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01/07/2016

La bataille de la Somme : bienvenue en Absurdie !

1er juillet 1916 : un triste anniversaire, celui de l'offensive, préparée par Ferdinand Foch (1851-1929), commandant en chef de l'armée française. Elle est lancée sur la Somme, près d'Amiens, dans un quadrilatère de 30 kilomètres sur 10, délimité côté Alliés par les villes d'Albert et de Bray et, côté Allemand, par Péronne et Bapaume. Les troupes françaises étant retenues à Verdun, ce sont les britanniques qui vont être en première ligne et qui vont en payer le prix fort.

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1400 pièces d'artillerie, dont 400 canons lourds vont pilonner les positions ennemies durant 6 jours. Les premières lignes allemandes sont littéralement écrasées sous 1,6 millions d'obus. Mais l'embellie est de courte durée. Car l'ennemi, installé dans la région depuis 2 ans, a eu le temps de se fortifier dans des abris profondément enterrés ou bétonnés. Il a établi non pas une ligne de tranchées mais plusieurs, les unes en avant des autres, reliées par des boyaux.

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Les Allemands vont très vite se ressaisir sur leur seconde ligne de défense, trois ou quatre kilomètres en retrait. Et quand les soldats britanniques vont s'élancer en rangs serrés, baïonnette levée, avec au passage des armes qui souvent s'enrayent, ils vont être reçus par des tirs nourris de mitrailleuses tandis que les douze tanks engagés s'enfoncent dans la boue des bombardement avant d'être pulvérisés. En une seule journée, la plus meurtrière de la guerre pour nos alliés, on dénombrera 58 000 victimes dont 19 240 "tommies" anglais tués !

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Bataille de la Somme - Le site de la bataille de Beaumont-Hamel

Et le carnage va continuer ! A chaque attaque répond une contre-attaque. Des journées et des journées de feu roulant, interminables, entrecoupées d'assauts d'infanterie au milieu de milliers de cadavres en décomposition vont se succéder inexorablement. Toute végétation disparaît. Cette bataille absurde ne s'achèvera que près de cinq mois plus tard, le 18 novembre 1916. Cinq mois de massacres pour seulement 10 kilomètres de terrain repris aux Allemands.... Cinq mois qui feront au total 1 200 000 soldats tués ou grièvement blessés !

 

Biblio."Le grand bêtisier de l'Histoire de France" de A. Dag'Naud - Larousse, 2012.

 

15/11/2015

"C'est pas fini, c'est pour toujours, de cette guerre infâme"

 « Aucune chanson n'a autant fait parler d'elle sans que personne ne se risque à la chanter en public ni qu'elle soit publiée en partition ou dans un recueil ! »  La « Chanson de Craonne », c'est la plus célèbre chanson de la Grande-Guerre. Poignant témoignage du désespoir des poilus durant les boucheries de cette guerre infernale, il s'agit en fait d'une parodie posée sur un grand succès de l'année 1911, « Bonsoir m'amour », composé par Charles Sablon (1871-1928). S'agissant des paroles, on ignore quels en étaient les auteurs. Apprise par cœur, elle se diffusait oralement de manière clandestine. Elles ont été recueillies et publiées en 1919 par Raymond Lefebvre (1891-1920) et Paul Vaillant-Couturier (1892-1937).

 

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Ce chant du sacrifice a d'abord été connu sous le nom de « Chanson de Lorette », du nom d'une colline d'Artois où poilus et Allemands se sont affrontés violemment en 1915. L'année suivante, il prend le nom de « Chanson de Verdun » avant de devenir « Chanson de Craonne » en 1917, lors de l'offensive du Chemin des Dames.

 

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« Adieu la vie, adieu l'amour, adieu toutes les femmes

C'est pas fini, c'est pour toujours, de cette guerre infâme.

C'est à Craonne, sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés »

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Un dernier couplet, celui de la révolte, s'ajoutera au lendemain du 16 avril 1917, quand le général Nivelle lance ses troupes à l'assaut du plateau de Californie, tout près du village de Craonne, en ruine depuis 1914. Au soir du premier jour de l'offensive censée percer le front allemand, « les unités françaises semblent fondre sous le feu de l'ennemi », note le communiqué de l'état-major. Près de 150 000 morts en quelques jours pour des résultats à peu près nuls. Nivelle est limogé, mais, lorsqu'il s'agit de renvoyer les troupes à l'assaut, les poilus des régiments présents au Chemin des Dames mettent « la crosse en l'air. La Chanson de Craonne est alors sur toutes les lèvres avec son dernier refrain vengeur : « Ceux qu'on l'pognon, ceux-là r'viendront / Car c'est pour eux qu'on crève / Mais c'est fini, car les troufions / Vont tous se mettre en grève. »

De fait, la chanson de lassitude, de désespoir et de résignation, celle de Verdun de 1916, devient chant de fronde et de combat, celui des mutins de 1917.

 

Biblio. « Dictionnaire de la Grande Guerre » sous la Direction de J-Y. Le Naour – Ed. Larousse 2014 et « Historia » - Octobre 2013 - « La chanson de Craonne », article de B. Dicale. -  Merci au site college-mistral-lunel.fr

01/08/2012

Ça s’est passé un 1er août…

Le 1er août 1914 ! Ce jour-là, le Gouvernement Français proclame l’état de siège et fait afficher sur tous les murs de France l’ordre de mobilisation générale. 

 

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Cette mesure prévoit également la réquisition des animaux, voitures et harnais nécessaires au complément de ses armées.

A quatre heures de l’après-midi, ce samedi, sous un soleil éclatant, tous les clochers de l’hexagone sonnent le tocsin.

Tous les hommes valides des classes 1887 à 1910 doivent rejoindre au plus vite leur affectation. La mesure concerne 3,7 millions de réservistes. 

A la maison, chacun s’active car la mobilisation est pour le 2 août, c’est-à-dire demain. On ouvre le livret militaire, précieusement conservé dans la grande armoire de la chambre. A l’intérieur du document se trouve le fascicule de mobilisation. Grâce à lui et aux renseignements qu’il contient, chacun sait où il doit se rendre. Des transports spéciaux et gratuits sont prévus dans toutes les gares. On emballe à la hâte quelques vêtements, on prévoit aussi de bons casse-croûtes pour la route. Pas le temps de finir l’ouvrage en cours : les quelques heures qui restent sont pour la famille, les ultimes recommandations, les dernières embrassades. On se rassure « la guerre sera courte et victorieuse ! » D’ailleurs, le Président Raymond Poincaré l’a annoncé dans une allocation spéciale destinée à rassurer le peuple : « la mobilisation, ce n’est pas la guerre ». Et d’ajouter, « dans les circonstances présentes, elle apparaît, au contraire, comme le meilleur moyen d’assurer la paix dans l’honneur. » C’est néanmoins soucieux et inquiets que les appelés partent servir la patrie, « avec sérieux et détermination mais sans manifestation de joie incongrue ».    

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Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à France. L’armée française, forte de sa cavalerie et de ses traditions, est à pied d’œuvre dès le 21 août aux côtés de ses alliés belges puis anglais. Au nord et à l’est, les combats se déroulent  « à l’ancienne », avec charges à la baïonnette. Nos soldats, lourdement charges, sont en uniformes de couleur, képis et pantalons garance d’un beau rouge vif. En face, l’ennemi utilise massivement des mitrailleuses… Rapidement, notre armée est en déroute. Les pertes sont massives : plus de 200 000 hommes tués, blessés ou capturés en seulement trois semaines de combat ! 

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Cette boucherie durera 4 ans et fera 8 millions de morts. Parmi eux, ces hommes « partis pour un été », qui reposent maintenant dans un coin de cette France qu’ils ont défendu au prix de leur vie.

 

 

Biblio. Merci aux nombreux sites sur le sujet et notamment à herodote.net et combattant.14-18.