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23/06/2010

Le signe abréviatif "ur"

Ce signe abréviatif, ayant la valeur du latin « ur » ou du français « our », ressemble parfois à un « r » en exposant en fin de mot comme ci-dessous.

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On pourrait croire que l’exposant est tout simplement la lettre « r » et que le scribe a seulement sauté le « u » ; mais il n’en est rien ! Il s’agit bel et bien de l’abréviation « ur », que l’on peut retrouver, par exemple, avec le mot « jour ». Ce signe peut également se trouver en milieu de mot, souvent alors déformé par la cursivité. Ainsi dans le mot « court », désignant la cour d’un souverain ou l’instance judiciaire, le plus souvent ainsi écrit avec un « t » final à cause de l’étymologie latine (curtis),  le scribe écrit alors les lettres initiales « co » puis l’abréviation et le « t » final, comme dans l’exemple ci-dessous :

 

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23/05/2010

Les trois "p"

Pour continuer dans le descriptif des abréviations par signes spéciaux, parlons des trois « p ».

Les prépositions françaises « par » et « pour », tout comme les préfixes « pré », « par », « per », « pro » et « pour » sont abrégés par la seule lettre « p ».

Trois prépositions héritées du latin, « per, prae ou proe et pro », reviennent sans cesse en français soit comme prépositions en tant que telles soit comme préfixes ou même comme composantes dans un grand nombre de mots. Ainsi,  « per » est le préfixe « per » ou « par ». Il a aussi donné la préposition française « par ». « Prae » ou « proe » est devenu « pré ». Et « pro » s’est transmis tel quel comme préfixe ou a donné « pour ».

Ces prépositions et préfixes sont très fréquents. En effet, outre les prépositions « par » et « pour », le français comporte l’une de ces syllabes dans nombre de mots.

Soit en position initiale du mot, en préfixe comme dans promettre, pourfendre, personne, participer.

Soit en composition comme dans reproduire, dépourvu ou répartition.

De plus, en changeant de préfixe, les mots peuvent changer totalement de sens : prévenir ne doit pas être confondu avec parvenir, prévoir avec pourvoir et prévision avec provision.

Il en va de même pour les prépositions : ainsi « par » tous et « pour » tous.

C’est pourquoi, nos anciens scribes ont mis au point des signes distinctifs permettant de les différencier et d’éviter les contresens.

Dans les manuscrits médiévaux, calligraphiés, et encore dans les premières éditions d’imprimerie, il est aisé de faire la différence entre les trois : 

La préposition « pré » se signale par le titulus ou tilde.

Les deux autres abréviations consistent à barrer la hampe, horizontalement pour « per » ou « par », oblique pour « pro » ou « pour ».

 

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Si, théoriquement, il n’y a pas de confusion possible, la personnalisation de l’écriture, surtout à partir du XVIe siècle, avec les déformations qu’entraîna la cursivité, rend malaisé de distinguer ces deux dernières abréviations, la barre étant rarement horizontale.

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"pro se et pro aliis de predicto..." Pour soi et pour les autres du susdit

 

Les paléographes d’aujourd’hui nous conseillent, pour éviter de confondre ces deux abréviations, de suivre le « ductus » du scribe, c’est-à-dire le tracé, son geste. En effet, pour tracer « per ou « par », le scribe, sans lever la plume, dans le prolongement de la lettre à partir de la hampe, barre cette dernière. Pour former sa lettre « p », il a donc commencé par tracer la panse, puis la hampe. Au contraire, pour l’abréviation « pro » ou « pour », il barre la hampe dans le prolongement de la panse : il a donc d’abord tracé la hampe, puis la panse.

Un peu de patience, c'est avec le temps qu'on progresse ! A tous, bon dimanche de Pentecôte (ensoleillé, même en Normandie) !

 

 

 

13/04/2010

Le neuf tironien

Une des abréviations les plus souvent utilisées par les scribes des XVIe et XVIIe siècles concerne la syllabe latine « cum » devenue en français « com » ou « con », que l'on retrouve dans des mots comme dans "COMparaître" ou "CONstruction".

Cette "note tironienne" est appelée couramment « neuf tironien » tout simplement par ce qu’elle ressemble au chiffre 9.

Ci-dessus, le signe a été isolé pour permettre de mieux examiner comment il est formé : la flèche indique le sens du geste.

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 Deux autres exemples avec le mot « commence » ...

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 et le mot « confrères »...

NEUF TIR 3.PNG

A  signaler que si le neuf tironien est surtout utilisé en position de préfixe, donc en début de mot, il peut l’être aussi en composition, comme ci-dessous avec le mot « incontinent » écrit ici « in9tinant ».

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Extrait de "La Grande Encyclopédie" appelée aussi "Encyclopédie Berthelot"