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anoblissement par prescription

  • Un noble peut en cacher un autre...

    Gentilshommes, courtisans de la Cour du Roi, châtelains de campagne,... tous se disant volontiers nobles. Mais l'étaient-ils vraiment ? Car vivre noblement ne signifie pas être noble. Comment s'y retrouver entre la noblesse d'extraction et celle des anoblis, la noblesse authentique et celle usurpée ? Comment distinguer la noblesse chevaleresque ou d'épée de celle de l'Empire, la noblesse de robe de celle de cloche ?

    La noblesse, qualifiée de "second ordre" par opposition au tiers état ou au clergé, ne représente sous l'Ancien régime que 1% de la population du royaume. Elle se segmente en 2 types : la noblesse d'extraction et la noblesse d'anoblissement. A ceux-ci, s'ajoute la noblesse étrangère reconnue en France.

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    Hugues Capet (939/941-996), fondateur de la dynastie capétienne

    La noblesse "d'extraction", c'est celle des plus anciennes familles, celles dont la noblesse est qualifiée "d' immémoriale", c'est à dire trop ancienne pour que l'on puisse en retracer l'origine. Ces familles là ne présentent aucune trace d'anoblissement ou celui-ci se perd dans la nuit des temps. Pour l'ensemble des provinces françaises, seules 3 familles remonteraient au XIe siècle, 300 autres seraient antérieures au XIVe siècle et 1000 familles remonteraient à 1550. Étaient nobles "d'extraction", notamment les Capétiens, qui pouvaient revendiquer cette qualité depuis l'an 852 ou les Rochechouart, depuis 980.

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    Françoise de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan (1640-1707)

    A la différence de la noblesse "d'extraction", l'acte fondateur de la noblesse "d'anoblissement" est quant à lui connu et conservé. L'anoblissement, ratifié par lettres patentes du roi, est enregistré devant les parlements. Cette noblesse d'anoblissement se compose de la "noblesse d'épée" qui compte en son sein les familles anoblies par la chevalerie ou des faits d'armes, de la "noblesse de robe" qui regroupe les familles anoblies par charge et de la "noblesse de cloche", celles anoblies par fonction. 

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    Le prévôt et les échevins d'Amiens en 1689, nobles "de cloche"

    Afin de distinguer le hobereau désargenté à l'ascendance chevaleresque d'un bourgeois enrichi et possesseur d'un fief, le roi Louis XIV (1638-1715) va décider, en 1666, de mener une grande enquête destinée à recenser les "vrais nobles". Ceux-ci devaient être en mesure de prouver leur noblesse depuis au moins l'an 1560. Pour justifier leur "état noble" en l'absence de titres officiels, certaines de familles, vont produire documents, attestations ou déclarations en tout genre en revendiquant haut et fort leur appartenance depuis toujours à cette classe. De nombreux bourgeois vont ainsi officialiser une noblesse que leurs aïeux avaient quelque peu usurpée. Dans ce cas, on parle "d'anoblissement par prescription" ou "usurpation" .

    Si la Révolution abolit la noblesse en 1790, les souverains se succédant à la tête de la France de 1804 à 1870, vont s'employer à reconstituer une nouvelle noblesse, instituée non plus de privilèges, mais purement honorifique. Napoléon (1769-1821) crée "la noblesse d"Empire" récompensant plus de 3200 familles, en grande partie des militaires et des hauts-fonctionnaires. Ses successeurs, Louis XVIII (1755-1824) et Charles X (1757-1836) permettent à environ 200 nouvelles familles d'accéder à cette catégorie. Sous la Monarchie de Juillet, Louis-Philippe (1773-1850) n'accorde aucune noblesse mais donne des titres à 85 familles. Enfin, sous le Second-Empire, Napoléon III (1808-1873), tout en confirmant l'abolition de la noblesse, confère lui aussi environ 25 titres nouveaux.

     

    A suivre...

    Biblio. "Généalogie facile - réaliser son arbre" - Hachette Collections, 2008 - "Larousse de la Généalogie" 2002 -"Revue française de Généalogie" n° 163 - Avril-Mai 2006 - "Votre généalogie" n° 76, 77, 78 - 2017 - "Gé-Magazine" n° 218.