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17/08/2016

L'arbre de consanguinité, ancêtre de l'arbre généalogique

L’arbre généalogique a pour antécédent le motif clérical de l’arbre de consanguinité, qui représente concrètement les différents membres de la famille afin de mieux expliquer aux fidèles les interdictions de mariages entre membres trop rapprochés. En effet, la crainte de l’inceste est alors au cœur des préoccupations des clercs médiévaux. Cette représentation de la famille virtuelle idéale, où ce sont les degrés de parenté qui apparaissent, et non des personnes réelles figurant sous leur nom, est également pour beaucoup dans la naissance et l’affirmation du motif de l’arbre généalogique.

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Arbre de consanguinité - Amiens, Bibliothèque municipale

 

Tout généalogiste s'est un jour trouvé, au cours de ses recherches, en présence d'une acte de mariage qui indiquait : "sans avoir découvert d'autre empêchement que celui d'un quatrième degré de consanguinité duquel les parties ont obtenu dispense". Il faut savoir que dès le IVe siècle et jusqu'au VIe siècle, le mariage n'est interdit qu'entre cousins et cousins germains, c'est-à-dire au quatrième degré de parenté. Par la suite, l’Église va étendre l'empêchement jusqu'au septième degré. Il est dès lors interdit d'épouser quelqu'un avec qui on a un ancêtre commun jusqu'au "sept aïeul".

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Cette interdiction est illustrée par l’arbre de consanguinité ci-dessus peint dans un manuscrit juridique français du XVe siècle. Il présente quatre branches évoquant aux yeux des contemporains l’interdiction à la quatrième génération (un couple originel et trois générations de collatéraux), mais il figure surtout l’ancienne interdiction à la septième génération. En effet, sept personnages se succèdent entre le couple originel et les derniers-nés au berceau.

Au VIIIe siècle, quand l’Église adopte la computation germanique, l'empêchement est étendu jusqu'aux treizième et quatorzième degrés romains. Pour calculer le nombre de degrés, il suffit de calculer le nombre d'intermédiaires existant entre le défunt et son parent, et d'y ajouter le nombre 1. Ainsi, si l'on suppose que chaque couple a élevé et marié un garçon et une fille, cette parenté représente 10 687 personnes, dont 2731 cousins et 2731 cousines de la même génération que l'individu.

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Le pape Innocent III (1160-1216)

On comprend la difficulté pour nos ancêtres de trouver dans l'espace géographique restreint qu'était le leur, un futur conjoint non apparenté. Et bien sûr, l'interdit est souvent transgressé. Ce sont les abus qui vont amener le concile du Latran IV, réuni en 1215 sur l'initiative du pape Innocent III (1160-1216), à restreindre l'empêchement au quatrième degré du comput germanique, ce qui, avec les mêmes conditions, représente encore 188 consanguins, dont 88 de la génération de l'individu. Et à ces interdits, s'ajoutent encore ceux de parenté spirituelle (parrains et marraines).

 

Biblio. "La famille dans tous ses états - De la Bible au mariage pour tous" - Les Collection de l'Histoire - HS - Juil.-Sept. 2016.