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02/07/2017

Ver-sur-Mer en Normandie/New-York : la première liaison aéropostale transatlantique

Ver-sur-Mer, Côte de Nacre, Calvados, 1er juillet 1927, 2h32. Après avoir erré de longues heures dans un ciel de France exécrable, en pleine nuit, en panne de carburant, le monoplan Fokker C-2 baptisé "America", est contraint de se poser en catastrophe. Malgré les mauvaises conditions météorologiques, le pilote, le Commandant Richard E.Byrd (1888-1957), réussit son amerrissage en Normandie.

L'appareil avait décollé de New-York (U.S.A.) le 29 juin à 5 h24 avec à son bord quatre hommes d'équipage, un drapeau américain et un important sac de dépêches confié par la poste américaine avec la mission de le transporter jusqu'à l'aéroport de Paris-Le Bourget.

 

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Après 42 heures de vol, durant lesquelles il a fallu se battre contre des vents violents, des pluies diluviennes, le brouillard et un épais plafond de nuages, alors que la panne sèche menace, le commandant aperçoit enfin la lumière du phare de Ver-sur-Mer. Il pique droit dans sa direction et réussit à amerrir à 200 mètres du rivage à basse mer. Le choc est assez violent. Néanmoins, l'équipage, à bout de forces, est sain et sauf. L'avion a souffert : queue pliée, train d'atterrissage arraché, hélices brisées ainsi qu'une large ouverture sur le fuselage.

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Pour gagner la rive, les quatre aviateurs embarquent sur un léger canot de sauvetage en caoutchouc. Ils emportent avec eux le précieux sac postal de 70 kg de missives sauvées de la noyade qu'ils vont remettre sans tarder à la poste de Ver. La mission du premier courrier aérien entre les États-Unis d'Amérique et la France est accomplie !

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L'équipage de conduite de "America" ​​de gauche à droite - Lieutenant George O. Noville, le Capitaine de corvette Richard E. Byrd, Bertrand Acosta, et Bernt Balchen. Photo prise peu de temps après leur débarquement en France.

Pour la petite histoire, dans le sac postal, il y avait également un message du receveur des postes de New-York à son homologue de Paris. Mais ce fut en définitive la receveuse veroise qui en prit connaissance et qui répondit en ces termes " La receveuse des postes et les employés de la poste de ver-sur-Mer, Calvados (France), où l'avion "America" a amerri le 1er juillet 1927, accusent réception des vœux de M. le receveur des postes et des employés des postes de New-York. A leur tour, ils leur adressent leurs vœux sincères et leurs félicitations à l'occasion de l'inauguration du premier courrier par avion reçu directement en France venant des États-Unis."

 

Biblio. "L'Almanach de la Normandie" de B. et Cl. Quétel - Larousse, 2002.

07/12/2014

Saint-Gerbold, guérisseur des flux de sang

Originaire de Normandie, onzième évêque de Bayeux, la vie de Saint-Gerbold est auréolée de légendes. Son histoire commence au VIIe siècle, un soir d'hiver sur la côte anglaise. La mer est en furie et sur terre, la neige tombe à gros flocons. Au sommet d'un rocher dominant les flots, un groupe de soldats s'avance. À leurs côtés, Gerbold, enchaîné, vêtu d'une robe blanche, tête nue et mains jointes, est en prière. Parti quelques années plus tôt, il vivait dans le château d'un riche seigneur anglo-saxon où il était chargé de l'intendance. Hélas, pour avoir refusé les avances de la femme de son hôte, celle-ci, furieuse, l'a accusé d'avoir abusé d'elle. Avant de le pousser dans le vide, sur ordre de leur maître, les soldats ont attaché à son cou une grosse meule en granit, de celles qui écrasent les pommes en Cornouailles comme en Normandie.

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Mais miracle, la pierre ne s'enfonce pas dans les flots ! Bien au contraire, elle se met à flotter. Sur une mer devenue tout à coup calme et apaisée, bien en sécurité sur son embarcation, le saint homme rejoint sans encombre sa terre natale. Il accoste près de Bayeux, dans un petit village de pêcheurs. Quant il s'avance, les villageois comprennent qu'ils ont devant eux un envoyé de Dieu. Sous ses pas, l'hiver recule et s'enfuit. La glace fond, l'herbe pousse et tout redevient vert. C'est d'ailleurs en souvenir de cet étonnant prodige, que le village porte encore aujourd'hui le nom de Ver-sur-Mer.

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 C'est là qu'il choisit de vivre, en ermite, jusqu’au jour où la population, connaissant ses miracles, lui demande de succéder à leur évêque décédé. Mais l’austérité et la rigueur morale de son épiscopat lui valent rapidement l’inimitié des Bayeusains qui finissent par le chasser. En colère, l’évêque jette son anneau épiscopal à la rivière, jurant qu’il ne reviendra à la tête du diocèse qu’à la condition qu’on lui rapporte l’objet perdu. Bientôt, un châtiment divin accable la population qui s’est détournée de la religion : le pays est frappé d’une épidémie de dysenterie. Seul celui qui a quitté son siège d’évêque peut les guérir. Or, un pêcheur découvre l’anneau épiscopal dans le ventre d’un poisson. Gerbold tiendra sa parole, reviendra au siège épiscopal et l’épidémie cessera aussitôt.

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Mort en 695, fêté le 7 décembre, son culte a été très présent en Normandie. Une douzaine d’édifices religieux sont consacrés à ce saint guérisseur des "flux de sang", notamment la dysenterie et les hémorroïdes, maladies appelées au Moyen-Âge « mal Saint-Gerbold ». Ainsi, entre 1403 et 1418, Philippe d’Argouges, seigneur de Gratot, une commune du département normand de la Manche, fera construire sur ses terres, , une chapelle qui lui sera dédiée.

 

Biblio. « les plus belles légendes de Normandie » de E. Anne. 1932