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livre tournois

  • Monnaie de nos aïeux : la livre tournois

    A l'époque mérovingienne, soit du Ve au VIIIe siècle, les féodalités petites et grandes divisent le royaume. Si le roi possédait sa monnaie, l’Église, mais aussi les monastères et les prélats, tout comme les barons et les comtes, avaient la leur. Ainsi, plus de 800 villes battaient leur monnaie.

    Arrivés au pouvoir, les Carolingiens, qui régnèrent ensuite et jusqu'au Xe siècle, firent le ménage dans tout cela : ils restaurèrent l'autorité royale dans l'ordre civil et monétaire en instaurant une triple réforme : adoption du monométallisme-argent, renforcement des espèces et surtout centralisation de la frappe.

    Mais cela ne va pas durer : un demi-siècle plus tard, c'est l'anarchie monétaire qui s'installe. Charles le Chauve (823-877) autorise l'ouverture de manufactures monétaires un peu partout sur le territoire du royaume. L'église, qui bénéficiait déjà de privilèges en ce domaine, s'en accorde alors davantage (comme celui de modifier l'empreinte, le titre et le poids des pièces). Quant aux comtes et barons, ils en profitent pour y inscrire leur propre nom.

    Bien sûr, les carolingiens avaient bien légué le denier comme unité monétaire, mais quel denier exactement ? Il y en avait tant ! Denier tournois de Tours mais aussi denier breton, provençal, artésien, angevin, chartrain, flamand, lyonnais, mansois, nivernais...

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    Denier Tournois - Charlemagne (742-814)

    Au milieu de tout cela, la monnaie royale n'était plus qu'une parmi les autres. Limité au domaine royale de la région Ile-de-France, le denier royal devint denier parisis. Ce qui n'empêchait pas d'autres monnaies de concurrencer le parisis à l'intérieur même du domaine royal. Cependant, le seul à rivaliser avec le parisis fut le denier tournois : 100 livres tournois valant 80 livres parisis.

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    Denier tournois - Philippe IV le Bel (1268-1314)

    En 1203, après le rattachement de la Touraine au domaine royal par Philippe-Auguste (1165-1223) et la transformation de l'atelier de Tours en atelier royal, la livre tournois prend le pas sur la livre parisis et devient la monnaie officielle.

    En avril 1667, Louis XIV sonne l'hallali ! Par ordonnance, il est fait obligation de compter sur tout le royaume en livres, sous et deniers, sans distinction de système. Les anciennes valeurs parisis, temporairement admises, doivent désormais être réévaluées et converties en livres tournois.

     

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    Pour vous, amis généalogistes, cette grille ci-dessus, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "tournois" tel qu'on peut le trouver, avec ou sans abréviation, sur les actes officiels entre 1500 et 1669.

  • Monnaie de nos aïeux : la livre

    Au Moyen-âge, on "comptait" dans une monnaie et on "payait" dans une autre. La monnaie de compte, qui ne se confondait aucunement avec la monnaie de paiement, était une sorte de monnaie abstraite qui servait à définir le prix des denrées et à comptabiliser les recettes et les dépenses publiques ou privées. Durant toute la période de la monarchie capétienne (987-1328), jusqu'à la Révolution, cette pratique se maintint. Les unités de compte étaient la livre, le sou et le denier.

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    Livre-Tournois

    La livre, fondée par les romains sous le nom de "libra" et importée en Gaule par Jules César, correspond à environ 409 grammes d'argent et vaut 240 deniers. Chaque livre se divise en 20 sous, chaque sou étant lui-même divisé en 12 deniers.

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    Double-sol parisis

    La livre était donc définie par rapport à un poids de métal. Mais comme les poids et mesures n'étaient pas uniformes dans le royaume, le système de compte va se trouver alourdi par l'existence de livres différentes, de poids différents et donc de valeurs différentes. Le terme générique de livre fut donc rapidement flanqué d'un adjectif géographique indiquant l'unité de masse de référence. Deux livres surtout se sont imposées durant l'Ancien régime : la livre parisis (lp) et la livre tournois (lt). Ce n'est qu'en 1667 que la livre parisis sera définitivement supprimée et, à partir de 1720, toute ambigüité ayant disparu, la livre tournois peut se laisser appeler simplement la livre.

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    Pour vous, amis généalogistes, cette grille ci-dessus, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "livre" tel qu'on peut le trouver sur les actes officiels entre 1540 et 1679.

     

    A suivre...