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25/10/2015

Le « Petit-Journal », un grand quotidien français

25 octobre 1914 : pour la première fois de son histoire, le « Petit Journal », quotidien français fondé à grands renforts de publicité le 1er février 1863 par Moïse Millaud (1813-1871), journaliste, banquier et entrepreneur de presse, paraît sur quatre pages avec une « une » en couleur. C'est à l'époque, l'un des quatre grands quotidiens français avec « Le Petit Parisien », « Le Matin » et « Le Journal ».

 

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 Moïse Millaud (1813-1871)

Son succès est lié à l'invention d'Hyppolyte Marinori (1823-1904) qui prendra la direction du journal en 1882. Quelques années plus tôt, en 1866, cet italien d'origine a mis au point « l'impression en rotative ». L'innovation permet d'abaisser le coût de vente du journal et de le proposer à seulement 1 sou, soit 5 centimes, alors que ses concurrents le vendent trois fois plus cher.

Dès sa parution, le « Petit-Journal » table tout sur le sensationnel et les faits-divers car, ayant choisi de ne pas s'acquitter du timbre (5 centimes par numéro), il n'est pas autorisé à traiter de politique. Vendu en soirée par des crieurs à la sortie des usines et des ateliers, il devient très vite le journal des milieux populaires, pas seulement de la capitale mais aussi des petites villes et des campagnes : 80% de son tirage est expédié en province.

Avec les années, le « Petit-Journal » évolue et son succès ne se dément pas. A partir de 1870, comme le timbre est supprimé, il va s'intéresser aux affaires publiques et diffuser des informations aussi bien nationales qu'internationales. Le 15 juin 1884 sort son « Supplément Illustré » : hebdomadaire dont la une et la dernière page sont, dès 1890, imprimées en couleurs.

 

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En 1891, son rédacteur en chef, nommé le 1er octobre 1887, le normand Pierre Giffard (1853-1922), crée l’événement avec l'organisation de la course cycliste « Paris-Brest-Paris ». Le 22 juillet 1894, il récidive en instaurant ce qui restera comme la première compétition automobile de l'histoire, « le Paris-Rouen » que remporte le comte Jules Albert de Dion sur sa De Dion-Bouton.

 

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Quatre ans plus tard, le « Petit Journal » est à son apogée. Son déclin s'amorcera au début du XXe siècle. Le 1er août 1937 paraît le dernier numéro de « l'Illustré du Petit-Journal » avant qu'il ne disparaisse complètement en 1944.

 

Biblio : « Le Petit Journal » de R. Delcourt – Votre Généalogie n°63 – 2014.

22/07/2015

Paris-Rouen, le premier concours de voitures sans chevaux

Le saviez-vous, notre belle ville de Rouen accueillit le dimanche 22 juillet 1894 les concurrents de la première épreuve de l’histoire de l’automobile !

Organisé à l’initiative d’un normand, Pierre Giffard (1853-1922), journaliste au Petit-Journal, principal quotidien français de l'époque, ce premier « concours de voitures sans chevaux », doté d’un prix de 10 000 francs, propose aux premiers tacots « sans danger, aisément maniables pour les voyageurs et ne coûtant pas trop cher sur la route » de rallier sur une journée Paris à Rouen, soit un parcours de 126 km sur des voies plus ou moins carrossables…  

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Le premier concours de voitures sans chevaux - Paris-Rouen - 1894 

 

L’automobile est née dans les années 1880. Plusieurs modes de traction s’affrontent alors : vapeur, essence, électricité. L’enjeu de cette course d’endurance est à la fois technique et commercial.  Y participer confère au pilote comme au constructeur un indéniable prestige

Pour être autorisés à concourir, les 102 engagés, au volant de prototypes plus ou moins aboutis et faisant appel aux énergies motrices les plus disparates, des voitures actionnées " par gravité " et notamment par le " poids des passagers " mais aussi des voitures " hydrauliques ", des voitures à air comprimé ou équipées de  systèmes à leviers, automatique, pendulaire, à pédales, des systèmes électriques ou semi–électriques ou encore à gaz haute pression, etc., doivent au préalable effectuer un parcours de sélection de 50 km en moins de 3 heures. Seulement 21 concurrents, majoritairement des français, 7 en voitures à vapeur et 14 à pétrole, vont y parvenir et prendront le départ. Parmi eux,  se trouve les grands noms de l’automobile : De Dion-Bouton, Panhard, Peugeot, Benz, etc… 

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Traversée de Mantes par les concurrents du premier Paris-Rouen automobile

Le programme prévoit un départ de Paris, Porte Maillot à 8 heures, « une pause déjeuner » d’une heure trente à Mantes, afin de laisser refroidir les machines, et une arrivée à Rouen en fin d’après-midi.  Le Comte Jules-Albert de Dion (1856-1946) prend immédiatement la tête de la course à bord de son tracteur à vapeur remorquant une lourde calèche. Bien que suivi par les Peugeot et Panhard-Levassor, il franchira la ligne d’arrivée en premier, applaudit par une foule enthousiaste, après un voyage de 6h et 48 minutes.  

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Arrivée à Rouen du Comte De Dion au volant de son tracteur à vapeur remorquant une calèche

Toutefois, le jury jugeant son véhicule peu maniable et surtout très dangereux, ne le classera pas officiellement. La victoire sera attribuée à Albert Lemaître, arrivé deuxième, au volant de sa Peugeot.

 

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 Albert Lemaître, le vainqueur, au volant de sa Peugeot.

 

 

Biblio. Merci au site http://www.cc-organisation.com et aux pages wikipédia sur le sujet.