Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/05/2012

Avec des pommes normandes...

Il n’est pas de Normandie… mais du Limousin.

Il est issu de la « Fognarda », pâtisserie très ancienne de Limoges et de ses environs.

Il se prépare traditionnellement avec de grosses cerises noires.

Mais on peut remplacer celles-ci par de belles pommes normandes ! 

POmmes.jpg

Avez-vous trouvé le nom de cette pâtisserie que réussissait si bien mon grand père Henri Julien ?

Bien sûr, il s'agit du clafoutis !

Et pour ne pas faire attendre les gourmands aux babines alléchées, en voici la recette, façon tradition normande*.

Pour 6 à 8 personnes, il vous faut 500 g de pommes, 4 cuil. à soupe de farine, 2 cuil. à soupe de sucre, 3 œufs, 2 paquets de sucre vanillé, ½ paquet de levure chimique, 80 g de beurre, 1 pincée de sel.

Dans une terrine, mélanger farine, sucre, jaunes d’œufs, levure et sel, puis ajouter le beurre fondu.

Eplucher les pommes, les couper en tranches fines. Battre les blancs d’œuf en neige très ferme, les incorporer à la pâte ainsi que les pommes.

Verser le tout dans un moule à manqué bien beurré.

Saupoudrer la surface d’une bonne couche de sucre qui va faire une croûte appétissante à la cuisson.

Enfourner 20 minutes environ à four moyen. 

clafoutis_pommes.jpg

A déguster tiède ou froid.

Bon appétit !

  

Recette extraite de « Mes recettes normandes » de A. Prével – C. Bonneton Ed. 2005

Photo : merci au site www.ilaca.org

11/07/2010

Le Cidre Normand

« La nature est prévoyante : elle a fait pousser la pomme en Normandie

 sachant que c'est la région où l'on boit le plus de cidre. »

Henri Monnier(1799-1877, dramaturge, caricaturiste et acteur français.

 

L’origine du cidre en Normandie a toujours fait de nombreuses controverses. Il semble que nos ancêtres les Gaulois, dès le début de l’ère chrétienne, faisaient déjà leur ordinaire d’une boisson fermentée que les Romains appelèrent plus tard « sicera ». Mais voilà, les envahisseurs de la Gaule vont apporter dans leurs bagages la vigne, qui va un peu partout remplacer le pommier. Partout ? Non, deux régions vont faire de la résistance : la Bretagne et bien entendu la Normandie dont le climat n’était guère favorable à la production d’un vin de qualité.

cidre.jpg

Durant longtemps, vignes et pommiers vont donc cohabiter sur notre terroir au cours des siècles. Pendant tout le Moyen-âge et jusqu’au XVe siècle, nombre de documents attestent que le peuple normand buvait principalement de la cervoise, sorte de bière fabriquée avec des céréales, qu’ils remplaçaient, les repas de fête, par de l’hydromel.  Les familles plus aisées buvaient le vin des vignobles normands, de qualité plutôt médiocre, on s’en doute, et réservaient aux grands jours celui des vignobles d’Anjou ou de Bourgogne. A cette époque, le cidre avait si mauvaise réputation qu’on soupçonnait celui qui en offrait  de vouloir vous empoisonner ! Fabriqué principalement par les moines de Basse-Normandie, seuls les saints en buvaient, peut-être par esprit de pénitence ou parce qu’ils avaient lu Saint-Jérôme (340-420) qui fut le premier à parler du cidre en disant qu’il nous venait des Hébreux.

pommiers.jpg

Vergers normands

 

Le grand développement de la culture des pommiers commence réellement à partir du XVe siècle avec l’amélioration des semis et des greffes. Dès cette époque, le cidre est chanté par Olivier Basselin (1403-1470), poète normand habitant près du mont de Vaux à Vire, qui intitula ses chansons naïves consacrées à la gloire du cidre « Vaux de Vires », ce qui a donné avec le temps « Vaudeville » :

«  De nous se rit le françois – Mais vraiment quoi qu’on en die – Le cidre de Normandie – Vaut bien son vin, quelquefois ! »

Quant au sieur Gilles de Gouberville (1521-1578), gentilhomme normand, agronome à ses heures et amoureux de la pomme, qui œuvra beaucoup pour l’amélioration des vergers normands, il mentionne dans son journal du 28 mars 1553, et pour la première fois, la pratique de distiller du cidre en vue d’obtenir une eau-de-vie, notre Calvados d’aujourd’hui.

signature.gif

Signature de Gilles de Gouberville

Autre témoignage, celui de Julien Le Paulmier (1520-1588), médecin originaire du Cotentin, au nom prédestiné, lequel, dans son « Traité du vin et du sidre », citait, parmi les meilleures espèces de pommes à cidre, la Pomme de Suie de Bricquebec ou celle de Marin-Onfroy à Saint-Laurent sur Mer.

C’est ainsi qu’un siècle plus tard, le cidre est devenu la boisson de tous les normands. Quant aux vignes, elles sont progressivement arrachées pour favoriser les cultures céréalières.

La Normandie est dès lors la première région cidricole de France !

Au XIXe siècle, la consommation moyenne était de 60 litres de cidre par normand et par an !

La Grande Guerre de 1914-1918 va stopper net ce bel élan : l’alcool de cidre servant à fabriquer des carburants et des explosifs… Quant aux poilus, ils prirent l’habitude du vin rouge, plus fort que le cidre… Ce qui réduisit la consommation annuelle à 2 litres par personne.

cidre2.jpg

Et pour finir, comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette des Coquilles Saint-Jacques au cidre*

Pour 4 personnes, prévoir 12 coquilles, ¼ de litre de cidre sec, 150g de crème fraîche, 50g de beurre, 2 échalotes, ½ cuiller à café de fécule, sel-poivre et citron.

« Faire ouvrir les coquilles en les posant sur la plaque du fourneau. Détacher la noix, le corail ; laver à grande eau ; essuyer, éponger. Prendre une sauteuse, y faire fondre le beurre ; ajouter les échalotes hachées ; faire suer une minute en remuant à la spatule. Mouiller avec le cidre. Ajouter les coquilles, sel, poivre. Laisser cuire doucement ; pour arriver à l’ébullition laisser cuire 8 minutes ; puis égoutter le cidre dans une petite casserole. Le faire réduire de moitié ; délayer la fécule avec la crème en remuant au fouet ; ajouter au cidre. Donner un bouillon ; ajouter les coquilles. Arroser d’un jus de citron. »

Bon appétit !

COQUILLES.jpg

* extraite du « Grand livre de la cuisine normande » de R. Compas – Edition Delarge  Paris – 1976.