Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/08/2020

La majuscule d'Alexandre

Si, seule une majuscule différencie leur patronyme, de commun entre ces deux hommes, il y a le génie, l'audace et l'ambition. Quelle influence le premier a t'il eu sur le second ? Nul ne le sait. D'ailleurs, en a t'elle eu une ?

benedictine 6.jpg

Alexandre le Grand (356 av. J.-C./323 av. J.-C) et Alexandre Le Grand (1830-1898)

Le premier, c'est Alexandre le Grand, avec un "l" minuscule, (356 av. J.-C./323 av. J.-C), l'un des personnages les plus célèbres de l'Antiquité. Le second, c'est un autre Alexandre Le Grand, avec un "L" majuscule celui-là, un normand qui voit le jour à Fécamp (Seine-Maritime), le 8 juin 1830. Héritier d'une vieille famille de la ville, fils d'un capitaine au long cours, il va couronner son empire au goût de Bénédictine d'un palais digne d'un empereur.

Passionné d'antiquités et d'objets d'arts, notre homme raconte qu'un jour, par hasard, il trouve au milieu d'une pile d'ouvrages anciens, un vieux grimoire médiéval provenant de l'abbaye Bénédictine de Fécamp. En le parcourant, il y découvre la recette d'un élixir mis au point au début du XVIe siècle par un moine vénitien herboriste et un peu alchimiste, Dom Bernardo Vincelli. Fruit de la lente infusion puis de la distillation de pas moins de 27 herbes et épices dont le thé noir, la cardamome, le safran, la coriandre, mais aussi l'angélique, l'hysope et la mélisse, des plantes cueillies sur les falaises de Fécamp, il apprend que ce breuvage, à usage thérapeutique, était notamment très apprécié du roi François Ier. (1494-1547) Mais, à la Révolution française, les moines, chassés de leur abbaye et dépossédés de leurs biens, s'enfuient, abandonnant derrière eux le précieux parchemin.

Légende ou réalité ? Toujours est-il que la grande aventure de la Bénédictine va commencer. Nous sommes en 1863. L’élixir est transformé en liqueur baptisée "Bénédictine" en hommage au moine inventeur. Prudent, avant de prendre le soin de déposer sa marque, Alexandre Le Grand y ajoute la devise DOM "Deo Optimo Maximo", mot d'ordre de Bénédictins signifiant "Dieu, absolument bon, absolument grand". Ensuite, grâce à une communication aussi audacieuse qu'efficace, le succès est immédiat et fulgurant. La Bénédictine apparaît comme un trésor pour la santé, une boisson à la fois raffinée et authentique et surtout typiquement française. Au bout d'un an seulement, 28000 bouteilles ont déjà été vendues partout à travers le monde !

 

benedictine palais.jpg

Le palais fécampois d'Alexandre Le Grand

Fort de cette réussite, en 1888, Alexandre Le Grand a l'idée de faire bâtir un premier palais-usine dans lequel il donne à voir d'une part la collection familiale d'objets d'arts et d'autre part la fabrication de sa liqueur. Malheureusement, à peine inauguré, l'édifice est ravagé en 1892 par la malveillance d'un incendie volontaire. Qu'importe, un second, encore plus imposant et spectaculaire que le premier, savant mélange d'extravagance et de sobriété, est inauguré en 1900. Plus de 150 000 visiteurs viennent chaque année le visiter.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. En 1919, Ernest Hemingway (1899-1961) décrit, au détour d'une de ses nouvelles, le mélange de la Bénédictine et du brandy. Le "B&B" devient dès lors la boisson à la mode aux U.S.A. D'autres cocktails suivront comme le "Singapore Sling", alliant jus d'ananas, Bénédictine, grenadine et cherry ou le "Bobby Burns", à base de Noilly Prat Rouge.

BENEDICTINE 4.jpg

Pour vous, amis gourmands aux babines alléchées, cette recette normande* de Bénédictine en cocktail, le "Chery-Normandie".

Disposez 3 griottes au Calvados AOC dans des verres tulipes. Versez 3 cl de Bénédictine et 10 cl de jus de carottes (si possible de Créances) fraîchement centrifugées.

A votre santé !

 

* Recette de la revue "Normands en Cuisine" n°3 - 2012

10/02/2016

La phobie des gaulois

Si on nous demande ce dont avaient peur les Gaulois, on répond sans hésiter : " Que le ciel leur tombe sur la tête". Il faut dire qu'à cette époque, on se représentait le ciel comme une sorte de couvercle solide posé sur la terre.

 

ciel sur la tete 3.jpg

L'histoire de cette phobie gauloise nous a été contée par Straton (58 av. J.-C. - 25 ap. J.-C.). Le géographe grec, dont le nom signifie « qui louche », évoque dans le Livre VII de sa "Géographie", la rencontre en 335 av. J.-C. entre des émissaires celtes et Alexandre le Grand (356 av. J.-C. - 11 juin 323 av. J.-C. ). Ce dernier, qui a hérité du génie militaire de son père, a étendu son empire sur trois continents, de la Grèce à l'Inde. Chef tolérant et généreux, respectueux des cultures de chaque pays qu'il conquiert, il se trouve en Thrace, région de la péninsule balkanique, quand il reçoit ses invités. "Le roi, qui les avait accueillis avec cordialité, leur demanda, dans les fumées du vin, ce qu'ils craignaient le plus, persuadé qu'ils allaient le désigner lui-même." Car Alexandre, qui était par ailleurs très orgueilleux, pensait réellement que son armée les faisait trembler...

ciel sur la tete 1.jpg

Strabon d'Amasée, gravure du XVIe siècle

C'est pourquoi, la réponse de son hôte le laissa pour le moins perplexe... En effet, celui-ci lui assura que son peuple "n'avait peur de personne, qu'il craignait seulement la chute du ciel sur sa tête, mais qu'il plaçait plus haut que tout l'amitié d'un homme comme lui !" Répondre par cette boutade était non seulement osé mais une manière claire d'affirmer que personne, pas même le grand Alexandre, ne leur faisait peur et qu'ils ne craignaient rien !

ciel sur la tete 2.jpg

L'histoire marqua tellement les chroniqueurs de l'époque qu'elle fut colportée dans tout l'empire et arriva aux oreilles des Romains qui, eux, craignaient comme la peste ces implacables et féroces guerriers gaulois. Ils prirent au premier degré, volontairement ou non, cette frayeur et colportèrent partout que ces irréductibles guerriers... avaient peur que le ciel leur dégringole sur la tête !

Biblio. "Les dessous de l'Histoire" de L. Loiseau - Ed. 365, 2015.

05/09/2012

De sept à quatorze : les Merveilles du monde !

« J’ai contemplé le rempart de la superbe Babylone où peuvent courir les chars, le Zeus des bords de l’Alphée, les Jardins suspendus, le colosse d’Hélios, l’énorme travaille des hautes pyramides, l’opulent tombeau de Mausole ; mais quand je vis la maison d’Artémis qui s’élance jusqu’aux nues, tout le reste fut éclipsé, et je dis : « hormis le sublime Olympe, l’œil d’Hélios vit-il jamais une chose semblable ! » (Anthologie palatine, IX, 58)

Œuvres architecturales et artistiques les plus extraordinaires du monde antique, toutes situées autour du bassin méditerranéen, toutes comprises dans les territoires conquis par Alexandre le Grand (-356 av. J-C.- 323 av. J-C.), toutes construites entre environ 2650 av. J-C. et le début du IIIe siècle av. J-C., ce sont là les 7 merveilles du monde telles que décrites primitivement par Philon de Byzance, scientifique et ingénieur grec du IIIe siècle av. J-C. dans un manuscrit intitulé « De septem mundi miraculis » : la pyramide de Khéops, les jardins suspendus de Babylone, le temple d’Artémis, la statue de Zeus Olympien, le mausolée d’Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d’Alexandrie.

 7 merveilles du monde.jpg

Aujourd’hui, seule la pyramide de Kéops de Memphis en Egypte peut encore être admirée : tous ces autres merveilles ont disparu, victimes d’incendies, d’intempéries, de séismes ou tout simplement des mains de l’homme.

 Pyramide Kheops.jpg

 La pyramide de Kéops

Mais saviez-vous que, grâce à l’initiative d’un suisse, Bernard Weber, sept « nouvelles » merveilles du monde ont été désignées en 2007. Elles sont issues d’une liste de 21 sites situés dans 21 pays de tous les continents, qui comprenait pour la France, la Tour Eiffel de Paris. La Normande que je suis regrette que le Mont-Saint-Michel, fleuron de notre territoire, n’ai pas été retenu…  Les 7 nouvelles merveilles du monde sont donc le résultat d’un vote en ligne (assez contesté cependant) ouvert officiellement à l’occasion des Jeux Olympiques de Sydney.

Les élues ont été : la Grande Muraille de Chine, l’ancienne cité de Pétra en Jordanie, la Statue du Christ Rédempteur de Rio de Janeiro,  Machu Picchu, l'ancienne cité inca du Pérou,  Chichén Itza, l'ancienne ville maya du Mexique, le Colisée de Rome et le Taj Mahal en Inde.

 7-merveilles-modernes.gif

Les sept nouvelles merveilles du monde

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a depuis fait savoir qu’elle n’avait aucun lien avec l’initiative de M. Weber, laquelle reste une démarche privée.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet et pour les images, aux sites http://lespapillons.centerblog.net/, http://www.les-7-merveilles.fr/et  http://www.1000merveilles.com/7-merveilles