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23/03/2016

Pléville Le Pelley , un rebelle granvillais à la jambe de bois

Un jambe qui ne l'a aucunement empêché de devenir Ministre de la Marine et des Colonies ! Nous sommes le 15 juillet 1797. Le Directoire vient de récompenser l'ardeur d'un homme d'exception, honnête et désintéressé, un grand marin, un corsaire de premier ordre, un brave de soixante-et-onze ans qui n'a jamais faibli !

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Georges-René Le Pelley de Pléville - Portrait réalisé à Versailles en 1786

 

Mais reprenons l'histoire à son début. Georges-René Le Pelley de Pléville, dit « le Corsaire à la jambe de bois », puis, après la Révolution "Pléville Le Pelley", est né à Granville (Manche) le 18 juin 1726. Il est l'héritier d'une très ancienne famille de la bourgeoisie granvillaise qui a jadis fait fortune dans les armements maritimes.

Malgré des études classiques qui auraient dû le mener dans les ordres, le jeune homme choisit la navigation. A 13 ans, il embarque pour la pêche à la morue sur "le Comte-de-Thorigny", un navire armé par des parents. Des conditions de vie particulièrement rudes ne vont en rien le décourager, loin de là.... Il continue de naviguer, part au Canada puis aux Antilles et, après des études de mathématiques et d'hydrographie, devient officier corsaire.

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En juin 1744, à seulement 18 ans, il est premier lieutenant sur la "Françoise-du-Lac". Près d'Ouessant, ce corsaire granvillais de 30 tonneaux, 6 canons et 60 hommes d'équipage ne peut éviter un combat inégal contre 2 navires ennemis mieux armés. Touché par un boulet ramé qui lui coupe la jambe droite, on emploie la scie, l'opération est cruelle. Fait prisonnier de guerre, il réussit malgré tout à s'évader et retourne au combat.

En 1758, il s'engage dans la Marine Royale. Capitaine de port à Fort-Royal (Martinique) en 1763, puis à Marseille en 1766, il quitte ses fonctions en 1778 et repart combattre pour l'indépendance américaine aux côtés de l'amiral d'Estaing. Il en revient avec dans la tête des aspirations de liberté... qui lui font accueillir la Révolution avec enthousiasme.

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Statue de Pléville Le Pelley à Granville

 

Ministre, il démissionne de son poste le 27 avril 1798. Promu vice-amiral, il reprend le commandement des ports de la République dans la mer Adriatique.

Georges-René Pléville Le Pelley meurt à Paris le 2 octobre 1805. Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de l'ordre de Cincinnatus, Napoléon avait fait de lui un des premiers Sénateurs et grands officiers de la Légion d'honneur.

 

Biblio. "Illustres Normands" 2ème édition - HS Ouest-France.