseph Gay-Lussac (1778-1850)

    Parti du Conservatoire à 9h40, il veut monter très haut, au-dessus de 7 000 mètres d’altitude, un record pour l’époque. Or, arrivé au-dessus de la région de la petite ville d’Yvetôt, non seulement il s’aperçoit qu’il n’a pas encore atteint l’altitude souhaitée mais aussi qu’il n’a plus de lest. Comment faire ? Dans la nacelle, il ne reste plus rien hormis une chaise en bois, la sienne. En désespoir de cause, il la jette par-dessus bord.   

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    La chaise s’écrase quelques instants plus tard  aux pieds d’une jeune bergère qui s’empare effarée de ces débris tombés du ciel et court les porter chez le curé du village. Le Saint Homme, les examinant attentivement, n’y aurait vu que les restes de l’un des sièges sur lesquels sont assis les bienheureux à la droite du père !  

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     Bergère – G. La Touche – 1882

    Quant à notre scientifique,  après avoir  atteint 7 016 mètres d’altitude, il s’est posé six heures plus tard « à six lieues au nord-ouest de Rouen ». Cet exploit, qui n'a pas été égalé pendant cinquante ans, lui valut en réalité plus de renommée que les mesures effectuées. Il apporta cependant la preuve que le magnétisme terrestre ne variait pas sensiblement avec l'altitude et que la composition de l'air restait inchangée. Ce succès expérimental lui permit de devenir membre dès l’année suivante du comité consultatif des arts et manufactures.

    Biblio. Le grand bêtisier de l’Histoire de France de A. Dag’Naud – Larousse 2012

     

     

  • La moutarde de Normandie

    Le saviez-vous, notre belle région a une tradition moutardière qui remonterait aux Moyen-Age ! Comme en témoigne des écrits datant de 1735, le Pays de Caux est l’un des premiers fiefs de la moutarde en Normandie. Honoré-Gabriel Riquetti comte de Mirabeau (1749-1791) a d’ailleurs, dans un écrit daté de 1783, fait la promotion de la moutarde fine de Caudebec-en-Caux. 

     

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    La moutarde Bocquet de la ville d’Yvetot est née au XVIIIe siècle. Fabriquée par assemblage de trois variétés de graines de moutarde et l’utilisation de vinaigre de cidre, elle a perduré jusqu’en 1980.

     

    La région d’Elbeuf a également fortement contribué à la réputation de la production moutardière régionale. La moutarde Tabuelle, aujourd’hui disparue, était fabriquée à Caudebec-lès-Elbeuf.

     

     

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    Après la Seconde Guerre mondiale, il y avait en France environ 160 fabricants de moutarde. Au début du XXIe siècle, il n’en reste plus qu’une petite dizaine. En Normandie, Toutain-Barville, situé à Déville-lès-Rouen, est le dernier ambassadeur de cette tradition.

     

    Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici une recette normande traditionnelle, celle des Maquereaux à la moutarde*.

     

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    Il vous faut : 6 maquereaux moyens, 40g de beurre, 25 cl de crème fraîche, 3 cuil. à soupe de moutarde, 1 citron, du persil, du sel et du poivre.

     

    Moutarde, Yvetot, Normandie, Bocquet, Maquereaux

     

    Vider (si cela n’a pas été fait par votre poissonnier), laver et essuyer les maquereaux. Dans un plat à four généreusement beurré, disposer les poissons. Mélanger la crème fraîche, la moutarde, le jus de citron, un peu de sel, du poivre et le persil haché. Verser cette préparation sur les poissons. Parsemer de noisettes de beurre. Enfourner à four moyen pour une bonne demi-heure. Servir aussitôt.

     

    Bon appétit !

     

    * recette extraite de « Mes recettes normandes » de A. Prével – Ed. C. Bonneton 2005.