Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/09/2013

Remède contre la surdité

Le poète français Joachim du Bellay (1522-1560), le peintre espagnol Francisco de Goya (1746-1829) et le compositeur allemand (1770-1827) Ludwig van Beethoven (1770-1827), pour ne citer qu’eux, avaient en commun le handicap d'être malentendants.

Pour eux comme pour nos ancêtres, il faut se rappeler que, bien avant notre médecine contemporaine, pour soigner ou prévenir les maladies et fléaux de la vie, bien modeste était l’arsenal thérapeutique dont disposaient les soignants. Ce n’est qu’au tout début du XVIIIe siècle que l’apprentissage pratique de la médecine « au lit du malade » commencera à se répandre, au détriment de l’apprentissage théorique en amphithéâtres de Facultés. 

MEDECINS SOUS LOUIS XIV.jpg

C’est à cette époque, qu’en Normandie, circule ce  « remède contre la surdité* ». Nous sommes en l’an de grâce 1705, sous le règne du roi Louis XIV (1638-1715). Dans « Les règles de la bienséance chrétienne », Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719), l’ecclésiastique et pédagogue français décédé à Rouen et canonisé en 1900, recommande ceci : « Il est de la propreté de se nettoyer tous les matins le visage avec un linge blanc pour le décrasser. Il est moins bien de se laver avec de l’eau car cela rend le visage susceptible de froid en hiver et de hasle en été. » 

remede contre surdite.JPG

« Prenés une grosse anguille qui sera blanche par-dessous le ventre, vous l’écorcherés sans perdre le sang, vous prendrés du romarin à demi sec et la piquerés par-dessus le dos, vous la lierés sur une broche de bois qui ne rompe point, qui soit plus longue que l’anguille, pour la lier sur une broche de fer, vous la ferés rostir à petit feu et vous l’arroserés en rostissant avec un demi carteron de beurre frais. Il faut prendre un pot de terre neuf et mettre la recepte qui se trouvera dans le commencement que l’anguille commencera à donner sa graisse, vous piquerés l’anguille avec une aleine par la tête et par le ventre et vous metterés la recepte dans un autre pot lorsqu’il s’en trouvera gros comme le poulce ou environ et s’en servir pour la surdité en la manière suivante : Vous écurerés bien l’oreille et avec une plume vous en tirerés du pot et en frotterés une tente (petit rouleau de charpie que l’on introduit dans les ulcères) qui sera pointue que vous metterés dans les deux oreilles. » 

ANGUILLE.jpg

* « L’Eure et son passé – 2 » - Recette médicinales – Académie paléographique de l’Eure -  Evreux 1986.

 

23/07/2013

Secret pour la gravelle...

La gravelle, autre dénomination du calcul rénal, est une maladie douloureuse causée par la présence de petits corps granuleux semblables à du sable ou à du gravier, dans les voies urinaires.

Si de nos jours on dispose d’un arsenal médicamenteux efficace pour traiter cette affection, il n’en était malheureusement pas de même au XVIIe siècle.   

ficaire.jpg

 La ficaire

Voici une recette médicinale datant de 1697, « Secret pour la gravelle »,  conservée aux archives de l’Eure*. La potion est fabriquée à base de ficaire ou herbe aux hémorroïdes. Cette plante, au nom scientifique de « Ranunculus ficaria », est toujours préconisée en phytothérapie notamment pour traiter les  troubles et maladies de la sphère urinaire.  

la gravelle.JPG

« L’on prendra la racine d’une herbe appellée hémoroide, qui croit dans les pays gras et frais, qui a la fueille verte et fleurit jaune dans le printemps et dont la racine est par petits oignons comme des perles, ou plustost comme les hémoroides qui arrivent aux hommes. On cueillira, si faire se peut, cette racine dans la pleine lune, parce qu’elle est plus dure ; on la fera secher au soleil, et par apres, la réduire en poudre et on la fera infuser dans un verre de vin blanc du soir au matin, et donner le tout à jeun au malade sans rien passer par tamis ny linge, mais bien luy faire prendre le vin avec la poudre tous les matins : si c’est un enfan plein un dés à coudre, et si c’est un homme ou femme, davantage à proportion. Remède infaillible appris de Mr Stilou, carabinier, en garnison à Tourville qui en a fait l’épreuve en ma présence. »  

cidre.jpg

Pour finir, il faut savoir que, selon certains médecins, des normands sûrement, le cidre serait un préventif efficace de la maladie et ce par la présence importante de gaz carbonique qui faciliterait l'action des sucs gastriques et stimulerait ainsi la digestion. A consommer toutefois bien sur avec modération !

* « L’Eure et son passé – volume 2 » – Recettes médicinales du XVIe au XIXe siècles – Académie paléographique de l’Eure  - Evreux 1986. 

11/06/2013

Recette médicinale de l’Eau de Dalibour

L’eau ou la pommade de Dalibour sont des préparations dermatologiques hydratantes et antiseptiques employées toujours de nos jours en traitement d’appoint lors d’infections cutanées bénignes.

Cette solution tient son nom de Jacques Dalibour, reçu maître chirurgien à Paris en 1677. L’homme, qui deviendra major de la Compagnie des Gens d’Armes de la Garde Royale, a été formé auprès de la Confrérie de Saint-Cosme et de Saint-Damien, première association professionnelle de chirurgiens en France mise en place par Saint-Louis (1214-1270).

Jacques Dalibour.jpg

 Jacques Dalibour, décédé en 1735.

 

Auparavant, à la différence de la profession de médecin qui requérait une formation, celle de chirurgien, comme celle de barbier, était considérée comme un simple métier manuel  s’apprenant « sur le tas ».

Grâce à l’initiative de Saint-Louis, on distingue désormais les chirurgiens dits « de robe longue » qui, formés avant d’exercer, doivent se soumettre à un examen devant leurs pairs et les chirurgiens dits « de robe courte », les barbiers, à qui on ne confie plus que des interventions minimes.  

COME ET DAMIEN.jpg

 Saint Côme et Saint Damien

 

Ce n’est qu’en 1741, soit 6 ans après la mort de Jacques Dalibour, que le vétérinaire François Alexandre de Garsault (1693-1778) dévoilera la première formule connue de ce qu’il nomme « Eau d’Alibour ou Eau de merveille ». La voici, telle que découverte dans les fonds privés des Archives de l’Eure. 

ALIBOUR.JPG

 « Eau d’Alibourg pour toutes sortes de playes excepté celles de la teste, c'est-à-dire qu’il ne faut point absolument en metre aux playes de la teste. Alun, Salermoniac, Tutie, Vitriol bleu, Verd de gris, de chacun un gros. Il faut faire pulvériser le tout et le metre dans deux ports d’eau de fontaine.

Nota qu’il faut séparément bien délayer le verd de gris en le metant dans l’eau parce quj’il est très dificile à fondre.

Par-dessus ce que dessus il faut metre une coquille d’œuf que vous aurés auparavant broyé dans la main.

Usage. On en lave la playe et ensuite on y met une compresse bien imbibée dans lad. Eau dessus la playe. On en peut mettre 3 ou 4 fois par jour plus ou moins.

Pour la bruslure, prenés une once d’alun de Rome que vous ferés dissoudre dans une pinte d’eau et en lavés la playe souvent en metant une compresse imbibée dessus la playe ; cette eau empêche la cloche de venir et s’il y en a une de venue elle la dissipe mais il ne faut pas crever la vessie. »

 

Biblio. « L’Eure et son passé. Recettes médicinales du XVIe au XIXe siècles » Académie Paléographique de l’Eure – Evreux 1986 »

Merci au site : adessertenne.pagesperso-orange.fr/alibour_ou_l_eau_de_merveille.