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10/08/2011

Chateaubriand : entre littérature et gastronomie

En citant le nom de Chateaubriand, on pense aussitôt au talentueux écrivain et homme politique François René, Vicomte de Chateaubriand,  né à Saint-Malo le 4 septembre 1768, l’auteur des « Mémoires d’Outre-Tombe » dont la rédaction dura une trentaine d’années.  

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Acte de baptême de François René, Vicomte de Chateaubriand

 

Mais on pense aussi à la pièce de boeuf du même nom ! C'était à ce qu'il paraît le plat préféré de ce grand voyageur. Alors qu’il était Ambassadeur à Londres, en 1822, son cuisinier personnel, un nommé Montmireil, lui avait fait découvrir ce qu’il baptisa plus tard une « Grillade de boeuf à la Chateaubriand ». Depuis, il affectionnait particulièrement, dit-on, ce morceau de filet de bœuf rôti, saignant, servi avec une sauce réduite à base de vin blanc, d’échalotes confites, d’estragon et de jus de citron. 

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 Chateaubriand (1768-1748)

 

Pourtant, ce n’est qu’une trentaine d’années après la mort du Vicomte que l’on baptisa du terme de « Chateaubriand » (avec un « d » final), cette pièce de viande de boeuf « épaisse taillée dans le filet, cuit entre deux autres qu’on ne sert pas », servie avec des pommes soufflées.  

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Alors, me direz-vous, c’est donc le célèbre malouin qui a donné son nom à cette spécialité gastronomique française !

 

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Pas si sûr ! En réalité, l’histoire varie suivant qu’on orthographie le plat avec un « t » final ou un « d » final.

En effet, les habitants de la ville de Châteaubriant (avec un « t » final) située en Loire-Atlantique, revendiquent entièrement la paternité de ce plat. Pour eux, c’est uniquement la réputation de la qualité de leur cheptel et de leur foirail bovin qui est à l’origine de l’appellation « Châteaubriant » et le vicomte n’y est pour rien !

 

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Mais voilà, la graphie la plus employée est tout de même « Chateaubriand » avec un « d » final, ce qui donnerait raison à Monsieur le Vicomte. André Castelot cite d’ailleurs dans son « Histoire à table », l’amusante pensée de Rochefort  « Le filet de bœuf a un goût si exquis qu’on l’a donné à un littérateur. »

 

Biblio. Revue Historia – Février 1986.

09/07/2011

La bande Velpeau

Elle est bien l’un des composants indispensables à toute bonne trousse de secours.

 

 

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Mais saviez-vous qu’elle porte le nom du Docteur Velpeau ? Alors que celui-ci ne l’a pas inventée !

 

 

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Alfred Louis Armand Marie Velpeau est né à 20 km de Tours, à Brèches (Indre-et-Loire), le 30 floréal an III (19 mai 1795). De son père, maréchal-ferrant mais aussi à l’occasion  guérisseur du village, il hérite du goût de l’effort et d’une véritable vocation pour la médecine. Il reçoit d’un vieux maître d’école et du curé de son village les bases d’un enseignement rudimentaire qu’il complète en dévorant les livres qu’il peut se procurer.

 

En 1816, il entre comme bénévole à l’hôpital de Tours et étonne par l’application dont il fait preuve et la soif de connaissances qui est la sienne. Diplômé Officier de santé, il devient en 1819 premier élève de Pierre Fidèle Bretonneau, médecin chirurgien, qui demeurera son maître. Il admire sa pratique médicale et partage son goût pour la recherche. Il lui portera en toutes circonstances un attachement qui ne fera jamais défaut.

Désireux  de parfaire  sa formation, il « monte » à Paris en 1820. Il suit assidûment les cours d’anatomie, de physiologie et d’embryologie. Il publie ses premiers écrits dans le Journal de médecine, chirurgie et pharmacie de Paris. Il soutient sa thèse de doctorat en médecine sous la présidence de Laennec le 27 mai 1823. Dédiée à Bretonneau, elle porte sur « Remarques sur les fièvres intermittentes, la teigne, les altérations du sang et la compression ». Et le 28 novembre 1823, il devient agrégé de médecine, 8 ans seulement après avoir quitté, peu lettré, la forge paternelle.

Dès lors, les étapes de sa carrière vont s’accélérer. En 1828, il est reçu au « Chirugicat » des hôpitaux. Il exerce en cette qualité à l’Hôpital Saint-Antoine puis à l’Hôpital de la Pitié. Il continue à défendre les conceptions de son maître auquel il reproche sans arrêt de ne pas publier ses découvertes. C’est donc lui, dans ses propres articles, qui préconise en son nom « la meilleure manière de conserver le vaccin » et « la compression dans les inflammations ». C’est ainsi que son nom sera lié à la bande qui, en réalité, devrait s’appeler la bande Bretonneau, même si ce dernier fait état dans sa thèse des travaux d’un prédécesseur allemand.

 

 

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Velpeau reste donc connu pour une invention qu’il n’a pas créée mais qu’il a vulgarisée et perfectionnée.

En 1834, il prend possession du service de chirurgie de l’Hôpital de la Charité qu’il gardera jusqu’à sa mort. C’est dès lors un « grand patron » à la clientèle importante et aux revenus confortables.

 

 

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Commandeur de Légion d’Honneur, Président de l’Académie de Médecine, Velpeau s’éteint à Paris, le 24 août 1867. Dans un dernier souffle, il aurait murmuré : « Il ne faut être paresseux, mais travailler, travailler toujours… ». Il est enterré au cimetière de Montparnasse.

 

 

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Biblio.  « Velpeau » - Article de C. Quétel – Historiaz – Fev. 2008

Photo. Merci aux sites "Maîtrise Orthopédique" et "Cimetières de France et d’ailleurs".

 

18/06/2011

Saint Napoléon

Si seulement ses parents avaient fait le choix pour leur second fils d’un prénom plus commun, comme Pierre, Paul ou Jacques, que celui qu’ils vont lui attribuer en souvenir d’un oncle mort à Corté en 1767, le début de la carrière de notre Empereur aurait été plus aisée. Car si s’appeler « Napoléone » en Corse ou même en Italie, ne surprend pas, en France, ce n’est pas la même chose ! Et quand en plus il faut ceindre la couronne impériale ! 

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Mais notre Bonaparte est pragmatique ! Et comme il lui faut son « giorno onomastico » catholique, par décret impérial du 19 février 1806, il impose la célébration d’un Saint Napoléon le 15 août, date anniversaire à la fois de la signature du concordat rétablissant la religion catholique en France et de sa propre naissance. Pure coïncidence…

 

Seulement voilà, les hagiographes comme  l’Eglise romaine se montrent on ne peut plus réticents à cette célébration peu conforme au droit canonique ! Au grand soulagement de tous et surtout au grand soulagement de notre Empereur, alors que de mémoire d’archiviste, aucun Napoléon ne s’est illustré dans le passé, le Cardinal Légat Giovanni Battista Caprara retrouve dans le Martirologio Romano la « perle rare » un "Santo Neopoli", "Néopolis "ou "Neapolis", des plus obscurs, qui aurait été martyrisé au Quatrième Siècle à Alexandrie et dont la fête se situe le 2 mai. De « Neopoli » à "Napoléon", il n’y a qu’un pas que notre cardinal franchit allégrement, expliquant qu’au fil du temps, le nom de ce martyr s’est transformé en "Napoleo" puis en "Napoléone". Et pour faire encore plus vrai, il le fait d’abord guerrier, puis, finalement, évêque ayant subi d’atroces supplices. Il tente même de convaincre l’Empereur de repousser son jour anniversaire au 16 août afin qu’il ne coïncide pas avec l’Assomption, la fête de la Vierge Marie.

 

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Saint-Napoléon - Vitrail - Eglise du Chesnay (78)

 

L’Eglise se laisse convaincre (mais a t'elle le choix) en maintenant tout de même la fête du Saint Neopoli au 2 mai ! C'"est ainsi que Saint Napoléon entre dès 1805 dans la longue liste des martyrs de l’Eglise. Quant à l’Empereur, il fait du 15 août une fête nationale célébrée pour la première fois le 15 août 1806. C'est d'ailleurs à cette occasion, qu'on pose à Paris la première pierre de l’Arc de Triomphe. 

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Saint-Napoléon - Vitrail - Eglise Saint-Louis de Vichy (03) - A noter l'étrange ressemblance...

 

Pour la petite histoire, il semble bien que le prénom "Napoléone" soit en fait dérivé du prénom "Nicolas". En effet, « Nabulione » serait  une déformation « pseudo-latine » d’"Anabulione", surnom donné à Saint Nicolas de Bari dit Saint-Nicolas à l’Anabulium, c'est-à-dire celui qui porte un pallium, ornement liturgique, écharpe sacerdotale consacrant officiellement le rang d’évêque dans l’église catholique.

 

 

Biblio : « La valse des prénoms » - Historia n°475 – 07.1986

Merci aux sites www.quelqueshistoires.centerblog.net et  www.orgue-vichy-st-louis.com/lieu.html