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07/09/2016

Jeudi 9 septembre 1087, la fin du Conquérant...

... A soixante ans, s'éteint à Rouen, où il était de retour depuis l'automne précédent, Guillaume, duc de Normandie et roi d'Angleterre.

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Guillaume-le-Conquérant et Harold-le-Saxon-Tapisserie de Bayeux

 

A l'image de sa vie, sa mort ne fut guère paisible. C'est en lançant une expédition triomphale sur le vexin français contre le roi de France Philippe Ier (1052-1108) qu'il va trouver la mort à Mantes, dans la rue de la Chaussetterie, près du parvis Notre-Dame. Écart du cheval ou malaise du cavalier, il tombe lourdement et se blesse à l'arçon de sa selle. Son état s'avère sérieux, voire désespéré. Il est rapidement transporté au château de Rouen, mais incommodé par le bruit, il est transféré à sa demande aux portes de la ville, au prieuré de Saint-Gervais. Il y agonise plusieurs jours durant "sans jamais perdre son bon sens et sans aucun mal à s'exprimer". Il meurt pieusement le matin du 9 septembre, après avoir eu le temps de préciser ses dernières volontés. Son corps est transporté par la mer jusqu'à Caen, pour être inhumé en l'abbatiale Saint-Étienne, ancienne abbatiale de l'abbaye aux Hommes.

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L'abbaye bénédictine Saint-Etienne de Caen

 

D'après Orderic Vital (1075-1143), moine anglo-normand connu comme l'un des plus importants historiens du Moyen Âge central, il fallut forcer son corps pour pouvoir l'introduire dans le sarcophage, si bien que la peau de bœuf dans laquelle il avait été enveloppé à la hâte se déchira, faisant éclater son ventre qui exhala une insupportable odeur de putréfaction. Le jour de son inhumation solennelle à l'abbaye aux Hommes, la cérémonie fut interrompue par une "clameur de haro", un droit sacré que tout Normand qui voulait se plaindre pouvait exercer sur le passage du prince en s'écriant "Haro mon prince, on me fait tort !" On dû verser immédiatement à l'individu, un certain Asselin, la somme de 60 sous pour le faire taire. Sa tombe fut ouverte une première fois en 1522 sur ordre du Pape. Puis, en 1562, pendant les guerres de Religion, elle est profanée, vandalisée et pillée par les Protestants. Sa dépouille est exhumée, mise en pièce, et dispersée. Seul son fémur gauche aurait été sauvé par le poète Charles Toustain de La Mazurie (1501-1564). La relique est placée dans un nouveau tombeau en 1642, qui est remplacé au XVIIIe siècle par un monument plus élaboré, lequel est détruit pendant la révolution française. Sous la dalle actuelle qui porte son épitaphe, datant du XIXe siècle, il ne reste donc de son squelette qu'un fémur et une mâchoire qui auraient été sauvegardés in extremis.

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La mort de Guillaume amène la division de ses états entre ses deux aînés, Robert Courteheuse (1052-1134) et Guillaume le Roux (1060-1100). Mais le cadet, Henri Beauclerc (1068-1135), à défaut de terres, hérite seul des qualités d'intelligence et d'énergie de son père.

 

Biblio. "Histoire de la Normandie" R. Jouet et Cl. Quétel - Orep éditions2009.

 

29/05/2016

Un air de famille

2 juin 1953. Londres. Celle qui vient de fêter le 21 avril dernier ses 90 printemps, est couronnée reine à l'abbaye de Westminster. Elle est le 40e monarque d'une lignée royale qui remonte au normand Guillaume le Conquérant (1027-1087), né à Falaise, une petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Caen et devenu maître du pays après avoir défait l'anglo-saxon Harold II (1022-1066) lors de la bataille de Hastings, en 1066.

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La Reine Elizabeth II lors de son couronnement

Si 31 générations séparent les deux souverains il faut savoir que, de la date du couronnement à Westminster le 25 décembre 1066 de Guillaume 1er, duc de Normandie devenu Guillaume Ier d'Angleterre, à aujourd'hui, le pays a connu une constante dynastique. Elizabeth II, comme tous les souverains qui se sont succédé sur le trône avant elle, descend du chef normand qu'elle considère comme son ancêtre.

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Couronnement de Guillaume Ier d'Angleterre

Elizabeth n'était pas née pour régner. Mais, quinze mois après le décès de son père le George VI, à seulement 25 ans, elle devient la sixième femme à siéger sur le trône et la première depuis le décès de la reine Victoria (1819-1901). Le jour de son couronnement, sur sa toilette de satin blanc et à sa demande, tous les symboles du Commonwealth, qui regroupe les États associés à la couronne, sont évoqués : la rose pour l'Angleterre, le chardon pour l'Écosse, la feuille d'érable canadienne, les fleurs de lotus d'Inde et de Ceylan, etc. Mais en plus, sur un côté, très discrètement, les couturières ont également brodé un porte-bonheur : un minuscule trèfle à 4 feuilles...

La couronne d’or, ornée de 13 diamants et pierres précieuses du sacre de Guillaume était, aux dires d'un chroniqueur du temps, "semblable au firmament, qui, les nuages dissipés, étincelle du feu des étoiles". Elizabeth quant à elle en coiffera successivement trois. A son arrivée, elle porte le diadème d'apparat de George IV, puis elle est sacrée avec la couronne de Saint Edward, un joyau de deux kilos orné de plus de 400 pierres précieuses. Enfin, elle fera sa sortie solennelle avec la couronne impériale d'État, plus légère, brillant de mille éclats avec le saphir des Stuart, le rubis du prince Noir et le fabuleux Cullinan II, un diamant de 300 carats.

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Jacky Bouvier Kennedy (1929-1994)

Pour la petite histoire, Jacky Bouvier (1929-1994), pas encore Madame John Fitzgerald Kennedy, avait été est chargée par le Times Herald de Washington de couvrir l'évènement.

 

Merci aux sites http://www.lepoint.fr/monde/les-dix-secrets-du-couronnement-d-elizabeth-ii et aux nombreuses pages sur le sujet et http://genealogistes-associes.ca

06/09/2015

Le « blanc-manger » à la table de Guillaume

Un mets normand le « blanc-manger », ce plat cousin du flan ou de la panna cotta ? Pas vraiment, même si on a retrouvé sa recette dans un manuscrit anglo-normand du 14e siècle, son origine serait plutôt orientale. Vieux comme le monde ou presque, il est cité dès le IIe siècle et est apparu dans les livres de cuisine des pays européens dès la fin du XIIIe siècle. À l'époque, il s'agissait de lait mélangé à du blanc de volaille en purée. Le plat était destiné à redonner des forces aux convalescents. D'après Madame de Maintenon (1635-1719), Guy-Crescent Fagon (1638-1718), le médecin du Roi Soleil, ordonnait sa consommation dans les cas d'affections ou de dispositions inflammatoires. Au fil du temps, le blanc-manger s'est enrichi d'amandes et de sucre jusqu'à devenir cet entremets léger qui doit son nom à sa blancheur immaculée.

 

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Dans son célèbre « Viandier », le blanc-manger médiéval du normand Guillaume Tirel dit Taillevent (1310-1395) est un potage salé-sucré, un mélange particulièrement apprécié à cette époque, composé de viande blanche gélatineuse (poulet, veau, bœuf ou même poisson pour les jours maigres) épaissi à la poudre d'amandes et servi chaud ou froid.

 

Ce n'est que plus tard que le cuisinier François Pierre de La Varenne (1618-1678), auteur du « Pâtissier françois » paru en 1653, y ajoutera du sucre.

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Enfin, « le roi des chefs et le chef des rois », Marie-Antoine Carème (1784-1833), lui donnera son aspect moderne et le classera définitivement dans la catégorie des desserts.

 

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Jeanne Rozec et Benoît Vachelet, dans leur ouvrage « A la table de Guillaume le Conquérant et des Ducs de Normandie »* ont publié la recette revisitée d'un blanc-manger tel qu'il aurait pu être servi à la table de Guillaume le Conquérant (1028-1087). Pour vous tous, amis gourmands aux babines alléchées, la voici.

Il vous faut : 125 g d'amandes en poudre, 350 ml de lait, 250 ml de crème liquide, 80 g de miel, 1 sachet d'agar-agar (ou feuilles de gélatine).

Faites bouillir le lait et la crème dans une casserole. Ajoutez le miel et la poudre d'amandes. Mélangez bien le tout et laissez mijoter quelques minutes à feu doux.

Hors du feu, ajoutez le sachet d'agar-agar (ou les feuilles de gélatine). Vous pouvez ajouter un arôme selon votre goût : amande (pour renforcer le parfum d'amande de ce dessert) ou eau de fleur d'oranger. Versez dans un plat creux et placez au frais.Servir accompagné d'un coulis de fruits très coloré.


Biblio. « A la table de Guillaume le Conquérant et des Ducs de Normandie » de J. Rozec et B. Vachelet – Ed. Ysec 2015.

Merci au site http://culture.ulg.ac.be et aux pages Wikipédia sur le sujet.