Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/11/2015

Le chrysanthème, un symbole de vie devenu fleur des morts

Au XVIIIe siècle, les chasseurs de plantes rapportent d'Asie en Europe de nombreuses espèces qui vont complètement bouleverser la botanique et l'horticulture occidentale. Parmi elles, le chrysanthème, originaire de Corée. Depuis, les botanistes ne vont avoir de cesse que de la reproduire et de l'améliorer à tel point qu'il existe de nos jours quantité de chrysanthèmes dont certains sont d'une étrange beauté et d'une finesse rares.

 chrysanthème 0.jpg

En Chine, là où sa localisation est la plus ancienne, dès le Ve siècle avant J.-C., cette « fleur d'or », qui doit son nom à sa couleur jaune (du grec« chrysos », signifiant doré et « anthos » fleur) et qui incarne la longévité et l'immortalité, est principalement utilisée à des fins médicinales.

 chrysanthemes 4.jpg

 "Femme avec chrysanthèmes" Edgar Degas -1865

 

Arrivée au Japon au IIIe siècle après J.-C, elle y fait l'objet d'un véritable culte. Symbole du plaisir et du bonheur, elle est alors associée au pouvoir impérial et devient même au XIIIe siècle l'emblème de l'empereur Go-Toba (1181-1239). En 1876, ultime honneur, l'empereur Meiji Tenno (1852-1912) crée le prestigieux ordre suprême du chrysanthème, la plus haute distinction de son pays.

 chrysanthème 3.png

 

Comment ce symbole asiatique de la vie devient-il en France la fleur des morts ? Car, à l'instar du muguet du 1er mai, le chrysanthème est aujourd'hui la fleur incontournable de la Toussaint. C'est une conséquence de l'hécatombe humaine de la Grande Guerre. En 1919, pour commémorer le premier anniversaire de l'armistice, le Président de la république Raymond Poincaré (1860-1934) ordonne le fleurissement de tous les monuments aux morts. Les élus vont alors choisir le chrysanthème, fleur de saison qui résiste à un gel modéré. Au fil du temps, ces « marguerites des morts » ou « fleurs des veuves » destinées aux soldats tombés au combat, vont être utilisées pour fleurir toutes les tombes visitées les 1er et 2 novembre, jours de la Toussaint et de la fête des morts.

 

Biblio. « Une histoire de fleurs » de R. De Ayala et M. Aycard – Ed. Perrin, 2001.

02/11/2014

Le pâté de poire de fisée de la Toussaint

Traditionnellement, le Jour de la Toussaint, à Dieppe, comme au cœur du Pays de Bray et plus largement dans tous le nord du département normand de la Seine-Maritime, on déguste un pâté de poire de fisée.

poire de fisée 3.jpg

 

Il s'agit là d'une variété très ancienne de poire qui serait originaire de Haute-Saxe. Mentionnée en France pour la première fois en 1628, dans le « Catalogue des arbres cultivez dans le verger » du Sieur Pierre Le Lectier, procureur du roi à Orléans, elle devrait son nom à sa forme oblongue rappelant celle d'un fuseau, petit instrument en bois renflé au milieu et se terminant en pointe, qu'on utilisait autrefois lorsqu'on filait la laine.

La poire de fisée fait partie du patrimoine normand. Les paysans brayons distinguent deux variétés de poire de fisée, la blanche, devenue rare, et la rouge, de loin la meilleure. Petite, difficile à peler, faisant « plus d'épluchures que d'manger », elle ne se consomme que cuite, en confiture ou en tarte. Sa particularité, c'est qu'à la cuisson, elle rougit en dégageant un parfum particulier d'automne. Parvenant à maturité au mois d'octobre, elle ne se conserve que jusqu'à la mi-novembre.

 

poirier de fisée.jpg

 Poirier de fisée

A l'origine, les poires, pelées, épépinées et coupées en quartiers, étaient recouvertes de sucre avant d'être cuites dès le lendemain à feu doux, six heures durant, avec des clous de girofle et un filet de vinaigre. La compote rouge obtenue était ensuite étalée entre deux couches de pâte levée et cuite au four.

Aujourd'hui, même si on confectionne différemment le pâté de poire de fisée, il reste un régal à déguster ! Alors, comme d'habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, en voici la recette* :

 

pate-de-poires-de-fisee (2).jpg

 

Pour 6 personnes, il vous faut : 500 g de pâte feuilletée (ou 2 rouleaux prêts à l’emploi), 2 kg de poires de fisé, 100 g de sucre en poudre, 1 gousse de vanille, 1 clou de girofle, 20 cl de vin rouge et 1 jaune d’œuf (pour la dorure).

Éplucher les poires, les partager en deux, les épépiner et couper en épaisses lamelles. Placer celles-ci dans une casserole avec le vin, le sucre, la gousse de vanille et le clou de girofle, poser sur feu doux une demi-heure en remuant de temps à autre. Arrêter le feu et laisser macérer 3 heures à couvert. Faire réduire le jus à découvert quelques minutes. Faire préchauffer le four à 210 °C. Découper les lamelles de poire en morceaux. Foncer un moule à tarte ou une plaque de cuisson, y déposer la première abaisse de pâte feuilletée et la garnir des morceaux de poire, en tassant un peu. Recouvrir de la seconde abaisse et souder les deux bords avec les doigts mouillés d’eau. Dorer au jaune d’œuf battu. Placer dans le four pour 25 minutes.

 *Recette http://www.keldelice.com

 Merci au site http://encreviolette.unblog.fr