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05/11/2011

Les Grandes Chroniques de France ou l’histoire de nos rois

Au cours des XIIe et XIIIe siècle, l’Abbaye de Saint-Denis, se voulant mémoire de la dynastie capétienne, a dressé, en latin, une histoire de la monarchie française intitulée les « Chroniques de Saint-Denis ».

Ces chroniques étaient en réalité une compilation de textes anciens, à commencer par les chroniques d’Aimoin de Fleury, rédigées aux environ de l’an mil et s’arrêtant en l’an 654.

L’atelier historiographique de l’Abbaye de Saint-Denis va dans un premier temps reprendre l’ensemble de ces textes et poursuivre ensuite ce travail de mémoire.

Nous devons à Saint-Louis (1214-1270) d'avoir commander une nouvelle version de ces textes, cette fois en langue française.

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Gilles le Muisit (1272-1353), « Poème sur la peste »

Grandes Chroniques de France, XVIe siècle.

 

 « Les Grandes Chroniques de France » vont ainsi retracer les principaux faits et gestes des règnes des rois de France depuis la dynastie mérovingienne, à partir du Ve siècle, jusqu’en 1461. Rédigés par des moines dont la principale tâche était d’écrire une histoire de France constamment continuée, un règne après l’autre, ces manuscrits, dont il ne reste environ que 130 exemplaires aujourd’hui, contiennent en outre pour certains de remarquables enluminures.

 

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Philippe VI de Valois (1293-1350)

 

La page ci-dessous a été extraite du récit des dernières années du règne de Philippe VI de Valois, c’est-à-dire les années 1344-1350, rédigées par un moine de Saint-Denis.  CHRONIQUES 10001.JPG

 

 

Grandes Chroniques de France, XVe siècle (B.N.)

 

On y lit notamment que : « L’an de grâce 1348 commença la devant dite mortalité au royaume de France, et dura environ un an et demi, plus ou moins, de telle sorte que à Paris par jour mouraient bien huit cents personnes. Ladite épidémie (de peste) commença en une ville de campagne appelée Roissy, près de Gonesse, à trois lieues de Saint-Denis en France. Et c’était très grande pitié de voir les corps des morts en si grande quantité, car en l’espace dudit an et demi, selon ce que certains disaient, le nombre des morts à Paris se monta à plus de cinquante mille. »

 

 

Biblio. et images « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » - Bibliothèque Nationale – Ed. R. Laffont, Paris 1993.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

05/10/2011

Froissart, chroniqueur du Moyen-Age

Georges d’Amboise (1460-1510), Cardinal-Archevêque de Rouen et Premier Ministre du roi Louis XII, avait fait bâtir le Château de Gaillon (Eure), l’une des « suprêmes extravagances de la Renaissance ».  

 

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Georges d'Amboise, Héliographie par Joseph Nicéphore Niépce

 

Sa bibliothèque, fondée en partie sur celle du roi d’Aragon qu’il avait achetée en bloc, contenait plus d’un millier de luxueux manuscrits enluminés dont celui des « Chroniques de Froissart », « un grand volume en parchemin, nommé Froisart, couvert de velours tenné, richement enluminé e hystorié, garny de loton doré ».

 

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 Chroniques, XVe siècle (BN)

 

Le manuscrit comportait 263 feuillets de vélin et était orné par 194 miniatures, elles-mêmes inscrites dans des colonnes enluminées, plus quatre panneaux de quatre miniatures en pleine page, le tout dans une reliure d’apparence française mais certainement d’origine italienne. 

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 Statue de Froissart - Cour du Palais du Louvre - Paris

 

Jehan Froissart, né à Valenciennes dans le Comté du Hainaut (aujourd’hui département du Nord), vers 1337, est l’un des plus importants chroniqueurs de son époque. Historien officiel à la cour de  Philippa de Hainaut (1311-1369), l’épouse du roi Edouard III d’Angleterre (1312-1377), il va passer sa vie à s’informer, à voyager et à témoigner sur ce qu’il a vu et appris. Ses Chroniques, qui relatent en 4 livres l’histoire médiévale anglaise allant des années 1322 à 1400, c’est-à-dire les évènements de la première moitié de la Guerre de Cent Ans, sont écrites en langue française. Placé entre les deux royaumes, il traite les évènements à la manière d’un « reporter », s’attachant aux détails concrets, aux hommes et à leurs émotions. 

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 La page de Froissart  sur le Bal des Ardents organisé par Charles VII le 28 janvier 1393.

 

Le premier livre des Chroniques, composé vers 1370, est nettement inspiré, pour les années 1325-1356, des Vraies chroniques de Jean Le Bel (1290-1370), autre grand imagier de son époque et maître de Froissart. « Un somptueux praticien comme le chanoine Jean Le Bel eut le talent d’écrire ses vraies chroniques avec tant d’allégresse que Froissart les adopta comme modèle » (Jean Lejeune).

Après la publication de ce premier ouvrage et la mort de Philippa, Froissart passe au service de son beau-frère, Robert de Namur (1323-1391), de sa belle-sœur Jeanne de Brabant (1322-1406), du mari de celle-ci Wenceslas de Luxembourg (1337-1383) et enfin de Guy de Blois, seigneur de Chimay, décédé en 1397. En 1388, il fait un long séjour chez Gaston Phoebus (1331-1391) avant de se trouver un dernier protecteur, Aubert de Bavière (1336-1404).

Il séjourne une dernière fois en Angleterre en 1395 et aurait fini ses jours à l’Abbaye Sainte-Monégonde de Chimay.

La première édition imprimée des « Chroniques de France, Dangleterre, Descoce, Despaigne, de Bretaigne, de Gascongne, de Flandres et lieux circunuoisins » date de 1494.

 

Biblio. « Un grand reportage illustré » de B. Galimard Flavigny – Historia N°539 – 11-1991 et « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » B-N – R. Laffont 1993.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

02/10/2010

Chanson nouvelle sur la malice des femmes…

Voici un exercice de paléographie destiné à vous faire sourire. Publié il y a quelques années par la Revue Française de Généalogie*, ce document avait été retrouvé  entre une contestation d’héritage et une reconnaissance de dette dans les minutes notariales de maître Aimé Golliet, notaire à Manigod (74). Je ne résiste pas à vous le proposer aujourd'hui !

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Chanson nouvelle sur la malice des femmes

1-Rien de parfait dans la nature / les diamants ont leurs deffauts, / et quelque Tache défigure / Souvent les objets les plus Beaux / femmes vostre air, vostre visage / ont quelque chose de divin / mais vous avés ce qui gate l’ouvrage / l’Esprit malin.

2-Dans cette demeure Si belle / Si riche en fruits delicieux / et qui devoit estre eternelle / pour le premier de nos ayeux / le demon n’eut de l’Homme Sage / Jamais trompé L’heureux destin / Si de la femme il neut mis en usage / L’Esprit malin.

3-Vous fecondés (sic) en artifices / Esprits bizarres, et de travers / qui faites vos cheres délices / apouvoir tromper l’univers / Et vous cocquette. Si volages / qui Savés dupper les plus fins / Si trompe-t-on en vous donnant pour gage / L’Esprit malin.

4-Un mary credule, un bon homme / un trop aveugle adorateur / incessamment mord a la pomme / que luy offre un Sexe trompeur : Cequi S’est fait au premier age / Se fera encore jusqu’à la fin / La femme aura toujours pour appagnage (sic) : L’Esprit malin.

5-Dans lesprit une femme a telle / le depit, lenvie, ou l’amour : ou pour Se vanger la Cruelle / veut elle inventer quelque tour : voyés ce divin personnage / voyés luy pousser Son dessein / vous jUreriés quelle tient à Ses gages / L’Esprit malin.

6-Bien d’autre jolis Caractêres / honnorent le Sexe indiscret / devottes, prudes, et legeres / je pourrois luy lencer Ces traits / mais mafoy je crains trop Sa rage / car je connois bien Son venin / et je me tais Sans aigrir davantage / L’Esprit malin.

* RFG n°109 – Avril/mai 1997