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04/06/2014

Les racines normandes de Céline Dion et Fabienne Thibeault

L'ancienne province du Perche, aux belles collines humides et aux terres bocagères, bien que démantelée à la Révolution, n'a rien perdu aujourd'hui de son charme et de son identité. Mais saviez-vous que c'est cette région, cette petite province du Royaume de France qui va fournir le plus grand nombre d'émigrants vers la Nouvelle-France au XVIIe siècle ?

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 Église Saint-Aubin de Tourouvre (Orne)

Ils ont quitté leur Normandie natale, leur beau pays de l'Orne et sont partis de Randonnai ou de Mortagne, mais surtout du bourg de Tourouvre, qui va se trouver la plus dépeuplé. Pour le géographe français Elisée Reclus (1830-1905), c'est ici « le lieu d'Europe qui a contribué, pour la plus grande part, au peuplement du Nouveau Monde ».

Le mouvement d'émigration percheronne, c'est pas moins de 200 personnes dont 89 de Tourouvre qui vont s'expatrier vers le Canada. Chaque chef de famille, après avoir signé un contrat pour trois ans, a reçu en échange une petite somme d'argent et une paire de souliers neufs. Flanqués de leur maigre paquetage, les Gagnon, Mercier, Tremblay vont embarquer à Dieppe ou à La Rochelle, persuadés qu'ils vivront moins chichement sur les rives du Nouveau Monde que dans leur campagne normande.

Les Normands sont courageux et durs à la tâche. Défricher la terre, la cultiver ne leur fait pas peur. Alors, ils partent nombreux pour aller remplir avec ferveur leur mission et peupler ce pays tout neuf.

Aujourd’hui, les Gagnon de Tourouvre revendiquent 50 000 descendants au Québec, les Rivard 10 000 et les Tremblay de Randonnai, qui comptent parmi leurs descendants la chanteuse Fabienne Thibeault, auraient été les plus prolifiques avec 80 000 cousins et cousines canadiens.

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A l'intérieur de l'église Saint-Aubin de Tourouvre, deux vitraux et plusieurs plaques rappellent l'émigration tourouvraine au Canada. Sur l'une d'elle, entre autres noms, on peut lire celui de Jean Guyon, embarqué à Dieppe en mars 1634 et ancêtre de la chanteuse Céline Dion et de Julien Mercier dont l'arrière-petit-fils, Honoré Mercier (1840-1894) deviendra Premier ministre de la Province du Québec (1887-1891).

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Acte de baptême de Jean Guyon daté du 18 septembre 1592
registre paroissial de Tourouvre

 
Biblio. « Fier d'être Normand » de C.Lablancherie – Ed. Ouest-France 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur ce thème et au site http://www.perche-quebec.com.

16/02/2014

La mère Nique de Tourouvre…

A Tourouvre, une commune normande du département de l’Orne située près de l’Aigle, règne depuis la nuit des temps une horrible sorcière armée d’un bâton ! Elle est chargée de punir les enfants désobéissants lesquels n’ont de cesse de se réunir pour la chasser… Elle s’appelle « La mère Nique » !

Cette croyance semble être un reste des superstitions du nord. En effet, chez les peuples septentrionaux, les déesses des eaux se nommaient "Nyk", "Nök", "Näcken",… et tout comme la mère Nique de Tourouvre, elles étaient malfaisantes…

 

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Le terme normand « nique » n’a ici pas la moindre connotation vulgaire ! Ce mot ne nous aurait d’ailleurs pas été directement transmis de l’ancien scandinave par nos ancêtres vikings, mais serait plutôt issu d’un étymon germanique, "nicchus", désignant une sorte de génie des eaux qui prenait parfois l’aspect d’un cheval...

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Dictionnaire de Trévoux

Le dictionnaire de Trevoux, cet ouvrage historique synthétisant les dictionnaires français du XVIIe siècle, rédigé sous la direction des Jésuites entre 1704 et 1771, donne au mot « nique » cette définition : « Moquerie, mépris qu’on fait de quelqu’un par quelque geste qui en donne témoignage, et particulièrement en haussant ou secouant le menton. (…) « Ce libertin fait la nique à tous ceux qui lui veulent faire des remontrances ». (…) Il se dit aussi des choses pour marquer le mépris qu’on a pour elles : « Faire la nique aux richesses ».

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Quant au « niquet », il s’agit d’une vieille monnaie qui valait deux tournois. Fabriquée sous le règne du roi Charles VI (1368-1422), elle est à l’origine de l’expression « Je n’en donnerais pas un niquet » qui se dit en parlant d’une chose que l’on méprise…

 

Biblio. « Mythes et légendes scandinaves en Normandie » de P. Lajoye – Orep Ed. 2011 et « Histoire des antiquités de la ville de l’Aigle et de ses environs » de J-F Gabriel Vaugeois.