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06/08/2017

"Un coup des Normands" : what else !

Si aujourd'hui les anglais sont privés de la distinction entre tutoiement et vouvoiement, s'ils "tutoient" ou "vouvoient" tout le monde, sans distinction aucune, s'ils n'utilisent qu'un seul pronom personnel de deuxième personne, leur "you", qui sert au singulier comme au pluriel... c'est à cause des Normands !

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Guillaume le Conquérant (1027-1087)

Il faut savoir qu'avant le débarquement de Guillaume le Conquérant sur leur île au XIe siècle, ce qu'on appelle "le vieil anglais" affichait bien un pronom personnel correspondant à la deuxième personne du singulier, un " thou" (prononcer /ðaʊ/), qui prenait au singulier la forme de "thee" et de "thy/thine", et s'opposait à "ye", "you", "your"/yours", seconde personne du pluriel.

Ce "thou" était l'équivalent de notre « tu » français. Avec "thou", le verbe conjugué recevait une désinence en -(e)st, comme dans "thou lovest" ("tu aimes"). Le verbe "to thou", complètement disparu, signifiait d'ailleurs « tutoyer ».

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Tapisserie de Bayeux

Tout change avec l'invasion et la conquête de l’Angleterre par le duc Guillaume de Normandie (1027-1087). Celui qu'on appelle désormais " le Conquérant ", se fait sacrer roi d'Angleterre le jour de Noël 1066 et il le restera jusqu'à sa mort. Maître du pays, il exerce sur ses féodaux une autorité des plus fortes et il impose l'usage du français comme langue officielle. Dès lors, on assiste à la naissance du "moyen anglais", nom donné par les linguistes aux formes variées de la langue anglaise parlée entre la conquête normande et la deuxième moitié du XVe siècle, une langue largement influencée par le français des envahisseurs. Ainsi, à la cour du nouveau roi, on ne s'adresse plus à lui ou à un seigneur ou bien encore à un autre dignitaire, à l'aide du "thou" considéré comme bien trop familier, mais avec le pluriel "ye", beaucoup plus policé.

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Conquête normande de l'Angleterre (1066)

A la moitié du XVIIe siècle, la flexion des pronoms va s'amplifier. La série "you / your / yours" va alors remplacer, à quelques exceptions près, chacune des autres formes, faisant ainsi disparaître celle des "thou / thee / thy / thine / ye". Comme la distinction entre le singulier et le pluriel de la deuxième personne devient pratiquement impossible, les philologues, traduisant des textes antiques, dont la Bible, vont néanmoins s'employer à la faire perdurer notamment dans la langue liturgique, comme dans la Bible du roi Jacques, dont la première édition date de 1611. C'est pourquoi, depuis cette époque, notamment dans les textes littéraires et religieux, on retrouve le "thou" jugé à la fois, comme c'est curieux, plus solennel et plus respectueux que le "you".

 

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur ce sujet.

07/09/2016

Jeudi 9 septembre 1087, la fin du Conquérant...

... A soixante ans, s'éteint à Rouen, où il était de retour depuis l'automne précédent, Guillaume, duc de Normandie et roi d'Angleterre.

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Guillaume-le-Conquérant et Harold-le-Saxon-Tapisserie de Bayeux

 

A l'image de sa vie, sa mort ne fut guère paisible. C'est en lançant une expédition triomphale sur le vexin français contre le roi de France Philippe Ier (1052-1108) qu'il va trouver la mort à Mantes, dans la rue de la Chaussetterie, près du parvis Notre-Dame. Écart du cheval ou malaise du cavalier, il tombe lourdement et se blesse à l'arçon de sa selle. Son état s'avère sérieux, voire désespéré. Il est rapidement transporté au château de Rouen, mais incommodé par le bruit, il est transféré à sa demande aux portes de la ville, au prieuré de Saint-Gervais. Il y agonise plusieurs jours durant "sans jamais perdre son bon sens et sans aucun mal à s'exprimer". Il meurt pieusement le matin du 9 septembre, après avoir eu le temps de préciser ses dernières volontés. Son corps est transporté par la mer jusqu'à Caen, pour être inhumé en l'abbatiale Saint-Étienne, ancienne abbatiale de l'abbaye aux Hommes.

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L'abbaye bénédictine Saint-Etienne de Caen

 

D'après Orderic Vital (1075-1143), moine anglo-normand connu comme l'un des plus importants historiens du Moyen Âge central, il fallut forcer son corps pour pouvoir l'introduire dans le sarcophage, si bien que la peau de bœuf dans laquelle il avait été enveloppé à la hâte se déchira, faisant éclater son ventre qui exhala une insupportable odeur de putréfaction. Le jour de son inhumation solennelle à l'abbaye aux Hommes, la cérémonie fut interrompue par une "clameur de haro", un droit sacré que tout Normand qui voulait se plaindre pouvait exercer sur le passage du prince en s'écriant "Haro mon prince, on me fait tort !" On dû verser immédiatement à l'individu, un certain Asselin, la somme de 60 sous pour le faire taire. Sa tombe fut ouverte une première fois en 1522 sur ordre du Pape. Puis, en 1562, pendant les guerres de Religion, elle est profanée, vandalisée et pillée par les Protestants. Sa dépouille est exhumée, mise en pièce, et dispersée. Seul son fémur gauche aurait été sauvé par le poète Charles Toustain de La Mazurie (1501-1564). La relique est placée dans un nouveau tombeau en 1642, qui est remplacé au XVIIIe siècle par un monument plus élaboré, lequel est détruit pendant la révolution française. Sous la dalle actuelle qui porte son épitaphe, datant du XIXe siècle, il ne reste donc de son squelette qu'un fémur et une mâchoire qui auraient été sauvegardés in extremis.

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La mort de Guillaume amène la division de ses états entre ses deux aînés, Robert Courteheuse (1052-1134) et Guillaume le Roux (1060-1100). Mais le cadet, Henri Beauclerc (1068-1135), à défaut de terres, hérite seul des qualités d'intelligence et d'énergie de son père.

 

Biblio. "Histoire de la Normandie" R. Jouet et Cl. Quétel - Orep éditions2009.

 

29/05/2016

Un air de famille

2 juin 1953. Londres. Celle qui vient de fêter le 21 avril dernier ses 90 printemps, est couronnée reine à l'abbaye de Westminster. Elle est le 40e monarque d'une lignée royale qui remonte au normand Guillaume le Conquérant (1027-1087), né à Falaise, une petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Caen et devenu maître du pays après avoir défait l'anglo-saxon Harold II (1022-1066) lors de la bataille de Hastings, en 1066.

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La Reine Elizabeth II lors de son couronnement

Si 31 générations séparent les deux souverains il faut savoir que, de la date du couronnement à Westminster le 25 décembre 1066 de Guillaume 1er, duc de Normandie devenu Guillaume Ier d'Angleterre, à aujourd'hui, le pays a connu une constante dynastique. Elizabeth II, comme tous les souverains qui se sont succédé sur le trône avant elle, descend du chef normand qu'elle considère comme son ancêtre.

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Couronnement de Guillaume Ier d'Angleterre

Elizabeth n'était pas née pour régner. Mais, quinze mois après le décès de son père le George VI, à seulement 25 ans, elle devient la sixième femme à siéger sur le trône et la première depuis le décès de la reine Victoria (1819-1901). Le jour de son couronnement, sur sa toilette de satin blanc et à sa demande, tous les symboles du Commonwealth, qui regroupe les États associés à la couronne, sont évoqués : la rose pour l'Angleterre, le chardon pour l'Écosse, la feuille d'érable canadienne, les fleurs de lotus d'Inde et de Ceylan, etc. Mais en plus, sur un côté, très discrètement, les couturières ont également brodé un porte-bonheur : un minuscule trèfle à 4 feuilles...

La couronne d’or, ornée de 13 diamants et pierres précieuses du sacre de Guillaume était, aux dires d'un chroniqueur du temps, "semblable au firmament, qui, les nuages dissipés, étincelle du feu des étoiles". Elizabeth quant à elle en coiffera successivement trois. A son arrivée, elle porte le diadème d'apparat de George IV, puis elle est sacrée avec la couronne de Saint Edward, un joyau de deux kilos orné de plus de 400 pierres précieuses. Enfin, elle fera sa sortie solennelle avec la couronne impériale d'État, plus légère, brillant de mille éclats avec le saphir des Stuart, le rubis du prince Noir et le fabuleux Cullinan II, un diamant de 300 carats.

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Jacky Bouvier Kennedy (1929-1994)

Pour la petite histoire, Jacky Bouvier (1929-1994), pas encore Madame John Fitzgerald Kennedy, avait été est chargée par le Times Herald de Washington de couvrir l'évènement.

 

Merci aux sites http://www.lepoint.fr/monde/les-dix-secrets-du-couronnement-d-elizabeth-ii et aux nombreuses pages sur le sujet et http://genealogistes-associes.ca