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29/07/2018

La signature de nos ancêtres

Tous les généalogistes vous le diront : découvrir au bas des actes l'écriture d'un aïeul est toujours un moment chargé d'émotion. Cette signature, c'est aussi un formidable outil grâce auquel on va tenter de mieux cerner la personnalité de son auteur.

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Seing manuel de Jean de Fonte, notaire d'Albi (XVIe siècle) - Archives départementales du Tarn

Difficile à croire mais les premières signatures ne sont apparues qu'au Moyen-âge, vers l'an 1250 ! En l'an 451, au Concile de Chalcédoine, la plupart des évêques sont incapables d'écrire leur nom ! Et quelques siècles plus tard, le roi de France Philippe Ier (1052-1108) comme Guillaume le Conquérant (1027-1087) sont toujours illettrés ! En fait, jusqu'au XIIIe siècle, peu importe car, pour valider un document, on se contente d'y apposer son "seing", mot issu du latin "signum", l'empreinte de son cachet ou anneau à signer.

Les premières "vraies" signatures, au sens actuel, datent donc du XIIIe siècle. Et ce sont les notaires qui les introduisent en adoptant pour leurs écritures courantes un "signum nominis", appelé aussi "petit seing" ou "seing du nom", formé des lettres de leur nom écrit en cursives avec quelques traits de plume.

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Grands seings et petits seings de notaires de 1297 à 1400

A la fin du XIVe siècle, le roi Jean Le Bon (1319-1364) sera le premier roi à signer lui-même de son nom ses lettres closes par un seau. C'est parallèlement l'époque où les noms propres se fixent en France. En 1554, l'ordonnance de Fontainebleau du roi Henri II (1519-1559) demande aux notaires de faire signer les parties contractantes "s'ils scavent signer". Plus d'un siècle plus tard, en 1667, le Code Louis précisera les modalités de la présence des signatures dans les actes des registres paroissiaux. A partir de là, la signature n'est plus seulement un signe de validation mais devient un signe de l'identité individuelle, une marque d'écriture personnelle qui permet à chaque individu de se distinguer des autres par l"inscription de son nom propre. Une marque ! Car la majorité de nos ancêtres ne savent ni lire, ni écrire.

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Croix, signes ou marques

Bien sûr, le bourgeois écrit son nom, l'homme de loi enveloppe sa signature avec des replis de paraphes compliqués et le gentilhomme se singularise en employant des lettres d'un demi-pouce. Pour se distinguer, l'artisan prend l'habitude de dessiner plus ou moins maladroitement un objet de son environnement professionnel. Le choix de l'outil est quasiment toujours identique : au boulanger, la pelle du four, au charpentier, une hache, au maréchal-ferrant, des pinces, au marin, une ancre ou un navire, au tailleur des ciseaux, etc...

Quant au paysan, il trace une croix, plus ou moins régulière, un signe connu et facile à reproduire mais aussi et surtout, un symbole religieux suffisamment fort pourtant pour s'apparenter à un serment. Tracer une croix, c'est ni plus ni moins prendre Dieu à témoin. Malheur donc à qui se parjurerait !

A suivre...

 

Biblio. "Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

"La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

"Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.