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30/08/2015

Le grand coucher du Soleil

C'était il y a trois siècles  ! Le dimanche 1er septembre 1715. Au premier étage du château de Versailles, alors que la pendule de la chambre du roi qui donne sur la cour de Marbre indique huit heures vingt-trois, le Soleil s'éteint après une longue agonie, victime des assauts de la maladie. Celui qui règne depuis quelque soixante douze années sur le royaume de France aurait fêté quatre jours plus tard son 77ème anniversaire.

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Depuis plus d'un an, l'affaiblissement du vieux monarque est manifeste. Aux premiers jours d’août, le rideau se lève sur le dernier acte de sa vie. De retour à Versailles, outre de fortes douleurs au ventre, il se plaint aussi «d'élancements dans les jambes ». Lui qui abhorre les saignées, en réclame une à son premier médecin, Guy Crescent Fagon (1638-1718), un protégé de Madame de Maintenon (1635-1719). Le praticien diagnostique une simple sciatique et prescrit une purge. Le 13 août, l'effort surhumain que le souverain doit fournir pour accorder son audience de congé à l'ambassadeur de la Perse et présider le Conseil des finances est tel qu'il se fait porter dans un fauteuil. Deux jours plus tard, son état empirant, il s'alite. Fiévreux, en sueur, ses douleurs semblent devenues insupportables. Le 21 août, quatre médecins de Paris sont appelés en renfort par Fagon. Aucun d'eux ne s'inquiète outre mesure. Ils conseillent des bains à Bourbon-l'Archambault. Deux cents chevaux sont immédiatement réquisitionnés. Mais le roi souffre tant qu'il se juge lui-même intransportable. Fagon, en qui le monarque a toute confiance, lui fait alors prendre des boissons à base de quinquina et de lait de chèvre destinées à le calmer. 

Le 19, Georges Mareschal (1658-1736), premier chirurgien du roi, remarque une noirceur au pied royal et en fait part à Fagon. Ce dernier s'entête et fait frotter la jambe malade et particulièrement douloureuse avec des linges chauds. En vain. On essaie ensuite, sans plus de résultat, des bains d'herbes aromatiques, mêlées de vin de Bourgogne chaud. Le 24 août, le roi est au plus mal et réclame la confession. Le 26, il convoque dans sa chambre tous ceux à qui il tient à faire ses adieux dont le futur Louis XV, son arrière-petit-fils de 5 ans. C'est par la célèbre formule : « Je m'en vais, mais l’État demeurera toujours » qu'il conclut sa journée.

Le lendemain, les médecins constatent que de larges marques noires ont envahi toute la jambe royale jusqu'au genou. Celle-ci dégage une odeur pestilentielle. Les premières incisions superficielles effectuées à l'aide d'une lancette ne provoquant aucune réaction du malade, le diagnostic est sans appel : c'est la gangrène et le roi est perdu. L'ayant compris, le malade dit alors à son chirurgien: « Coupez sans crainte. N'avez-vous pas là des rasoirs ? Coupez et ne craignez rien. » Mais personne n'ose prendre le risque d'amputer. «  Ma plus grande peine, dira t'il, est de voir que les médecins ni les chirurgiens n'ont pu encore trouver le moyen de me soulager un seul jour ! »

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 L’Almanach royal - Exemplaire de la BnF.

 Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, le plus grand souverain du monde prononce ses toutes dernières paroles : « Faites-moi miséricorde, ô mon Dieu, venez à mon aide, hâtez-vous de me secourir. »

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Autopsiée, embaumée, puis exposée sur un lit funèbre dans le Grand Appartement de Versailles, les grandes funérailles de la dépouille royale seront célébrées le 29 octobre 1715 à Saint-Denis. Le 17 décembre à la Sainte-Chapelle, Jean-Baptiste Massillon (1643-1742) prononcera la célèbre oraison funèbre qui commence par ces mots : « Dieu seul est grand, mes frères... » Si la mort du Roi-Soleil est saluée comme celle d'un saint et d'un héros par la cour et par l’Église, une bonne partie du peuple, écrasé d'impôts et de souffrances dues aux guerres et aux aléas climatiques de la fin du règne, s'en réjouit.

 

Biblio. « Le grand bêtisier de l'Histoire de France » d'A. Dag'Naud – Larousse 2012, « De quoi sont-ils vraiment morts » de J. Deblauwe – Pygmalion 2013, « Le grand coucher du soleil » de J-C Petitfils – Le Figaro-Histoire, 2014, « Dieu seul est grand » d'A. Maral – Histoire-Point de vue n°24 – 2015, « La mort de Louis XIV » de J. Chevé – Historia n°825 – Septembre 2015.

10/08/2014

10 aout 1678, la fin de la guerre de Hollande

10 août 1678 : le traité de Mimègue met fin à la guerre de Hollande, six ans d'un conflit particulièrement meurtrier.

Tout débute en 1872 : le jeune roi Louis XIV (1638-1715), tout juste âgé de 34 ans, désire agrandir son territoire en s'emparant notamment de ceux des espagnols se trouvant à la frontière française, comme les Pays-Bas. Les Hollandais sont à cette époque de redoutables concurrents pour les marchands et fabricants de sa majesté, et ce malgré des tarifs douaniers français très protectionnistes institués par le grand Colbert (1619-1683) qui pensait que « si le roi assujettissait toutes les provinces unies des Pays-Bas, leur commerce devenant le commerce des sujets de Sa Majesté, il n'y aurait rien à désirer davantage» et le roi serait le plus heureux et le plus riche des monarques ! Ce raisonnement simpliste et flatteur ne pouvait que séduire l'orgueilleux souverain qu'était Louis XIV !

 

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Le 6 avril 1672, le roi de France déclare donc la guerre à la Hollande. Ses 120 000 hommes sur le front ne devaient faire qu'une bouchée de ce pays « de marchands de fromage »  ! Mais, contre toute attente, les protestants Hollandais vont résister et tenir en échec le plus grand roi de la chrétienté qui n'obtiendra la victoire qu'au prix de violences indignes qui contribueront à accoler aux Français une image de cruauté et de sadisme et une réputation de voleurs.

 

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 Louis XIV devant Maastricht

 

Car en Hollande, les troupes françaises vont réquisitionner tout ce qu'ils peuvent et rançonner l'ensemble des habitants. Dès le moindre signe de rébellion, hommes, femmes et enfants sont décimés, noyés, brûlés, trucidés sans mesure ni retenue. A la tête des troupes, le maréchal de Luxembourg (1628-1695) écrit qu'il y eut « des millions de bestiaux morts ou noyés, une furieuse quantité de peuple qui mourut de faim ». Lui-même, devenu gouverneur, donnera l'ordre de « griller tous les habitants du village de Swammerdam ».

 

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Quand enfin le Traité de Nimègue est signé, la victoire est en demi-teinte pour Louis XIV. Bien sûr, à son retour à Paris, il est surnommé « Louis le Grand ». Néanmoins, malgré tous les morts et les milliers de soldats tués ou disparus, non seulement il n'a pas réussi à conquérir la Hollande qui a conservé l'intégralité de son territoire et a de plus obtenu la suppression des tarifs douaniers de Colbert, mais il a maintenant toute l'Europe unie contre lui !

Sans oublier que l'augmentation des impôts royaux indirects destinés à financer la guerre, comme la création de la taxe sur la consommation du tabac et l'utilisation du papier timbré servant à officialiser les affaires entre les particuliers, va provoquer en 1675 la révolte des Bonnets rouges en Bretagne.

 

Biblio. « Etonnantes Histoires de France et de Navarre » de D. Appriou – Larousse 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

18/11/2012

La lavallière de la jolie duchesse

Quand on pense « lavallière », on a en tête ce foulard large et souple, noué en large nœud papillon formant deux coques tombantes et deux rubans libres, que les femmes arboraient fièrement  dès la fin du XVIIIème siècle.

 

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L’une des premières à porter cette cravate fut Louise de La Vallière. Elle va, involontairement, donner son nom à cette fantaisie qu’elle porte au XVIIe siècle avec beaucoup de grâce.

Louise Françoise de La Baume le Blanc, duchesse de La Vallière, (1644-1710) est en 1661 une jeune femme blonde, aux yeux pétillants et au charme fou malgré une légère claudication, souvenir d’une chute de cheval. 

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 Louise Françoise de La Baume le Blanc, duchesse de La Vallière, (1644-1710)

 

Demoiselle d’honneur dans la Maison d’Henriette d’Angleterre (1644-1670), dite Madame, première épouse de Monsieur, frère du roi, sa rencontre avec le jeune roi Louis XIV (1638-1715) répond à une stratégie, celle dite du paravent. Le roi, qui est amoureux de Madame, doit donner le change en feignant de courtiser Louise afin que l’attention de la Cour ne se porte plus sur son idylle naissance avec sa belle-soeur. Mais c’était sans compter sur Cupidon : le roi tombe réellement amoureux de Louise. Il est conquis par ses talents d’écuyère et de Diane chasseresse, sa modestie, son goût pour la musique et le chant, sa façon de danser, mais aussi ses connaissances livresques et littéraires… Tout en elle lui plaît ! De son côté, la jeune femme aime sincèrement le fringant souverain de 23 ans. Ils vivent alors une très grande histoire d'amour et auront 4 enfants ensemble dont deux seront  légitimés.  

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 Le roi Louis XIV (1638-1715)

 

Alors, quand en 1667 le roi, après l’avoir élevée au rang de Duchesse de Vaujours, se détourne d’elle au profit de la Marquise de Montespan (1640-1707),  la discrète Louise est anéantie. Elle décide de quitter la cour où elle a passé 13 ans et de se faire religieuse. Devenue Louise de la Miséricorde, elle meurt le 6 juin 1670 et est inhumée dans le cimetière de son couvent parisien des Carmélites. Sa prieure écrivit "Elle a été l'un des plus parfaits modèles de pénitence que Dieu ait fait voir de nos jours."

Ce sont les artistes peintres qui, deux siècles plus tard, se mettant à porter eux aussi cet ornement vestimentaire, vont le qualifier du nom de la duchesse à qui il seyait si bien ! 

 

Photo : Merci au site http://www.alittlemarket.com/boutique/les_robes_d_antoinette-