Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/10/2019

Beaumarchais, l'insolent

Sa vie fut un combat et un tourbillon enveloppant, entraînant, mêlant tout, dans un conflit de faits et de choses le plus étrange, le plus ondoyant, le plus divers, qui ait jamais agité une existence humaine*". Car Beaumarchais (1732-1799) est un aventurier et un libertin qui se fera connaître autant par ses spéculations et ses procès que par ses œuvres théâtrales dont les plus connues sont assurément "Le barbier de Séville" (1775) et "Le mariage de Figaro" (1778).

beaumarchais.jpg

Beaumarchais (1732-1799)

Pour ce brillant touche-à-tout de génie, tour à tour ou en même temps entrepreneur, agent secret, fournisseur d’armes, professeur de harpe, horloger, imprimeur, et bien sûr écrivain... tout commence un jour d'hiver dans le Paris du XVIIIe siècle. C'est le 24 janvier 1732 que Pierre Augustin Caron voit le jour au domicile de ses parents, dans la grande rue Saint-Denis, près de la rue des Lombards, entre l’hôpital Sainte-Catherine et la rue de la Heaumerie, au cœur du quartier des Halles. Il est l'unique garçon d'André-Charles Caron, homme d’intelligence et d’entreprise, originaire de Meaux et de sa femme Louise Pichon qui lui donnera aussi cinq filles. Issu d'une famille d'horlogers huguenots, il est lui-même maître-horloger dans la capitale, un artisan reconnu, un bourgeois gagnant bien sa vie et celle de sa famille, féru de musique et de littérature.

beaumarchais 2.jpg

L'enfant va grandir à l'ombre de ses sœurs. Son avenir est tout tracé... Aussi, à 13 ans, il débute son apprentissage dans l'atelier de son père. Ambitieux, intelligent et plein d'esprit, ses talents lui ouvrent les portes du grand monde et celles de la cour. Devenu fournisseur attitré de la Maison Royale, il épouse à l'église parisienne de Saint-Nicolas des Champs, le 27 novembre 1756, Madeleine Catherine Aubertin-Franquet. L'épousée, de dix ans son aînée, est veuve et également très riche. Parmi son actif, elle possède un "petit fief", celui de 'Bosc Marchais". Relevant de celui de Vizel à Moussy-le-Neuf, arrière-fief de la baronnie de Dammartin (Seine-et-Marne), il ne comprenait quelques terres, des prés et un manoir. C'était toutefois suffisant pour "agrémenter" utilement un patronyme des plus communs et ouvriers, "Caron" étant la forme normande et picarde du charron. Dès lors, Pierre Augustin Caron ajoute à son nom ce "de Beaumarchais", un soupçon de noblesse bien plus en adéquation avec sa nouvelle situation.

beaumarchais 4.jpg

Le métier de charron autrefois

Veuf après seulement deux années de vie commune, voilà qu'il se remarie en 1768 avec Geneviève Madeleine Wattebled de Sotenville. Elle aussi est veuve mais bien plus riche encore que celle qui l'a précédée. La ressemblance ne s'arrête pas là car elle décède elle-aussi au bout de deux années de mariage en laissant à son mari un héritage astronomique. Bien sûr, devant une telle "fatalité", "on" parle, "on" questionne, "on" accuse même,... mais rien ne sera jamais prouvé...

L'histoire oubliera Pierre-Augustin Caron et ses riches veuvages pour ne retenir que Beaumarchais, une figure emblématique du siècle des Lumières, auteur d'une critique hardie et spirituelle de la société de son temps, considéré à ce titre comme un précurseur de la Révolution française.

 

* Extrait de "Vie de Beaumarchais", Texte établi par Édouard Fournier, Laplace, 1876.