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19/11/2014

Monsieur Havas ou le génie d'un normand

Personne plus que lui ne peut symboliser la vitalité du journalisme en Normandie sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) ! L'agence de presse qu'il fonde le 22 octobre 1832, sous le nom d' « Agence des feuilles politiques, correspondance générale », portera par la suite son nom et le fera connaître internationalement. Place de la Haute-Vieille Tour à Rouen, proche de sa maison natale, une inscription désigne d'ailleurs notre homme comme « le créateur de l'information moderne ».

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La famille paternelle du rouennais Charles Louis Havas (1783-1858) est originaire de Pont-Audemer (Eure). Il grandit dans un milieu affairiste et polyglotte tout à fait propice aux entreprises novatrices. Son père, conseiller juridique, gère la fortune foncière des grandes familles de la noblesse normande. Il s'est d'ailleurs enrichi sous la Révolution avec la vente des biens nationaux.

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 Charles Louis Havas (1783-1858)

Le jeune Havas suit d'abord les traces de son père en devenant négociant international puis banquier. Ce n'est qu'après de sévères revers de fortune, qu'à l'âge de 40 ans, il entame une carrière de journaliste et de traducteur. Pour ce faire, il ouvre à Paris le « Bureau de traduction des journaux étrangers » qui deviendra en 1832, le « Bureau de nouvelles ». Au départ, son activité consiste à traduire et importer les nouvelles données par les journaux étrangers et à compiler celles données par les journaux français. C'est d'ailleurs ainsi que naît le métier d'« agencier papier ». Mais, en 1838, coup de pouce du destin, afin de tenir informés les agents de l'État, le gouvernement lui demande de mettre en place une « correspondance ministérielle ». Traduites dès leur arrivée à Paris, les informations en provenance des journaux étrangers sont ensuite envoyées par pigeons voyageurs. Ils ne seront remplacés par le télégraphe électrique qu'à partir de 1850.

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Très vite, l'agence se rend indispensable à l'ensemble de la presse parisienne. Charles Havas, en se construit un vaste réseau de correspondants étrangers, s'assure alors le quasi-monopole de l'information, Balzac le lui reprochera en l'accusant d'uniformiser le contenu des journaux : « Le public peut croire qu'il existe plusieurs journaux, mais il n'y a en définitif, qu'un seul journal... Monsieur Havas. » .

L'agence Havas, cotée à la Bourse de Paris, est aujourd’hui le premier groupe publicitaire de France, et le sixième mondialement. Elle subsiste encore actuellement sous le nom de son fondateur pour la branche publicité, laquelle a été fondée en 1855 par ses deux fils. Quant à la branche information, elle est devenue l'AFP.

 

Biblio. « Les hommes de presse de l'agglomération rouennaise » de C-A Sibout. - Collection Histoire(s) d'agglo - n°11

28/08/2013

Havas, un normand pionnier de l’information moderne.

Savez-vous que l’agence Havas,  la première agence mondiale de presse, a été créée à Paris en 1832 par un normand dont elle porte le nom ?

Charles Louis Havas est né à Rouen  le 5 juillet 1783, près de la Halle aux Toiles, dans l’ancienne rue du Hallage, d’un père employé d’imprimerie.

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Charles Louis Havas (1783-1858)

 

Le jeune homme débute dans la vie modestement comme traducteur de presse. Logé à Paris, en face de l'hôtel des Postes, il y récupère tous les matins les journaux étrangers et s’emploie à traduire les informations qu’ils contiennent pour les revendre ensuite aux journaux français. Il se charge des articles en anglais et en allemand, sa femme de ceux en espagnol et en portugais.

Se rendant compte de l’intérêt croissant des français pour les actualités de la planète, dès 1825, il fonde sa propre société destinée à procurer à la presse les informations étrangères traduites par ses soins. A partir de 1832, il recrute des correspondants locaux dans l’Europe entière et se constitue dès lors un solide réseau d’abonnés

Il faut dire que depuis l'avènement du roi Louis-Philippe (1830), la presse a acquis un peu de liberté et les tirages augmentent. Réalisant qu’il est devenu un interlocuteur incontournable,  Havas fonde en 1835, la première agence de presse au monde qu’il nomme « Agence des Feuilles Politiques – Correspondance Générale ».  

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L’utilisation des nouveaux moyens de transmission sera l'une des clés de sa réussite. A ses débuts, le cheval reste le mode de transport le plus courant. Havas gagne du temps en mettant sur pied un courrier par pigeons voyageurs entre Paris et Boulogne, par où transitent les nouvelles de Bruxelles et de Londres : quatre heures, au lieu des quatorze que prend le cheval ! Puis, dès 1845, il profitera de la création du réseau télégraphique et la pose du câble sous-marin transatlantique.

Grâce à son succès, il conquiert la presse provinciale et y aménage un important service publicitaire prenant en charge tout le processus de parution des annonces. Dès 1852, le groupe sera scindé en deux branches, l’une pour l’information,  l’autre pour la publicité.

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Deux de ses anciens employés exporteront son concept à l’étranger : l'un aux Etats-Unis via « l’Associated Press » et l'autre au Royaume-Uni via « l’Agence Reuters ».

Charles Louis Havas s’éteint le 21 mai 1858 à Bougival. Ses fils Charles-Guillaume et Auguste assureront la pérennité de son oeuvre et ce durant toute la seconde moitié du XIXe et le premier tiers du XXe siècle. Plus tard, nationalisée, l’agence de publicité se lancera également dans le tourisme et étendra ses activités à d’autres formes de communication avant d’être privatisée en 1987 pour prendre la dénomination de Havas S.A.

 

Biblio : http://expositions.bnf.fr/afp/index2.htm