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09/03/2014

C'est Carême !

En ce premier dimanche de Carême, comme chacun le sait un temps de pénitence pour les chrétiens, je ne résiste pas à vous narrer cette histoire que le curé de Mantilly, un petit village normand du département de l’Orne connu pour être la capitale du poiré, cette boisson cousine du cidre obtenue par fermentation de jus de poire, racontait volontiers.

Cela se passait au début du siècle dernier, un lendemain des Cendres, un jeudi donc. Alors qu’il n’était encore que vicaire, avec son supérieur, le curé de La Coulonche, ils s’étaient rendus à pied au village d'Echalou, distant d'une trentaine de kilomètres, afin d’assister à une réunion des prêtres du canton.

Au passage, à presque mi-route, ils avaient été rejoints par le curé de Bellou-en-Houlme et ses deux vicaires.

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Le village de Bellou-en-Houlme (Orne)

Après leur réunion, ils reprirent ensemble le chemin inverse : une bonne marche les attendait ! Aimablement, arrivé chez lui, le curé de Bellou leur proposa de s’arrêter un moment à son presbytère : « Vous allez bien prendre quelque chose pour vous aider à remonter la côte jusqu’à La Coulonche ? ».

Et là, au pied du portail, une surprise les attendait : attaché solidement à la chaîne du chien, le pauvre coq du curé les regardait tout désorienté !

 

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Le presbytère de Bellou sous la bonne garde du chien du curé des lieux

Furieux, le curé de Bellou s’adressa à sa bonne : « Eh bien voyons ? C’est vous qui avez enchaîné le coq comme ça ? » - « Ah ben oui monsieur le curé ! C’est le Carême : il n’a pas le droit de s’occuper des poules ! »

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Rassurez-vous, aujourd’hui,  les exigences du Carême se sont considérablement allégées (et pas que pour les coqs)  !

 

Biblio. Récits et contes populaires de Normandie - J. Cuisenier - Gallimard 1979

02/03/2014

Le mois de mars...

 « Si mars commence en courroux,

il finira tout doux.»

Mars, c’est le premier mois du printemps dans l’hémisphère nord ! Il doit son nom au dieu de la guerre des Romains, Mars, fils de Jupiter et de Junon.

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A Rome, le dieu Mars était représenté sous la forme d’un guerrier terrible. On sacrifiait des loups sur ses autels et le poète Ausone (309/310-394/395) place auprès de lui « un bouc pétulant, une hirondelle qui gazouille, un vase plein de lait qui, avec l’herbe verdoyante, annoncent le retour du printemps ». Les dames romaines lui sacrifiaient quant à elles un coq, symbole de vigilance, le premier jour du mois qui porte son nom. Et c’est par ce mois que l’année romaine commençait et ce, jusqu’au temps de Jules César (100 av. J-C – 44 av. J-C.).  

 

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Dans le calendrier gaulois, mars était le « mois de Rheda », déesse de la fortune. Et si Charlemagne (742-814) l’appelait « mois de printemps », le calendrier républicain l’a nommé Ventôse, pour rappeler les vents qu’on observe généralement à l’équinoxe.

Pour le livres d’heures « les Très Riches Heures du Duc de Berry » (1410-1411), c’est le temps des travaux agricoles : on laboure et on taille.

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C’est le pape Léon XIII (1810-1903), dans son encyclique « Ouamquam Pluries »,  qui a exhorté l’Eglise catholique à consacrer le mois de mars à Saint Joseph. Le Carême, qui s’ouvre le mercredi des Cendres, conduit en 40 jours les chrétiens à la Semaine sainte. En outre, depuis le VIIe siècle, la fête de l’Annonciation est célébrée le 25 Mars. Elle commémore l’annonce faite par l’archange Gabriel à Marie qu’elle sera la mère du Sauveur, le Messie attendu par Israël.

Enfin, le temps qu’il fera en mars serait donné par le temps qu’il a fait le 27 décembre dernier. Ce jour là, pluie et vents se sont partagés le ciel normand. La température oscillait entre 8 et 12 degrés.

 

Biblio. Almanach de la mémoire et des coutumes  – Hachette 1979