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  • Le navet de Martot, normand et fameux !

    Situé sur la plaine alluviale de la Seine, entre Elbeuf et Val-de-Reuil, c’est à Martot que l’Eure conflue avec la Seine. Et c’est grâce à ce sol sableux que, de tous les navets cultivés en Normandie, celui de Martot est le plus anciennement réputé. L’historien français Le Grand d’Aussy (1737-1800) mentionne, dès 1782,  les navets de « Martot près de Rouen » ! Plus tard, en, dans son « Petit traité pratique de culture potagère » publié en 1854, N.-J.Prévost insiste sur l’importance du terroir. « Aucune plante potagère ne change plus complètement de qualité, en changeant de terrain, que le navet ; ainsi les navets de Martot, si justement réputés (…) Rien n’égale en bonté les navets récoltés sur le sol arénaire compris entre Elbeuf et Pont-de-l’Arche. »  

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    Le navet de Martot se distingue de ses cousins par sa belle forme obtuse et arrondie à l’extrémité. Il est aussi très légèrement sucré. Est-il né d’un vieux navet normand, le navet Maltot apparu dans le Calvados ? Est-ce le renflement de la partie inférieure qui lui a valu ce nom orthographié également en « Marteau » ? Peut-être.  

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    Quoi qu’il en soit, alors qu’à Martot, la production de navets a perdu son ancienne importance, c’est aujourd’hui, la Basse-Normandie, et plus particulièrement le département de la Manche, qui se trouve en tête des régions françaises productrices de navets.

    Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette des navets au cidre*.

    Pour 4 personnes, il vous faut 4 gros navets ronds, 250 g de chair à saucisse, 1 œuf, 1 belle noix de beurre, 1 dl de cidre, 1 échalote, 3 cuillers à potage de jus de veau, 1 brindille de thym, 1 feuille de laurier, quatre-épices, fines herbes.  

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    Commencer par éplucher les navets ; les évider ; avec les fines herbes, l’échalote hachée finement, l’œuf et 2 pincées de quatre-épices, la chair à saucisse, faire la farce en mélangeant le tout. Remplir les navets ; bien tasser ; beurrer grassement un plat allant au four. Placer les navets ; mouiller avec le citre, le jus de viande, sel, poivre ; Passer au four chaud 15 minutes.

    Bon appétit !

     

    * « Le grand livre de la cuisine normande » de R. Compas – Ed. Delarge – 1976.

    Biblio ; « Normandie, produits du terroir et recettes traditionnelles » - Inventaire du patrimoine culinaire de la France – Ed. Albin Michel 2003.

    Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

  • La sauce normande

    Faire des sauces était un métier au Moyen-âge. Essentielle pour relever la saveur de viandes peut être moins variées que de nos jours ou pour masquer un fumet de poisson un peu trop poussé, comme dit le proverbe « elle valait mieux que le poisson » ! Talleyrand (1754-1638) dénombrait 360 sauces en France. Et parmi elles, bien sûr la sauce normande !

     

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    C’est une sauce blanche, plus fine et plus épicée, dans laquelle le bon cidre normand et la non moins excellente crème fraîche de notre terroir se marient à l’oignon. Elle est de deux sortes : l’une pour le poisson et l’autre pour les viandes et légumes.

     

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    Traditionnellement, pour les poissons, elle se travaille à partir d’un fumet fait au beurre avec les arêtes, nageoires, têtes et rognures du poisson, oignon émincé, thym, laurier, persil, sel et poivre, le tout mouillé au cidre. Quand la cuisson est à point, après avoir passé finement le fumet, on l’ajoute à un roux blond que l’on lie au fouet avec deux jaunes d’œufs en introduisant des dés de beurre fin jusqu’à ce que le mélange devienne crémeux. Un filet de citron et un passage à l’étamine, et votre sauce est prête au nappage de votre plat de poisson que vous allez servir bien chaud.   

    sauce normande, cidre, crème fraiche

    Pour les viandes et légumes, on met dans une casserole sur feu doux une grosse noix de bon beurre. On fait blondir un oignon émincé très fin et on ajoute encore 50 gr de beurre et une bonne cuillerée à bouche de farine que l’on travaille à la spatule de bois. Lorsque le mélange épaissit, on mouille au cidre en travaillant au fouet et en ajoutant encore quelques petits dés de beurre. Saler, poivrer, ajouter un peu de muscade ou de cannelle râpée. Au moment de servir, on incorpore au fouet un quart de belle crème fraîche et on finit avec un filet de citron.

     

    Bon appétit !

     

    Biblio. Normandie Actualité – n° 27 – 8-1974

    Photo : merci au site quecapetille.com/pomme.htm