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enluminures

  • Arbre généalogique et légitimité du pouvoir capétien

    Au XIIIe siècle, le caractère utilitaire de la généalogie s'affirme tant dans le domaine du droit que des prétentions politiques. Prouver le bien fondé de possessions de domaines ou de rentes donne lieu à l'établissement de généalogies. Nombre d'entre-elles sont réalisées dans des contextes de crise successorale ou de légitimité du pouvoir.

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    L'abbaye de Saint-Denis et ses dépendances

    Parmi ces œuvres de légitimation, on peut citer les efforts des Capétiens pour faire taire les doutes qui persistent sur les conditions de leur accession au trône. De grandes familles, comme les comtes de Flandres, de Hainaut ou de Champagne, insistent sur leurs origines carolingiennes pour contester le pouvoir capétien. Dès lors, les clercs de l'entourage de ces derniers vont développer différents discours généalogiques insistant sur le fait connu des généalogistes du XIIe siècle qu'Hugues Capet descend par sa mère, Hawide, de Charlemagne.

    Pour imposer visuellement cette légitimité d'Hugues Capet à succéder aux Carolingiens, et répondre ainsi aux attentes de Philippe IV le Bel (1285-1314), les abbés de l'abbaye royale de Saint-Denis vont faire réaliser pour les rois de France un manuscrit enluminé "La vie de Saint-Denis", saint patron des monarques capétiens, réalisé par un des moines de l'abbaye appelé Yves. C'est ce religieux qui va composer cette image remarquable, bien plus efficace que bien des discours.

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    Yves de Saint-Denis - "Vie et miracles de saint Denis" (1317) - B.N.F.

    "La colonne de gauche donne la succession des rois, de Charlemagne (en haut) à Hugues Capet (en bas). Les portraits des rois sur leur trône, peints par Jean Pucelle ou un proche apparaissent dans des quadrilobes sertis dans un cadre commun au décor d'orfèvrerie. Seul un discret lierre ou rinceau feuillage qui court d'un médaillon à l'autre dans ce cadre doré exprime les filiations et révèle l'absence de lien entre le premier Capétien et son prédécesseur. Mais ainsi figurée, cette rupture ne paraît qu'un détail secondaire en comparaison de la parenté par les femmes d'Hugues avec Charlemagne que manifeste nettement la colonne de droite."

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    Gilles de Pontoise fait don du manuscrit au roi Philippe V le Long

     

    "La Vie de saint Denis" sera achevé en 1317 et présenté par l'abbé Gilles de Pontoise au roi Philippe V le Long (1293-1322). Il restera en possession des rois de France jusqu'à Charles VI (1368-1422) avant d'entrer à la bibliothèque royale en 1662. Il est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France.

     

    Biblio et image n° 2 : "Mille ans d'histoire de l'Arbre Généalogique en France" de M.-E. Gautier - Ed. Ouest-France, 2008.

  • Le psautier dit de Saint-Louis

    "C'est un petit ouvrage, magnifique, de 21 centimètres sur 14,5, enfermé à double tour dans un coffre dûment codé. Après une vie aventureuse qui l'a mené jusqu'aux confins de la Russie, il n'a plus bougé,ou presque,de son écrin de la Bibliothèque Nationale de France de la rue de Richelieu. Patrimoine d’État, et donc inaliénable, le Psautier de Saint Louis figure parmi les joyaux de l'histoire de France comme de l'histoire religieuse."


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    Ce recueil de psaumes, typique du Moyen Age, a un «frère jumeau», qui a appartenu à Isabelle de France (1292/1296–1358). Il contient le texte des psaumes en latin et en anglo-normand et est aujourd'hui préservé à Cambridge. Il en existe aussi un autre dans lequel Saint Louis aurait apprit à lire. Ce dernier est conservé aux Pays-Bas.

     

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    Psautier d'Isabelle de France

    Document historique de premier plan, ce psautier dit de Saint-Louis illustre des personnages bibliques tirés de l’Ancien Testament revêtus des armures des croisés, des costumes des dames de la cour et des troubadours du XIIIe siècle. Créé dans les années 1258-1270 (sa datation est imprécise), il fut réalisé sur ordre du souverain «à l'usage de la Sainte-Chapelle», achevée en 1248 au sein de son palais de la Cité. C'est ici en effet, au cœur de Paris, que le très chrétien roi Louis IX (1214-1270) souhaitait entreposer, pour s'y recueillir, les reliques qu'il venait d'acquérir auprès de l'empereur de Constantinople.

    Douze mois de travail seront nécessaires aux parcheminiers, enlumineurs et copistes pour concevoir l'œuvre composée de trois parties: un calendrier signalant les fêtes liturgiques propres à la chapelle et à la famille royale, l'histoire sainte en images, 150 psaumes en latin tirés de la Bible, divisés en sept chapitres pour les sept jours de la semaine.

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    Saint Louis offrit l'ouvrage à son fils, Philippe III (1245-1285), qui le donna à son aîné. Il se retrouva ensuite entre les mains de Jeanne d’Évreux (1310-1371), qui le concéda à son tour à Charles V (1338-1380). On va perdre sa trace à partir de l'an 1400 pour le retrouver quatre siècles plus tard de retour dans les mains du roi Louis XVIII (1755-1824) qui le met immédiatement en dépôt à la Bibliothèque royale, future Bibliothèque Nationale de France*."



    Biblio. * Extrait de l'article "Le psautier culte de Saint Louis" du site www.lexpress.fr. Merci.