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01/10/2017

Ce que Merlin avait annoncé ou la malédiction des Plantagenêt

On connaît la malédiction des templiers prononcée sur son bûcher par Jacques de Molay (1244-1314) le 18 mars 1314 à l'attention du roi Philippe le Bel (1268-1314) et du Pape Clément V (1264-1314), mais savez-vous que, selon une tradition remontant à la nuit des temps, l'enchanteur Merlin aurait prophétisé un cataclysme dynastique en direction des fils d'Henri II Plantagenêt (5 mars 1133 - 6 juillet 1189), l'arrière petit-fils de Guillaume le Conquérant, lesquels périront tous prématurément.

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 Merlin l'Enchanteur, enluminure d’un manuscrit français du XIIIe siècle.

Le premier a être touché par cette malédiction est Henri dit le Jeune ou le jeune roi (28 février 1155 – 11 juin 1183) surnommé « Court Mantel ». Son père a attribué à son frère Richard le duché d'Aquitaine qu'il convoitait. Depuis, il n'a de cesse que de dévaster cette terre en y pillant sans vergogne les biens de l’Église. Au sanctuaire de Rocamadour, au moment même où il s'apprête à voler la fameuse Durandal, l'épée que le preux Roland a jetée depuis Roncevaux afin qu'elle échappe aux mains des Maures et qui est tombée du ciel pour venir se ficher dans un rocher, la petite cloche de fer annonçant un châtiment divin retentit lugubrement. Henri n'en tient pas compte. Parti pour Martel, il est subitement pris de fièvre et meurt peu après victime de dysenterie. Il est inhumé dans le chœur de la Cathédrale de Rouen.

 

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 Henri II Plantagenêt - Manuscrit du XIIIe siècle

Son frère Geoffroi de Bretagne (23 septembre 1158 - 19 août 1186) vise quant à lui l'Anjou, ce que son père lui refuse. Il se réfugie à Paris, à la cour du roi Philippe Auguste (1165-1223) qui le soutient dans sa rébellion. Il veut « razzier la Normandie » mais n'en aura pas le temps. Il meurt écrasé par son cheval lors d'un tournoi. On l'enterre en grandes pompes en la Cathédrale Notre-Dame.

Richard Cœur de Lion (8 septembre 1157 – 6 avril 1199), le « roi chevalier », va être le troisième fils à connaître une destinée tragique. Celui qui va mener plus de combats contre son père, ses frères et leurs alliés, que contre le roi de France réclame vengeance. Son père a fait de la femme qui lui était promise, la princesse Adèle (1160-1213), fille du roi Louis VII (1120-1180), sa maîtresse. Un jour, au château de Châlus-Chabrol alors qu'il s'apprête à y dérober un fabuleux trésor en assiégeant la place, il est atteint par un carreau d'arbalète. La flèche est retirée mais la gangrène s'installe et il meurt en moins de deux semaines. Son corps est emmené à l'abbaye de Fontevraud, l'écrin de pierre des Planagenêts, et son cœur rejoindra la Cathédrale de Rouen.

 

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C'est finalement au plus jeune, le cinquième et dernier fils, Jean sans Terre (24 décembre 1166 ou 1167– 18/19 octobre 1216), le « mal aimé », que va revenir tout l'héritage paternel. Mais la malédiction va s'abattre également sur lui. Il sera le fossoyeur de l'immense empire Plantagenêt... comme l'avait annoncé Merlin dans ses prophéties.

 

Biblio. « Hauts lieux de légendes en Normandie » de S. W. Gondoin – Ed.Gisserot, 2011,

« L'Empire Plantagenêt » - revue Les collections de l'Histoire – n°59 – 2013.