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23/07/2013

Secret pour la gravelle...

La gravelle, autre dénomination du calcul rénal, est une maladie douloureuse causée par la présence de petits corps granuleux semblables à du sable ou à du gravier, dans les voies urinaires.

Si de nos jours on dispose d’un arsenal médicamenteux efficace pour traiter cette affection, il n’en était malheureusement pas de même au XVIIe siècle.   

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 La ficaire

Voici une recette médicinale datant de 1697, « Secret pour la gravelle »,  conservée aux archives de l’Eure*. La potion est fabriquée à base de ficaire ou herbe aux hémorroïdes. Cette plante, au nom scientifique de « Ranunculus ficaria », est toujours préconisée en phytothérapie notamment pour traiter les  troubles et maladies de la sphère urinaire.  

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« L’on prendra la racine d’une herbe appellée hémoroide, qui croit dans les pays gras et frais, qui a la fueille verte et fleurit jaune dans le printemps et dont la racine est par petits oignons comme des perles, ou plustost comme les hémoroides qui arrivent aux hommes. On cueillira, si faire se peut, cette racine dans la pleine lune, parce qu’elle est plus dure ; on la fera secher au soleil, et par apres, la réduire en poudre et on la fera infuser dans un verre de vin blanc du soir au matin, et donner le tout à jeun au malade sans rien passer par tamis ny linge, mais bien luy faire prendre le vin avec la poudre tous les matins : si c’est un enfan plein un dés à coudre, et si c’est un homme ou femme, davantage à proportion. Remède infaillible appris de Mr Stilou, carabinier, en garnison à Tourville qui en a fait l’épreuve en ma présence. »  

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Pour finir, il faut savoir que, selon certains médecins, des normands sûrement, le cidre serait un préventif efficace de la maladie et ce par la présence importante de gaz carbonique qui faciliterait l'action des sucs gastriques et stimulerait ainsi la digestion. A consommer toutefois bien sur avec modération !

* « L’Eure et son passé – volume 2 » – Recettes médicinales du XVIe au XIXe siècles – Académie paléographique de l’Eure  - Evreux 1986. 

11/06/2013

Recette médicinale de l’Eau de Dalibour

L’eau ou la pommade de Dalibour sont des préparations dermatologiques hydratantes et antiseptiques employées toujours de nos jours en traitement d’appoint lors d’infections cutanées bénignes.

Cette solution tient son nom de Jacques Dalibour, reçu maître chirurgien à Paris en 1677. L’homme, qui deviendra major de la Compagnie des Gens d’Armes de la Garde Royale, a été formé auprès de la Confrérie de Saint-Cosme et de Saint-Damien, première association professionnelle de chirurgiens en France mise en place par Saint-Louis (1214-1270).

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 Jacques Dalibour, décédé en 1735.

 

Auparavant, à la différence de la profession de médecin qui requérait une formation, celle de chirurgien, comme celle de barbier, était considérée comme un simple métier manuel  s’apprenant « sur le tas ».

Grâce à l’initiative de Saint-Louis, on distingue désormais les chirurgiens dits « de robe longue » qui, formés avant d’exercer, doivent se soumettre à un examen devant leurs pairs et les chirurgiens dits « de robe courte », les barbiers, à qui on ne confie plus que des interventions minimes.  

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 Saint Côme et Saint Damien

 

Ce n’est qu’en 1741, soit 6 ans après la mort de Jacques Dalibour, que le vétérinaire François Alexandre de Garsault (1693-1778) dévoilera la première formule connue de ce qu’il nomme « Eau d’Alibour ou Eau de merveille ». La voici, telle que découverte dans les fonds privés des Archives de l’Eure. 

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 « Eau d’Alibourg pour toutes sortes de playes excepté celles de la teste, c'est-à-dire qu’il ne faut point absolument en metre aux playes de la teste. Alun, Salermoniac, Tutie, Vitriol bleu, Verd de gris, de chacun un gros. Il faut faire pulvériser le tout et le metre dans deux ports d’eau de fontaine.

Nota qu’il faut séparément bien délayer le verd de gris en le metant dans l’eau parce quj’il est très dificile à fondre.

Par-dessus ce que dessus il faut metre une coquille d’œuf que vous aurés auparavant broyé dans la main.

Usage. On en lave la playe et ensuite on y met une compresse bien imbibée dans lad. Eau dessus la playe. On en peut mettre 3 ou 4 fois par jour plus ou moins.

Pour la bruslure, prenés une once d’alun de Rome que vous ferés dissoudre dans une pinte d’eau et en lavés la playe souvent en metant une compresse imbibée dessus la playe ; cette eau empêche la cloche de venir et s’il y en a une de venue elle la dissipe mais il ne faut pas crever la vessie. »

 

Biblio. « L’Eure et son passé. Recettes médicinales du XVIe au XIXe siècles » Académie Paléographique de l’Eure – Evreux 1986 »

Merci au site : adessertenne.pagesperso-orange.fr/alibour_ou_l_eau_de_merveille.

06/01/2013

Le "Domesday Book" ou l'inventaire normand de l'Angleterre

Rédigé en 1086, le « Domesday Book » est le premier grand livre administratif réalisé en Europe et il représente à lui seul la compétence des normands en matière d’administration et de gestion ! 

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A Noël de l’an 1085, Guillaume le Conquérant (1027-1087), est en Angleterre, à Gloucester et il s’interroge. Comment allait-il gouverner cette île qu’il venait de conquérir et qu’il connaissait si peu ? A qui appartenaient les richesses terriennes de son nouveau royaume et quelles étaient-elles ? Comment garantir et répertorier les droits fiscaux de la Couronne ? Pour obtenir des réponses à ses questions, il va ordonner un gigantesque travail cadastral.  Pour savoir « qui possédait quoi et ainsi pouvoir le taxer », durant une année entière, le roi envoie ses hommes mener une vaste enquête de terrain à travers tout le royaume, l’équivalent de nos jours d’un recensement national. Malheureusement, quelques villes vont échapper au recensement et notamment celle de Londres.

 

Le rédacteur de la Chronique anglo-saxonne de l’année 1085 relate l’évènement en ces termes  « Le roi (Guillaume le Conquérant ») envoya ses homme dans toute l’Angleterre, dans chaque comté pour savoir combien il avait dans chaque compté de centaines d’hides, combien appartenaient à la couronne, la quantité du bétail et le chiffre des revenus exigibles par le roi en chaque endroit. Il voulut avoir aussi par écrit ce que les archevêques, évêques, abbés, comtes, avaient de terres ; bien plus, ce que chaque tenancier pouvait avoir en terres et en bestiaux, avec, l’estimation desdits biens. Il voulut que cela se fit si exactement qu’il n’y eut pas une seule hide, pas un seul yard de terre, … pas même une vache, un bœuf, un cochon qui ne fût point couché par écrit. Et tous ces renseignements, couchés par écrit, furent centralisés entre les mains du roi. »

 

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Ce « Descriptio » sera pour la première fois en 1198 désigné sous le nom de « Domesdays Book ». Venant d’une ancienne forme de « Doomsday », « le jour du Jugement Dernier », ce nom lui aurait été attribué de manière informelle par les Anglais au XIème siècle en raison de la « nature irréversible des informations ainsi collectées » : celles-ci avaient force de loi et aucun appel n’était possible. A noter que pour être en mesure d’évaluer rapidement la possibilité d’évolution des richesses locales, lui permettre de connaître ses ressources financières et optimiser l’administration de ses territoires, le normand était allé jusqu’à exiger que la valeur de chaque bien soit complétée de la valeur du même bien à l’époque du règne de son prédécesseur Edouard le Confesseur (1004-1066).  

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Ecrit en latin, probablement par des scribes venus de Lombardie, en deux volumes indépendants, la valeur de cet ouvrage est inestimable tant il décrit avec précision le nombre et l’état de la population anglaise à la fin du XIe siècle, la richesse et la diversité du royaume à cette époque. C’est un document prisé par les philologues, les généalogistes et les topographes, notamment pour l’identification des patronymes des anciennes localités.  

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Conservé durant près de 800 ans avec le Trésor de la Couronne au château de Winchester, la capitale des rois normands, on peut aujourd’hui l’admirer au musée des Archives nationales de Kew. Une publication complète a été numérisée et mise en ligne sur le site de ce musée en 2006.

 

Biblio. merci aux pages Wikipédia et aux nombreux sites sur le sujet.

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