11/05/2014

Les fraises à la normande !

Le Rouennais Fontenelle (1657-1757) assurait qu'il leur devait sa longévité !... Les fraises ! Saviez-vous que les Amérindiens, ces indiens d'Amérique, appelaient leur variété préférée « Pocahontas ». Ils pensaient que l'âme de leurs défunts errait jusqu'à ce qu'elle rencontre une fraise à l'apogée de sa maturité. Alors, « lorsque l’âme y goûte, elle peut entrer au pays des Morts et reposer en paix pour l'éternité. »

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La fraise tire son nom du latin «  fragrum », signifiant parfum. C'est l’un des fruits les plus répandus et les plus appréciés au monde. On la trouve sur tous les continents. En France, il a tout de même fallu attendre le XVIIIe siècle et l'intervention de François-Amédée Frézier (1682-1773) ! Car c'est bien à ce gentilhomme que l'on doit la présence de ce fruit dans notre gastronomie (v. ma note du 1er juillet 2012).

En réalité, la fraise n’est pas vraiment un fruit. Seuls les petits points jaunes à la surface de la fraise en sont. La partie rouge n’est qu’une hypertrophie (un grossissement) de la fleur.

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Les fraises se plaisent bien sûr dans notre belle province et notamment près de la Manche, dans la région du Cotentin.

Et maintenant, comme d'habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici comment, en Normandie, on aime déguster les fraises : à la crème* !

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Pour 1 kg de fraises, il vous faut 125 g de sucre en poudre, 5 cl de calvados, 250 g de crème fraîche et de la vanille.

Nettoyer les fraises et les mettre dans un compotier. Préparer un sirop avec ¼ l d'eau et 100 g de sucre. Amener le tout à ébullition. Verser le sirop bouillant sur les fruits. Ajouter le calvados. Laisser macérer. Battre la crème au frais jusqu'à ce qu'elle devienne mousseuse et ferme. Incorporer 25 g de sucre en poudre. Vaniller. Servir les fruits froids, accompagnés de la crème battue.

Bon appétit !

Recette issue de « La cuisine rouennaise » de Y. Sebages – Ed. du Bastion2001.

Biblio. « L'histoire à table » d'A. Castelot – Librairie J. Tallandier 1972 et « Histoire du goût » de P. Blancard – Ed. De Vecchi 2010.

Merci aux sites « Fraises de Glisolles » et « Le panier de Flo".

19/05/2013

"Une petite fraise, au matin du printemps...

« ...Rouge et rayonnante comme l’éclat du soleil.. »

Eric Vaillancourt

 

Le roi Louis XIV (1638-1715) raffolait des fraises. A ce point que son premier médecin, l’illustre Guy-Crescent Fagon (1638-1718), soucieux de la santé de son maître, les lui avait interdites ! Mais il semble bien que rien n’y fit et que le vieux monarque continua à en savourer de pleins « vaisseaux », mais en cachette, tout de même !

 

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C’est le savant explorateur Amédée-Antoine Frézier (1682-1773), après un long voyage à bord du « Saint-Joseph », un voilier de trois cent cinquante tonneaux, qui rapporta dans ses bagages les premiers plants de ce « fruit du Chili » qui allait bientôt remplacer sur la table royale les fraises des bois consommées depuis la Renaissance (v. ma note du 1er juillet 2012). 

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En Normandie, la production de la fraise va rester artisanale.  Pourtant, nos variétés locales, la Sans Rivale, la Duc de Normandie, la Belle et Bonne,… pour ne citer qu’elles, émerveillent les yeux et satisfont agréablement les papilles.

Et bien sûr, nous les dégustons à la crème fraîche ! Pour vous amis gourmands aux babines alléchées, voici deux recettes issues du livre de Simon Morand, « Gastronomie normande d’hier et d’aujourd’hui »* 

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1) Eplucher les fruits et les laver légèrement si nécessaire, les dresser dans un compotier et les sucrer, faire sauter doucement pour les imprégner de sucre. Verser la crème par-dessus après l’avoir sucrée et légèrement battue.

2) Mettre les fruits nettoyés dans un compotier. Verser par-dessus un sirop de sucre bouillant. Laisser macérer. Servir chaud ou froid, accompagné d’une jatte de crème sucrée et battue.

A noter que, d'après l'auteur, ces deux préparations seront nettement plus savoureuses si vous arrosez les fruits d'un trait de Calvados.

 

Bon appétit !

 

 

*Ed. Flammarion - Paris 1970.

01/07/2012

Pour le plus grand bonheur des gourmands...

Cigaline, Elsanta, Charlotte, Ciflorette font partie des 600 variétés qui font aujourd'hui le bonheur de nos papilles gustatives. Si j’ajoute Gariguette, vous avez sûrement deviné qu’aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler de fraises.

Ce premier fruit rouge de l’année était déjà apprécié de nos ancêtres les Romains, mais il s’agissait alors de fraises sauvages ou fraises des bois que les européens nommaient au XVe siècle caperon ou capron. 

Notre fraise à nous doit tout à un savoyard, Amédée François Frézier (1682-1773).  

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 Amédée François Frézier (1682-1773)

 

Notre homme est né à Chambéry, le 4 juillet 1682. Ingénieur militaire, explorateur, navigateur et cartographe, il est aussi curieux de tout et se passionne pour la physique, la minéralogie, le dessin et… la botanique ! Lors d’une expédition  en Amérique du Sud, il prélève dans la baie de Concepcion au Chili cinq plants d’une nouvelle espèce de fraisier à gros fruits blancs, la « Blanche du Chili ».  

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 Fragaria Chiloensis

 

Après 2 ans et 7 mois de voyage, il débarque à Marseille en août 1714 et fait don de ses plants dont il a pris un soin particulier en les arrosant quotidiennement d’eau douce, une denrée précieuse à bord ! L’un d’eux est offert à Antoine de Jussieu (1686-1758), professeur de botanique du Jardin du Roi. Les fraisiers vont transiter ensuite pat le jardin botanique de Brest. Au milieu du XVIIIe siècle, quelques plants sont cultivés, après croisement avec des espèces européennes, à Plougastel, qui deviendra ainsi la capitale de la fraise !

 

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Et comme toujours, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette normande de la confiture de fraises*.

Il vous faut 1 kg de sucre,  1 kg de fraises et 1 verre d’eau.

Faire fondre le sucre dans l’eau et mettre cuire au perlé (le sirop doit retomber en gouttes épaisses). Ajouter les fraises lavées, équeutées et laisser cuire 20 minutes environ. Vérifier la cuisson et mettre en pots.

Bon appétit !

 

* Recette extraite de « Recettes normandes de nos grands-mères » de L. Gildas – Ed. Reflets de Terroir – Mai 2005.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.