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19/04/2020

Quand l'habit ne fait pas le moine, ni la particule le noble

Car non, mille fois non : la particule n'est pas systématiquement synonyme de noblesse. De nombreuses familles nobles n'en portent pas et de nombreuses familles non nobles en ont une. Parmi celles-ci, on peut citer la famille de Gaulle, une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie française originaire de Châlons-en-Champagne.

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Charles de Gaulle (1890-1970)

Jusque vers la fin du XIXe siècle et la mise en place des livrets de famille, les patronymes n'ont pas d'orthographe. Au fil du temps, l'écriture des noms va varier. Des habitudes vont être prises, Ainsi, si, par exemple, une famille La Place réussi à acquérir une terre à Manneville, elle va ajouter ce nom à son patronyme, s'appelant dès lors "La Place de Manneville". Un simple "signe extérieur de richesse"qui va engendrer cette "particule de courtoisie", utilisée autrefois à foison par les curés envers leurs paroissiens les plus influents, faisant de Jacques Dupré, Jacques de Dupré.

Nombre de familles avec un patronyme composé d'un nom de terre n'ont jamais été anoblies et, pour certaines, n'ont jamais ni prétendu, ni revendiqué de l'être. C'est le cas de la famille de Dominique de Villepin, une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie française, originaire de Bourgogne, puis établie en Lorraine.

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Château d'Estaing (Aveyron)

D'autres familles de "fausse noblesse ont "aménagé" ou "rallongé" leur patronyme au cours des XIXe ou XXe siècle. C'est le cas des Giscard, devenus Giscard d'Estaing en 1922. Sa famille, une famille de la bourgeoisie est originaire de Lozère.

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Jacques et Bernadette Chirac née Chodon de Courcel

Enfin, même doté d'une particule, depuis la Révolution française, et la suppression de la Noblesse décidée le 23 juin 1790, on ne peut se qualifier de noble mais seulement de descendant de noble. Encore faut-il, pour être considéré comme issu de la noblesse, descendre "en ligne directe" d'une famille autrefois anoblie et non grâce à une branche collatérale. Pour exemple, Alphonse Chodron de Courcel a été anobli en 1867 par Napoléon III. Madame Chirac, née Chodron de Courcel, descendante d'un frère de l'anobli, ne saurait se dire noble.

 

 

A suivre

Biblio. "Généalogie facile - réaliser son arbre" - Hachette Collections, 2008 - "Larousse de la Généalogie" 2002 -"Revue française de Généalogie" n° 163 - Avril-Mai 2006 - "Votre généalogie" n° 76, 77, 78 - 2017 - "Gé-Magazine" n° 218.

03/11/2019

Une noblesse liée à "l'être" et non "l'avoir"

Il faisait bon être noble sous l'Ancien Régime, avant la Révolution française ! Au-delà de la considération et du prestige, cette qualité permettait de jouir de considérables privilèges. A ceux purement honorifiques, comme être présenté au roi, le servir, porter l'épée au côté, arborer des armoiries timbrées, utiliser un titre ou placer une particule devant son nom de terre,... s'ajoutaient des privilèges fiscaux non négligeables comme l'exonération de certains impôts, dont le principal, la taille. Les nobles bénéficiaient en outre de carrières privilégiées. Du fait de leur statut et non de leurs compétences, les postes de commandement les plus prestigieux, notamment dans l'armée, et les plus rémunérateurs bien sûr, leur étaient réservés.

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Caricature anonyme des trois ordres en1789

Cette position sociale, issue de traditions ancestrales, était bien entendu très enviée et très convoitée. Pour autant, n'est pas noble qui veux. Dans la majorité des cas, on héritait de ce statut. Être issu légitimement d'un père noble pour l'être soi-même. Cependant, seuls les fils transmettait la noblesse : les femmes nées nobles le restaient sans avoir pour autant la possibilité de léguer celle-ci à leurs descendants.

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Disposition en « statue équestre » d'un chevalier, sa monture cabrée

On pouvait aussi acheter sa noblesse. Ainsi, un roturier, souvent un proche du roi, pouvait être anobli, moyennant finances, par lettres patentes royales enregistrées au Parlement et à la Cour des aides. Cet anoblissement valait non seulement pour son bénéficiaire, mais aussi pour sa descendance masculine légitime.

L'anoblissement pouvait également découler de l'achat d'une charge ou d'un office. Les grands officiers de la Couronne, comme le Chancelier ou le Garde des Sceaux, recevaient immédiatement la noblesse s'ils ne la possèdent déjà. Les charges de Conseiller, Notaire, Secrétaire, etc., la fameuse "savonnette à vilain", nom donné au procédé de passage de la roture à la noblesse permettant à un parvenu ou à un bourgeois de faire oublier ses origines non nobles, octroyait une noblesse qui ne devenait héréditaire qu'après vingt ans d'exercice de la fonction. L'occupation de fonctions municipales dans les grandes villes du royaume telles que maire, prévôt des marchands, échevin, etc. conférait également la noblesse, une noblesse dite "de cloche".

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Le premier anoblissement royal connu date de 1271. A partir du règne du roi Henri IV (1553-1610), les Bourbons vont en faire un véritable commerce.

Enfin, au début du Moyen-âge, la tierce-foi ou l'acquisition d'un fief noble était un moyen efficace pour de riches bourgeois ou marchands de devenir noble. Il convenait alors d'en jouir noblement et d'en rendre hommage par trois fois (d'où le nom de tierce-foi), c'est-à-dire pendant 3 générations successives. Ce mode d'accession à la noblesse va prendre fin en 1579 par l'Ordonnance de Blois promulguée par le roi Henri III (1551-1589) qui précise que "les roturiers et non nobles, achetant fiefs nobles, ne seront pour ce anoblis", la noblesse étant liée à "l'être" et non "l'avoir".

 

A suivre...

 

Biblio. "Généalogie facile - réaliser son arbre" - Hachette Collections, 2008 - "Larousse de la Généalogie" 2002 -"Revue française de Généalogie" n° 163 - Avril-Mai 2006 - "Votre généalogie" - n° 76, 77, 78 - 2017 - "Gé-Magazine" n° 218.