Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeanne d'arc - Page 2

  • La Jeanne de Clément

    On doit à Clément de Fauquembergue la seule effigie de Jeanne d’Arc exécutée de son vivant. Il l’a réalisée le 10 mai 1429 à l’annonce de la levée du siège d’Orléans.  

    Jeanne d'Arc.jpg

     Portrait imaginaire de Jeanne d’Arc par Clément de Fauquembergue

     

    Clément de Fauquembergue (? - 1438) est à cette époque greffier du Parlement de Paris. Successeur à ce poste de Nicolas de Baye (v. ma note 3.12.11), de janvier 1417 à septembre 1435, durant dix-huit années, il va noter scrupuleusement au jour le jour les nouvelles officielles, évènements politiques ou autres du Royaume de France.

    Le témoignage qu’il va laisser sur l’épopée de Jeanne d’Arc (1412-1431) compte parmi les plus connus et les plus fréquemment invoqués. C’est en mai 1429 qu’il évoque pour la première fois la Pucelle d’Orléans. Il relate dans son journal le récit de la prise de la bastille des Tourelles le 7 mai 1429 par les « ennemis… qui avaient entre leurs rangs une pucelle portant bannière ». En marge de son texte, il trace à la plume un portrait imaginaire de cette Jeanne dont hérauts et crieurs colportent dans Paris la description. Il arme la bergère de Domrémy d’une épée et d’un étendard avec la simple devise « IHS ». 

     

     FAUQUEMB..JPG

     

    Journal manuscrit de Clément de Fauquembergue.

     

     

    « Mardi Xe jour de may, fu rapporté et dit à Paris publiquement que, dimenche derrain passé, les gens du Dauphin, en grant nombre, aprez plusieurs assaulz continuelment entretenuz par force d’armes, estoient entrez dedens la bastide que tenoient Guillaume Glasdal et autres capitaines et gens d’armes anglois de par le Roy, avec la tour de l’yssue du pont d’Orleans par delà Loyre, et que, ce jour, les autres capitaines et gens d’armes tenans le siege et les bastides par deçà Loyre, devant la ville d’Orleans, s’estoient partiz d’icelles bastides et avoient levé leur siege pour aller conforter ledit Glasdal et ses compaignons et pour combattre les ennemis, qui avoient en leur compagnie une pucelle seule ayant baniere entre lesdis ennemis, si comme on  disoit. »

     signature_jeanne_arc.gif

     

                                                                            

     

    La signature de Jeanne d'Arc

     

    Il témoignera encore des faits d’armes de la Pucelle, et notamment le 2 septembre suivant, quant, lors de l’attaque des remparts de Paris vers la porte Saint-Honoré, il écrira : « blecée en la jambe, de trait, une femme que on appeloit la Pucelle, qui conduisat l’armée avec les autres capitaines de Messire Charles de Valois. »

    Plus tard, c’est en termes modérés et mesurés voire respectueux qu’il relatera la capture de Jeanne d’Arc par les Bourguignons sous les murs de Compiègne. Lors de son procès et de sa mort à Rouen, brûlée sur un bûcher comme hérétique et relapse, il fera aussi appel à la miséricorde divine pour son âme.

     

    Biblio. « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » - R. Laffont Editions – 1993

    Merci au site http:// www.stejeannedarc.net

     

  • Les chroniques d’Enguerrand de Monstrelet

    En l’an 1440, Enguerrand de Monstrelet est prévôt « en la noble cité de Cambrai, ville séant en l’empire d’Allemaigne ».

    Il est né quarante ans plus tôt, au sein du Comté français de Ponthieu, dans le village de Montrelet, aujourd’hui Fieffes-Montrelet, commune proche de Doullens en Picardie, dont son père, Jean d’Enguerrand, est seigneur. 

     

    Monstrelet.jpg

     Enguerrand de Monstrelet d’après une miniature anonyme

     

    On sait peu de choses de sa vie si ce n’est qu’il était au service de Jean de Luxembourg (1392-1441), celui même qui vendit en 1430 Jeanne d’Arc aux Anglais, et que c’est pour ce maître qu’il va rédiger ses « chroniques » historiques,  prenant de fait, en la matière, la succession de Jean Froissart (v. ma note du 5 octobre dernier).

    Les « chroniques de Monstrelet » recouvrent les années allant de 1400 à 1444. Elles s’attachent aux ducs de Bourgogne, l’un des deux partis en lutte pour le pouvoir dans le Royaume de France de cette époque. Les faits y sont relatés avec exactitude et impartialité.

    Son récit est marqué par la guerre de Cent Ans dont l’assassinat de Jean Ier de Bourgogne dit  « Jean sans Peur » (1371-1419), le 10 septembre 1419  est un des épisodes majeurs.   

    E D M 1.JPG

     Chronique, XVe siècle

     

    Grâce à la plume de Monstrelet, historien consciencieux mais toutefois proche du camp bourguignon, on assiste à la scène du meurtre du Prince bourguignon. Ce jour-là, Jean sans peur et le dauphin Charles, futur Charles VII (1403-1461) doivent sceller la paix. La rencontre est prévue sur le Pont qui traverse la Seine à Montereau (Montereau-Fault-Yonne en Seine-et-Marne).Jean sans Peur se rend au rendez-vous sans protection armée. Il s'agenouille avec respect devant le dauphin. Monstrelet raconte que le Duc a peut être eu, alors qu’il se relevait, cherchant appui en posant la main sur le pommeau de son épée, un geste « équivoque ».

    Aussitôt, les hommes en armes du Dauphin bondissent et se déchaînent sur le Duc qu’ils lardent de coups alors que le Dauphin, conduit à l’écart, demeure impassible.

    Désigné comme le principal instigateur de l'assassinat du duc de Bourgogne, il ne pourra, malgré toutes ses dénégations et ses excuses, se justifier de ce crime.  

    E D M 2.JPG

    Extrait d’une page des Chroniques de Monstrelet (traduction ci-dessous)

     

    « Et ledit duc, qui était à un genoux, comme dit est, avait son épée ceinte, laquelle selon son vouloir était trop demeurée derrière quant il s’agenouilla, si y mit sa main pour la remettre plus devant à son aise. Et lors ledit messire Robert lui dit : « Mettez-vous main à l’épée en la présence de monseigneur le Dauphin ! » Entre lesquelles paroles s’approcha messire Tanegui du Chastel, et en disant « il est temps ! » il férit ledit duc d’une petite hache qu’il tenait en sa main, parmi le visage, si rudement qu'il chut à genoux, et lui abattit le menton. Et quant ledit duc se senti féru, il mit la main à son épée pour la tirer et se cuida lever pour se défendre, mais, incontinent, tant dudit Tanegui comme d’aucuns autres, fut féru plusieurs coups et abattu par terre comme mort. »

     

    Enguerrand de Monstrelet épousa Jeanne de Valhuon qui lui donna plusieurs enfants. Il mourut à Cambrai le 20 juillet 1453. Ses restes, retrouvés en 1959 dans la chapelle des Récollets à Cambrai, furent réinhumés en 1962 près du portail.

     

     

    Biblio. et images « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » - Bibliothèque Nationale – Ed. R. Laffont Paris 1993

    Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.