Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/10/2010

Chanson nouvelle sur la malice des femmes…

Voici un exercice de paléographie destiné à vous faire sourire. Publié il y a quelques années par la Revue Française de Généalogie*, ce document avait été retrouvé  entre une contestation d’héritage et une reconnaissance de dette dans les minutes notariales de maître Aimé Golliet, notaire à Manigod (74). Je ne résiste pas à vous le proposer aujourd'hui !

  PALEO.JPG

 

Chanson nouvelle sur la malice des femmes

1-Rien de parfait dans la nature / les diamants ont leurs deffauts, / et quelque Tache défigure / Souvent les objets les plus Beaux / femmes vostre air, vostre visage / ont quelque chose de divin / mais vous avés ce qui gate l’ouvrage / l’Esprit malin.

2-Dans cette demeure Si belle / Si riche en fruits delicieux / et qui devoit estre eternelle / pour le premier de nos ayeux / le demon n’eut de l’Homme Sage / Jamais trompé L’heureux destin / Si de la femme il neut mis en usage / L’Esprit malin.

3-Vous fecondés (sic) en artifices / Esprits bizarres, et de travers / qui faites vos cheres délices / apouvoir tromper l’univers / Et vous cocquette. Si volages / qui Savés dupper les plus fins / Si trompe-t-on en vous donnant pour gage / L’Esprit malin.

4-Un mary credule, un bon homme / un trop aveugle adorateur / incessamment mord a la pomme / que luy offre un Sexe trompeur : Cequi S’est fait au premier age / Se fera encore jusqu’à la fin / La femme aura toujours pour appagnage (sic) : L’Esprit malin.

5-Dans lesprit une femme a telle / le depit, lenvie, ou l’amour : ou pour Se vanger la Cruelle / veut elle inventer quelque tour : voyés ce divin personnage / voyés luy pousser Son dessein / vous jUreriés quelle tient à Ses gages / L’Esprit malin.

6-Bien d’autre jolis Caractêres / honnorent le Sexe indiscret / devottes, prudes, et legeres / je pourrois luy lencer Ces traits / mais mafoy je crains trop Sa rage / car je connois bien Son venin / et je me tais Sans aigrir davantage / L’Esprit malin.

* RFG n°109 – Avril/mai 1997

  

21/07/2010

L'abréviation du relatif "que"

Autre mot revenant très souvent sous la plume des scribes, le relatif « que ».

Du fait de sa haute fréquence, ces derniers avaient pris l’habitude de ne former que la première lettre de ce relatif, en se contentant seulement de laisser trainer la plume comme indication de  l’abréviation, oubliant même fréquemment d’indiquer le tilde au-dessus :

 Relatif que.PNG

 

Il faut se souvenir que, jusque dans un XVIIe siècle avancé, il est banal d’écrire « que » pour « qui ».

D’où la difficulté pour nous, lors d’une transcription, de savoir quel relatif développer ! 

23/06/2010

Le signe abréviatif "ur"

Ce signe abréviatif, ayant la valeur du latin « ur » ou du français « our », ressemble parfois à un « r » en exposant en fin de mot comme ci-dessous.

UR.JPG

 

On pourrait croire que l’exposant est tout simplement la lettre « r » et que le scribe a seulement sauté le « u » ; mais il n’en est rien ! Il s’agit bel et bien de l’abréviation « ur », que l’on peut retrouver, par exemple, avec le mot « jour ». Ce signe peut également se trouver en milieu de mot, souvent alors déformé par la cursivité. Ainsi dans le mot « court », désignant la cour d’un souverain ou l’instance judiciaire, le plus souvent ainsi écrit avec un « t » final à cause de l’étymologie latine (curtis),  le scribe écrit alors les lettres initiales « co » puis l’abréviation et le « t » final, comme dans l’exemple ci-dessous :

 

UR.JPG