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17/08/2011

Le soin des dents autrefois

La coquetterie est aussi vieille que le monde ! Dans cet esprit, saviez que les dames romaines prenaient un soin particulier de leurs dents ? Si nombre d’entre elles les lavaient avec de l’eau pure, d’autre utilisaient de l’urine dans laquelle était délayée de la pierre ponce pilée.  

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Les romains et les grecs, qui pensent que les dents sont des os, n’hésitent pas non plus à les entretenir, les soigner (les obturations sont notamment effectuées à l’aide d’ardoise pilée) et même les remplacer. Ils font grand usage des dents postiches, sculptées en ivoire ou en os et fixées par des rubans en or attachés aux dents adjacentes. Les égyptiens utilisent quant à eux du bois de sycomore.

Chez nous, du Moyen Age au début du XVIIIe siècle, contre le mal de dents, peu de solutions ! On a le choix entre soit recourir à des charlatans qui abusent de la crédulité humaine en offrant des  remèdes aussi obscurs qu’inefficaces, soit confier ses dents abîmées à l’un de ces arracheurs qui officient sur les places de marché. Pas de prothèse dentaire même pour les plus grands : quand Saint-Louis décède, à peine âgé de 55 ans, sa mâchoire ne possède plus qu’une seule dent !  

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Le Dentiste par Steen

 

Pendant la Renaissance, les scientifiques vont bien acquérir quelques connaissances en anatomie et en médecine mais sans pour autant véritablement remédier au mal. Léonard de Vinci (1452-1519) décrit les rapports des racines des molaires avec les sinus maxillaires et donne les premiers dessins exacts que nous ayons sur les dents. Plus tard, Ambroise Paré (1516-1590) reconnaît l’art dentaire comme une vrai spécialité mais continue à penser que les dents sont des os. Il préconise la ligature des dents mobiles avec des fils d’or ou d’argent.   

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 Outils utilisés au XIXe siècle

 

A partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, à la cour, on prend l’habitude de se rincer la bouche après le repas. Le Roi Soleil (1638-1715), à l’âge de 47 ans, n’avait plus de dents à la mâchoire supérieure et celles qui lui restaient en bas étaient toutes cariées. Madame de Maintenon (1635-1719) s’en était plainte dans une lettre à Marie-Anne de la Trémoille, Princesse des Ursins (1642-1722) disant qu’on ne l’entendait plus « parce que la prononciation s’en est allée avec les dents ». A l’époque, plus pénible était de supporter les dents postiches, faites avec des dents de morse ou d’hippopotame, que de subir les infirmités résultant de la perte de dents naturelles. De toute façon, il était nécessaire de les ôter pour pouvoir manger !  

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 Acte de baptème de Pierre Fauchard

 

La pratique de l’odontologie moderne commence véritablement avec les travaux de  Pierre Fauchard (1679-1761) qui publie en 1728 « Le Chirurgien dentiste ou Traité des dents ». Il y présente la pose de dents artificielles et l’utilisation de la fraise pour tailler les dents en remplacement des traditionnels marteaux et burins. Non seulement il établit une relation étroite entre l’état de santé d’une personne et sa santé dentaire, mais il voit dans le sucre l’une des causes des caries. Pour remplir celles-ci, il préconise l’utilisation des plombages et, pour les éviter… les bains de bouche avec de l’urine ! 

 

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 Pierre Fauchard

 

Plus tard, en 1789, un apothicaire a l’idée d’utiliser la porcelaine pour fabriquer des dents artificielles. Le développement de l’anesthésie à partir de 1844 et l’invention de la roulette en 1858 vont contribuer à l’essor de cette science. L’ordre national des chirurgiens dentistes est créé par Ordonnance du 24 septembre 1945.

 

Biblio. "Le savoir-vire de la Bouche" du Dr Cabanès - Historia n°165 

Merci aux sites : http://www.genealogie-dyonisienne.fr, http://www.lautresaintehelene.com, http://timbreetdent.free.fr  et http://www.homeoint.org

14/02/2010

Jean Dufresne, Garanceur

Il s’appelait Jean Dufresne (sosa 106). Il était né à Virville (Seine-Maritime), entre Le Havre et Bolbec, le 25 juin 1779 d’une famille de tisserands. Il était mon aïeul.

 

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Acte de baptême de Jean Baptiste Augustin Dufresne, le 25 juin 1779 à Virville (Seine-Maritime)

4ème enfant de la fratrie qui en comptera 6, il n’a pas 20 ans quand il se marie une première fois dans sa commune de Bolbec avec Marie Goupil dont il aura 4 enfants. Veuf en 1808, il se remarie l’année suivante avec Marie Drouet. De nouveau veuf, il épouse le 13 janvier 1812 toujours à Bolbec Marie Le Marié. Il est âgé de 32 ans, sa nouvelle épouse 25. Il est déjà père de 4 enfants, sa femme est célibataire.

Un premier et unique enfant naîtra de leur union le 21 octobre 1812 à Bolbec. C’est une fille qu’ils prénomment  Louise (sosa 53). A sa naissance, Jean Dufresne se déclare Garanceur.

Un garanceur, le mot est attesté dès1671, c’est l’ouvrier chargé du garançage, procédé de teinture des étoffes obtenu grâce à la garance, plante vivace de la famille des Rubiacées (celle du café, du quinquina, du gardénia), dont  à partir des racines, on extrayait l’alizarine, matière colorante d’un beau rouge.

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Garance des Teinturiers

Le mot " garance" provient du latin médiéval « warantia », devenu « garantia » puis, au XIe siècle, « garance » en français. Ce mot est à l’origine du mot  « garant » et « garantie » parce que le prix de la garance était fixé et contrôlé par l’Etat.

Originaire probablement de Perse, la garance était connue des grecs et des Romains. Utilisée par les Carolingiens, elle a d’abord fait l’objet d’un commerce intense, notamment depuis la Hollande,  avant d’être cultivée en France, et ce à partir de 1760, en Alsace mais surtout dans le Vaucluse, département qui, en 1860, va produire près de la moitié de la production mondiale. Dans son livre en provençal « Moun Vièi Avignoun » (1907), Henri Bouvet restitue son épopée et mentionne que la culture de la garance en Vaucluse s’étendait sur 15 0000 hectares, produisant 20 000 quintaux de poudre. 35 maisons expédiaient leur produit en Angleterre et à Rouen, pour ses rouenneries, tissus de coton imprimés aux décors rouge/rose.

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Rouennerie

Le prix relativement élevé de la garance était dû notamment à difficulté du travail d’extraction. Le labeur était particulièrement rude dans les garancières. Mais cette activité va totalement et rapidement disparaître avec l’apparition de la synthèse chimique de l’alizarine. Si sa composition avait été identifiée dès 1826, ce n’est qu’en 1869  que des chimistes parvinrent à créer une alizarine synthétique et non une imitation. Cette découverte fera la ruine de tous les producteurs de garance mais la fortune des industriels...

A noter que l’Armée française utilisait encore l’alizarine au début de la première guerre mondiale pour teindre les pantalons et les képis de ses uniformes d’infanterie de ligne.

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Quant à la famille Dufresne, on la retrouve en 1838 près de Rouen, à Darnétal (Seine-Maritime) où ils demeureront jusqu’à la fin de leur vie.

Après avoir perdu sa femme le 26 décembre 1838, Jean Dufresne décèdera à l’âge de 83 ans, le 4 août 1862 à Darnétal, 12, rue Saint-Pierre, au domicile de son fils aîné chez qui il habitait.

* Tableau simplifié de descendance : Jean DUFRESNE - Garanceur - ( 1779-1862)  Sosa 106 →Louise DUFRESNE - Journalière - (1812-1856)  Sosa 53 → Gustave LECREQ - Ouvrier-Teinturier - (1849-1930) Sosa 26 → Louise LECREQ - Tisserande - (1875-1963)  Sosa 13 → Henri JULIEN - Bûcheron-Elagueur - (1901-1976)  Sosa 6 → Denise JULIEN, ma mère, Sosa 3.

 

11/10/2009

Désiré Bénard, Boucher au Mesnil-Esnard

Désiré Bénard, mon aïeul (sosa 28) est né à Boos (Seine-Maritime), au domicile de ses parents, le 30 décembre 1820, sous le règne du Roi Louis XVIII.

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Désiré Bénard (1820-1895)

 

Comme son père, il sera boucher et, après son mariage avec Catherine DESMARE, le 20 avril 1846 (acte ci-dessous), il s’installera à Mesnil-Esnard (Seine-Maritime) où il tiendra boutique dans la rue principale.

 

 

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Le métier de boucher est l’un des plus anciens des métiers de l’alimentation et sûrement aussi l’un de ceux qui fut le plus souvent règlementé.

Longtemps, la consommation de viande de boucherie sera un phénomène largement urbain Car, en campagne, pour se procurer de la viande, on tue sa propre poule ou son cochon ou bien encore on se passe de viande !…  Alors qu’en ville, on s’approvisionne chez le boucher, artisan chargé de la préparation et de la vente de la viande.

Le mot « boucher » trouve son origine peut-être de l’activité marchande qu’exerce une personne à vendre de la viande de bouc, mais plus vraisemblablement dans le mot « bouche ».

Ce métier a longtemps été exercé par un tout petit nombre de personnes voire par quelques familles seulement. Sous l’Ancien Régime, on ne recensait à Paris qu’une vingtaine de familles de Bouchers. C’était aussi un des plus riches métiers des villes. La fortune moyenne d’un marchand boucher était deux fois plus importante que celle d’un maître boulanger !

Maintes fois réorganisée, la corporation des bouchers est également l’une des plus anciennes de France pour avoir vu le jour à l’époque gallo-romaine.

C’est en  1791 que les privilèges corporatifs furent abolis, permettant ainsi à tout citoyen d’exercer le métier et de posséder un étal. Et jusqu’à la Révolution, si les grandes villes possédaient une tuerie, lieu spécifique où l’on tuait les animaux, dans les villes plus petites, l’abattage se faisait soit dans la cour même de la boutique, soit tout simplement dans la rue, d’où ces rues des bouchers ou de la boucherie qui subsistent encore de nos jours, comme à Rouen la Rue des Boucheries-Saint-Ouen. Les animaux étaient assommés à l’aide d’une massue puis égorgés au couteau. Le choix des viandes proposées à la vente augmenta au fil du temps : bœuf, mouton, porc, brebis, chèvre, veau, volaille… mais aussi du poisson, pendant la période de carême. Le boucher préparait et commercialisait aussi bien entendu les abats (cœur et foie), mais aussi des sous-produits comme le cuir pour la confection de chaussures, selles ou harnais, les suifs pour la fabrication des chandelles, la laine, les os et même la corne. 

Les maires furent dès lors chargés de la surveillance des boucheries, de la qualité de la viande et des prix pratiqués. Du fait des risques sanitaires liés au traitement de la viande, sa production, depuis l’achat du bétail jusqu’à la vente, était jusqu’à là contrôlée par la corporation des bouchers. Puis, à partir du XVIIe siècle, c’est la police qui eut en charge la surveillance des maladies éventuelles du bétail et l’inspection de la qualité des viandes vendues. La viande rouge devait être consommée immédiatement après l’abattage. En cas de marchandise exposée trop longtemps sur les étals, la viande, saisie publiquement, était brûlée. Mais les moyens de la police pour règlementer avec efficacité la salubrité des viandes étaient limités et les règles d’hygiène difficiles à faire respecter.

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"Le boucher" - F. Bonvin (1817-1887) - Musée des Beaux-Arts de Reims

On doit à Napoléon, en 1811, la création d’abattoirs municipaux, loin du centre des agglomérations, avec tout-à-l’égout. L’arrivée d’un tel abattoir sur une commune entraine l’interdiction des tueries sur son territoire à l’exception de l’abattage des porcs. 

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La commune de Mesnil-Esnard, Rue Principale au début du XXe siècle
Désiré et son épouse eurent ensemble 11 enfants. Mon aïeul, Albert Bénard (sosa 14) était l'avant-dernier de cette fratrie. Désiré décèda à son domicile, âgé de 75 ans, le 21 février 1895, déjà veuf depuis 16 ans. Il vivait de ses rentes...