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23/11/2016

Le naufrage de "La Blanche Nef"

Le naufrage de « La Blanche Nef », au large des côtes normandes de Barfleur, est plus qu’une catastrophe maritime. L’unique héritier légitime d’Henri Ier Beauclerc (1068-1135), surnommé le « Lion de justice » et de son épouse Edith d’Ecosse compte parmi les 300 victimes emportées dans les flots. Cette tragique disparition change définitivement le cours de l’Histoire en permettant aux Plantagenets d’accéder au trône d’Angleterre.  

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Nous sommes le 25 Novembre 1120. Le roi d’Henri Ier Beauclerc (1068-1135), duc de Normandie et roi d’Angleterre, le plus jeune fils de Guillaume le Conquérant, accompagné de ses deux fils, d’une partie de sa famille et de sa cour, est à Barfleur, ce port normand, préféré des Ducs de Normandie. Tous s’apprêtent à rejoindre l’Angleterre. On se répartit sur deux « esnèques », des bateaux à voile et à rameurs, dignes héritiers du navire viking.

L’Evêque de Coutances bénit les bâtiments royaux et leurs équipages puis les nefs hissent leurs voiles et quittent le port.  

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L’une d’elles, « La Blanche Nef », est pilotée par Thomas Fitzstephen, le fils de celui qui avait conduit le Conquérant en Angleterre. Le bateau part après le bâtiment royal, moins chargé et plus rapide. Il a à son bord le jeune prince Guillaume Adelin, né en 1103, ainsi que toute la fine fleur de la jeunesse aristocratique normande ! Le drame se produit à la nuit tombée, à mi-chemin entre la sortie du port et le phare de Gatteville.  Pour quelles raisons le navire s’empale t’il sur le rocher de Quillebeuf ? Pourquoi a-t-il été entraîné par les courants de la pointe de Barfleur ? Erreur de pilotage ? Mauvaise manœuvre d’un équipage ayant abusé d’alcool ?

Avant que le navire éventré ne coule à pic, on parvient à jeter à la mer l’unique canot de sauvetage et l’ont y fait monter le prince héritier. Mais, entendant les appels de détresse de sa sœur, celui-ci décide de lui porter secours. C’est sa perte car le canot, trop chargé, chavire... 

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Quelques instants plus tard, « La Blanche Nef » disparaît dans les flots, entraînant avec elle le dernier héritier de la dynastie masculine de Guillaume le Conquérant.

L’unique survivant de ce naufrage, Bérold, un boucher de Rouen protégé du froid par une peau de mouton, qui sera récupéré par des pêcheurs au petit jour, témoignera de cette catastrophe. « Et jamais, nous dit le poète normand Wace (1100 ?-1183 ?),  jusqu’à sa mort en 1135, ne vit-on plus le roi sourire. »

La jeune épouse de Guillaume, montée sur un autre navire, lui survécu. Elle deviendra abbesse de Fontevrault.

 

Biblio. « Histoire de la Normandie des origines à nos jours » de R. Jouet et C. Quétel – Larousse 2005.

24/08/2014

La plus ancienne station de sauvetage en mer est normande

Ici, la mer règne en maître. Le raz de Barfleur est l'un des endroits les plus dangereux de nos côtes ! C'est pourquoi le port normand s'est doté dès 1865 d'une station de sauvetage en mer, la première en France.

Si, au large de la Hague, à l'ouest du Cotentin, le raz Blanchard, l’un des courants de marée les plus puissants d’Europe qui doit son nom de ce que la mer, lorsqu’elle est démontée, se couvre d’écume blanche, est le plus dangereux, celui de Barfleur, à l'est de la presqu'île, n'a rien à lui envier !

 

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Les trois milles entre Moulard, du côté de Montfarville, et le phare de Gatteville donnent des sueurs froides aux marins même les plus expérimentés. Ils craignent tous ces forts courants longeant la côte qui provoquent tourbillons et remous. Quand les vents d'amonts, les vents d'est, s'y mettent, et que la houle déferle du cap de Barfleur, l'entrée du port devient périlleuse, et plus d'un s'est retrouvé « dans les cailloux », comme on dit ici. 

Les Barfleurais ne comptent plus les naufrages. En 1120, c'est la « Blanche-Nef », qui s'abîme en sur le rocher de Quillebeuf. Au même endroit, en 1862, c'est au tour de « La Luna », un superbe trois-mâts qui venait de larguer les amarres avec à son bord une centaine d'émigrants partis pour l'eldorado de la Nouvelle-Orléans, de s'y déchirer.

 

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C'est pourquoi, en 1865, sur le modèle des stations anglaises, une station de sauvetage, la première en France, est construite à Barfleur. Pour gagner du temps, le canot de sauvetage est lancé directement du quai, lorsque la mer est haute. Elle plonge dans les eaux du bassin avec son équipage avant de s'élancer au secours des naufragés. C'est ainsi qu'en 1931, le dimanche 23 août, jour des Régates à Barfleur, le canot de sauvetage dans lequel a pris place le Docteur Cabart-Danneville, Sénateur de la Manche, entame sa glissade vers l'eau quand le talon du gouvernail vient heurter le bord du quai. Le choc projette 2 hommes dans l'eau : un marin... et le sénateur "lequel excellent nageur ne tarde pas à remonter sur le quai. Bien que trempé, il reprend sa canne et son chapeau, remercie ses sauveteurs, et salue la foule pleine d'émotion..."

 

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Une station en dur a été construite en 1955, avec rampe de lancement et abri pour le canot. Depuis sa création, 6 canots se sont ainsi succédés dont les 3 premiers à rame. En 1997, l'«Amiral-de-Tourville », plus gros et plus puissant, a pris la relève du « Crestey-et-Sauvé », datant de 1955, et portant le nom des deux marins sauveteurs morts en mission.

 

Biblio. « Pays de Normandie – N°28 – 2000.

15/06/2014

La bonnotte de Barfleur

Vous connaissez la bonnotte. On l'appelle aussi « la Noirmoutier » cette variété de pomme de terre précoce qui a fait la réputation de cette île bretonne. Et pourtant, le saviez-vous, la bonnotte est normande ! Elle est originaire de Barfleur, cette jolie petite cité du département de la Manche. Et ce n'est que dans les années 1920-1930 qu'elle va s'installer en Bretagne.

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Triste destin d'une petite variété de pomme de terre : à partir des années 60, époque de l'introduction de la mécanisation maraîchère, elle est jugée trop fragile et bien trop petite par les producteurs. Et comme de surcroît, elle nécessite d'être récoltée à la main, ils vont l'abandonner au profit d'autres espèces plus rentables.

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Heureusement, trente ans plus tard, la coopérative agricole de l'île de Noirmoutier, consciente de sa valeur patrimoniale très forte, décide de s'adresser à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Ensemble, ils vont redonner vie à ce petit tubercule qui tire son goût si particulier d'une terre enrichie de goémon. Et c'est « La Noirmoutier » qui revient sur les marchés à partir des années 1995.

Elle se vend généralement dès la deuxième semaine de mai. Afin de conserver son goût iodé, elle nécessite de ne pas être trop cuite. Elle se marie très bien avec les crustacés, le poisson ou avec une viande en croûte de sel. Mais est délicieuse également en gratin, en purée,... ou tout simplement poêlée au beurre. D'ailleurs, et comme d'habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici une pure recette cauchoise de pommes de terre nouvelles sautées au beurre*.

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Ne lavez pas vos pommes de terre. Frottez-les simplement entre deux torchons pour enlever la peau et les laisser enveloppées dans le torchon pour qu'elles restent bien sèches et ne colorent pas.

Dans une poêle ou une sauteuse, glissez un gros morceau de beurre. Dès qu'il commence à fondre, mettre les pommes de terre, en secouant la poêle pour les enrober de beurre.

Faire cuire à petit feu, en secouant souvent pour éviter que les pommes de terre ne brûlent ou n'attachent.Quand elles sont cuites et régulièrement rissolées, les glisser dans un plat de service chaud, saler et saupoudrer de persil haché.

Bon appétit !

 

* Recette issue de « Bonnes recettes d'une famille cauchoise » de F. AUGER – Ed. Bertout -2002

Images : merci aux sites poteriegeriatrie.canalblog.com, http://www.paperblog.fr