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05/11/2014

Caillots et Caillottes du Pays de Caux

Selon l'écrivain normand Raymond Mensire* (1889-1964), notre beau Pays de Caux est l'un de ces vieux états gaulois, celui qu'habitait la tribu des Calètes, lointains ancêtres des Cauchois d'aujourd'hui.

Il faut rappeler que les Romains, lors de leur conquête de la Gaule, avaient baptisé leurs « civitas », leurs « régions », du nom du vocable désignant leurs habitants : les Véliocasses, pour ceux du Vexin, les Eburovices à Evreux, les Léxovii à Lisieux, les Biducasses à Bayeux... Et c'est ainsi que « les vieux états gaulois vont conserver, jusqu'à une époque très voisine de la notre, leurs noms, leurs limites et une sorte d'existence morale, dans les souvenirs et les affections des hommes ».

 

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 Le territoire calète à l’extrême sud-ouest de la Gaule Belgique

" Par la grande élévation de son sol, écrit Guilmeth, historien et archéologue normand du XIXe siècle, et surtout par sa proximité avec la mer, le Pays de Caux est de toute cette partie de l'ancienne Gaule Belgique, le point le plus exposé à la violence des vents du Nord."

 

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"C'est indubitablement cette circonstance qui avait fait donner à ce pays, par les Celtes, ses premiers habitants, le nom de Caleti, Calletoe ou Calètes, formé du mot Calt ou Kelt, froid glacial. Ce mot, dont les Celtes eux-mêmes avaient tiré leur propre nom, et qui a conservé jusqu'à ce jour dans les débris de la langue tudesque, sa signification primitive, a été successivement métamorphosé chez nous en celui de Callètes, ou Caillettes, puis Callots ou Caillots, et enfin Caultx ou Caux ".

 

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Et d'ajouter : « Il n'y a pas deux siècles que l'on donnait encore aux Cauchois le nom de Caillots ou Caillottes. Ce nom est demeuré non seulement à quelques familles, aussi bien que celui de Cauchois, mais encore à quelques villages et à quelques habitations de notre contrée. On y trouve, en effet, Gonfreville-Caillot ou la Caillotte, le Mesnil-Caillet, le Val aux Caillots, Cailletot ou Calletot sur Angerville-l'Orcher, Calletot près de Bolbec, Calmesnil ou Cailloménil sur Eponville, Cailleville près de Saint-Valery en Caux, Cailly près de Clères, le Bois-Caillot près de Saint-Aubin, Caltot à Saint-Laurent-en-Caux,... »

Au fait, « Caillotte », c'était le surnom que m'avaient donné mes grands-parents lorsque j'étais enfant !

 

Biblio. « Le pays de Caux à travers les âges » de P.-L. Fonrojat – Sired 2011.

21/04/2010

Honorine, une vierge gauloise

Sainte Honorine, vierge et martyre du IVe siècle, vécut en Normandie, dans le Pays de Caux, Elle est la patronne des Bateliers et aussi celle des Prisonniers.

 

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Sainte Honorine, Prieuré de Graville

Originaire de la tribu des Calètes, peuple gaulois qui demeurait sur l’actuel Pays de Caux auquel ils donnèrent leur nom, et ayant refusé d’adjurer sa foi, elle aurait été martyrisée en l’an 303 lors de la première persécution romaine. Précipitée dans la Seine par ses bourreaux, entre Lillebonne et Harfleur, son corps serait venu s’échouer à Graville, aujourd’hui l’un des quartiers du Havre, où des Chrétiens le recueillirent, l’ensevelirent et construisirent sur son tombeau une chapelle. En 1867, on a redécouvert son sarcophage dans l’église du prieuré de Graville.

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 Eglise de l'abbaye de Graville - Gravure du XIXe siècle

En 876, ses reliques, menacées par la convoitise des Vikings qui désolaient alors l’estuaire de la Seine et volaient notamment les reliquaires faits d’or et d’argent, sont transférées à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). En 1080, le seigneur de Conflans fait venir des moines bénédictins de l’abbaye normande du Bec-Hellouin (Eure). Ils y fondent un prieuré consacré le 21 juin 1086 par l’abbé du Bec-Hellouin, saint Anselme, qui sera plus tard archevêque de Cantorbéry et déclaré docteur de l’Eglise. C’est là que furent déposées les reliques de la sainte.

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Prieuré de Graville au Havre

La sainte est invoquée en Normandie pour guérir les fièvres rebelles. Après avoir récité quelques Pater et quelques Ave, on prononçait alors la formule :

« Au nom de saint Exupère et de sainte Honorine,

Arrière fièvre d’avant, fièvre d’arrière,

Fièvre printanière, fièvre quarantaine,

Fièvre quintaine, ago, superago,

Consumatum est !

Et si la fièvre persistait, on inscrivait cette formule sur un parchemin qu’on attachait au poignet du malade et qu’on retirait au bout de neuf jours. Et de fait, après tout ce temps, si le malade n’était pas mort, il était guéri !

La Sainte est aussi sensée protéger les enfants fragiles et infirmes, les femmes enceintes, et guérir les maladies de peau.

Honorine est fêtée le 27 février, et sur notre calendrier, elle a laissé sa place à Nestor.

« Gelée de Sainte-Honorine rend toute la vallée chagrine ».