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09/09/2015

Le nom de Jeanne

Comme chacun sait, Jeanne d'Arc, qui est venue mourir à Rouen, brûlée vive sur un bûcher, le 30 mai 1431, était originaire de Domrémy. Même si son âge exact nous est encore aujourd'hui inconnu, c'est bien dans ce petit village de Lorraine qu'elle serait née, vraisemblablement en 1412, dans la ferme familiale attenante à l'église. Fille d'un laboureur, la fratrie se composait de cinq enfants : Jeanne, Jacques, Catherine, Jean et Pierre. Jeanne était une fillette pieuse, illettrée et gaie qui grandit alors que la Guerre de Cent ans secouait la France.

 

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     1. L'église dans son orientation originale
    2. Le cimetière
    3. La maison de Jeanne
    4. La maison de Gérardin
    5 et 6. deux petites maisons
    7. le chemin menant à Vouthon, près du ruisseau des 3 fontaines.

Selon l'historienne Régine Pernoud (1909-1998), c'est seulement vers 1450, au cours du procès de réhabilitation que Jeanne reçut le nom « Darc ». Son père s'appelait plus probablement Jacques de Dart ou de Tard, voire Dar, Darc, Day, d'Ay, Tare, Tarc,... comme l'indiquent les divers textes originaux. Il faut se rappeler qu'à l'époque, il n'y avait pas d'orthographe fixée.

 

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Pour la médiéviste et paléographe française, une chose est certaine : elle ne s'appelait pas « d'Arc » ! Car jamais encore au XVe siècle l'apostrophe n'était indiquée. Ce nom « d'Arc » apparaît officiellement dans un sonnet anonyme, imprimé en 1576 à Orléans, qui célèbre la noblesse conférée par Charles VII (1403-1491) à la Pucelle et à sa famille et déclenche la redécouverte littéraire de ce personnage. Il aurait été plus exacte, pense-t'elle de l'appeler Jeanne de Romée, nom de sa mère Isabelle, puisque Jeanne déclare elle-même que les filles de son pays prenaient normalement le nom de leur mère.

 

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 Statue d'Isabelle Romée, mère de Jeanne à Donrémy

 

Biblio. « Les plus savoureuses histoires des Grands de France » de J-P. Rorive – Ed. La Boîte à Pandore- 2014.

 

18/04/2012

Ça s’est passé un 18 avril...

Le 18 avril 1909, dimanche de Quasimodo, à Saint-Pierre de Rome, Jeanne d’Arc, la guerrière lorraine venue mourir à Rouen en 1431, est béatifiée par le pape Pie X. 

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 Jeanne d’Arc (1429) – dessin de Clément de Fauqembergue,

Greffier du parlement de Paris de 1417-1435

 

Le processus de canonisation avait été initié en 1869 par Monseigneur Dupanloup (1802-1878), évêque d’Orléans. Le 8 mai de cette année là, le prélat libéral prononce au nom de l’Eglise un panégyrique où, pour la première fois, est évoquée la sainteté de la Pucelle.   

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 Monseigneur Dupanloup, évêque d’Orléans

 

Le dossier de canonisation sera accepté ¼ de siècle plus tard, le 27 janvier 1894 par Léon XIII, pape du ralliement de l’Eglise de France à la République, qui, en attribuant à la servante de Dieu le titre de Vénérable, aura eu cette parole « Jeanne est nôtre. »

Le procès qui s’ouvre en 1897 aboutira le 18 avril 1909 à la béatification de Jeanne. Ce jour-là, dans la ville de Rome, une foule énorme s’est rassemblée au pied de la Basilique Saint-Pierre. 30 000 français ont fait le déplacement et parmi eux les cardinaux, les archevêques et les évêques et de nombreux prêtres de France, les descendants de la famille de Jeanne, les représentants de la maison de France et des membres du Parlement. Sur la porte principale de l’édifice religieux flotte un portrait de Jeanne couvert d’un voile qui sera ôté dès la lecture du décret de béatification. 

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A 9h30, les cardinaux de la Congrégation des Rites prennent place dans l’abside. Monseigneur Touchet (1848-1926), évêque d’Orléans, célèbre l’office au maître-autel. Au cours de celui-ci, solennellement, devant sa sainteté, Monseigneur Pamici, en sa qualité de secrétaire de la Congrégation des Rites, fait lecture du décret approuvant la béatification de Jeanne d’Arc.  

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 Cérémonie de Canonisation de Jeanne d’Arc

 

C’est le 16 mai 1920 que se tiendra, en présence de l’ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, la cérémonie de canonisation. Devant l’assemblée, le pape Benoît XV, coiffé de sa mitre, prononce la solennelle sentence « Nous décrétons et définissons sainte et Nous inscrivons au catalogue des saints la bienheureuse Jeanne d’Arc, statuant que sa mémoire devra être célébrée tous les ans le 30 mai dans l’Eglise universelle. »

Son successeur, le pape Pie XI publiera le 2 mars 1922 un Bref adressé à la France dans lequel il proclame « Sainte Jeanne d’Arc seconde patronne de France ».

 

  

Merci aux sites www.stejeannedarc.net et cpascans.canalblog.com et aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

04/04/2012

Présumée coupable : le procès de Jeanne

Le procès de Jeanne d’Arc incarne, dans chacune de ses minutes, le modèle de l’iniquité judiciaire. Il s’ouvre à Rouen le 9 février 1431 dans la forteresse de la ville. Accusée d’hérésie et de sorcellerie, la jeune fille est introduite devant un tribunal réuni par Pierre Cauchon (1371-1442), ex-recteur de l’Université de Paris, nommé à l’Evêché de Beauvais sur l’intervention du Duc de Bourgogne, après la négociation du Traité de Troyes de 1420.

 

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Jeanne d’Arc malade – Paul Delaroche (1797-1856)

 

A ses côtés, pour l’assister, six universitaires parisiens. Dans ce procès à charge, l’accusée n’a droit à aucun défenseur. Les débats sont conduits par Cauchon, homme habile et sûr de lui. Pourtant, face à ses questions ambiguës, les réponses de Jeanne sont désarmantes : la clarté, la simplicité de sa foi ont raison des pièges infâmes qu’il lui tend.

Finalement, malgré de nombreux interrogatoires, Cauchon se trouve réduit à n’opposer qu’un seul véritable reproche à la jeune fille qui lui tient tête : l’habit d’homme qu’elle porte et qui est considéré comme un signe d’insoumission à l’Eglise.

 

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Le 24 mai 1431, la prisonnière est amenée au cimetière de Saint-Ouen pour y abjurer publiquement ses fautes. Pour la faire plier, une véritable mise en scène l’y attend avec tribunal et bûcher. Contre la promesse de reprendre l’habit de son sexe, elle échappera à la condamnation à mort !

Alors, à bout de force, malade, visiblement déstabilisée, Jeanne signe d’une croix le document où il est expressément écrit qu’elle renonce à sa tenue masculine.

C’est fini : Cauchon sait qu’il a gagné. En renvoyant Jeanne en prison anglaise, il est persuadé qu’elle sera amenée à renier sa parole, à reprendre ses habits d’homme, les seuls qui peuvent la protéger efficacement des agressions et privautés de ses gardiens, les seuls qui peuvent sauver sa vertu, d’autant que dans sa geôle, elle est enchaînée.

Le 28 mai, Cauchon ouvre le procès de « relapse » c’est-à-dire « de celui ou celle retombée dans ses mêmes erreurs ».

Interrogée par ses juges sur cette nouvelle désobéissance, elle s’exclame : « Dieu m’a mandé par saintes Catherine et Marguerite grande pitié de cette forte trahison à laquelle j’ai consenti (prendre habit de femme), en faisant abjuration et révocation pour sauver ma vie, et que je me damnais pour sauver ma vie. » 

 

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Extrait des minutes du procès de Jeanne d’Arc – XVe siècle – Bibl. de l’Assemblée nationale.

 

En marge, le greffier a inscrit « Responsio mortifera » : réponse mortelle. Car dans les tribunaux d’inquisition, seuls ceux qui retombent dans leur faute après avoir abjuré sont condamnés à mort. Jeanne est brûlée vive sur la place du Vieux Marché de Rouen le 30 mai 1431 et ses cendres dispersées en Seine.

 

Biblio. « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » Bibliothèque Nationale - Ed. R. Laffont -  Paris 1993.

« Jeanne d’Arc : le mythe, la légende, l’histoire » - HS Le Figaro.

« Le mystère Jeanne d’Arc  raconté par les peintres – HS Point de vue – Janvier 2012