Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/08/2015

Métiers de la mer, métiers d'hier

Haleurs, vireurs au cabestan, ramendeurs ou ramasseurs de galets, des métiers de la mer aujourd'hui disparus... Au début du XXe siècle, dans les villes portuaires des côtes normandes, pour haler les bateaux, on faisait appel aux haleurs et haleuses qui attendaient sur les quais. Du navire, on leur lançait les aussières, ces gros cordages résistants de 100 à 200 mètres de long. Hommes et femmes de petite condition s'attelaient et tiraient le bâtiment de la jetée jusqu'au bassin. A Étretat, il existait des cabestans à bras. Sur ces treuils à arbre vertical, s'enroulait un câble permettant de remonter les bateaux sur la plage. Ceux qui les animaient à la force de leurs bras étaient appelés des vireurs au cabestan. Terrible travail épuisant : il fallait la force d'animaux de trait pour accomplir ces tâches des plus humiliantes.

metiers de la mer.jpg

 

Réparer les filets de pêche : d'une quarantaine de mètres de long et d'environ cinq mètres de haut, ils étaient à la fois fragiles et indispensables. Pour les épargner, à peine rentrés de la pêche, ils étaient sortis, rincés, séchés, étendus et ramendés. Très souvent, les ramendeurs étaient des ramendeuses. En effet, ce travail revenait en priorité aux femmes de la famille, les hommes s'occupant du bateau et de la marchandise.

 

metiers de la mer 2.jpg

 

Dans le pays de Caux, chaque petite valleuse, vallée sèche qui mène à la mer, était assaillie dès le matin par des ramasseurs qui, le dos cassé en deux, triaient les galets. Plus il était était rond et petit, plus le galet avait de valeur. Pour les dénicher, les ramasseurs n'hésitaient pas à escalader les falaises, un panier rempli de lourds cailloux sur le dos. Seulement dans certaines valleuses accessibles, des mules aidaient au transport. Sur le dos de chacune, on chargeait jusqu'à 6 sacs de 50 kg de galets.

metiers de la mer 3.jpg

Une fois par semaine, ces galets ramassés étaient collectés puis envoyés au Havre d'où ils étaient expédiés par bateaux vers les États-Unis ou le Japon. On estime aujourd'hui qu'environ 60 tonnes de galets quittaient ainsi chaque semaine les côtes de la Manche. A partir de 1985, s'étant rendu compte de la valeur naturelle du galet et de la barrière qu'il constitue contre l'érosion et les tempêtes, ce ramassage a été interdit.

 

Biblio. « Quelques métiers de la mer aujourd'hui disparus » de Madeleine Massion – Revue Grand-Ouest n° 1 – 2012.