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07/04/2012

Le Caudebec vous salue bien !

Le saviez-vous, la bonne ville de Caudebec-en-Caux, au cœur du département normand de la Seine-Maritime, a donné son nom à un chapeau, le « Caudebec », fait « de laine d’agnelin, de ploc, de poil ou de duvet d’autruche, ou de poil de chameau » qu’elle fabriquait au XVIIe siècle en grande quantité. 

 

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Le Caudebec

 

Il faut savoir que le nom de « Caudebec » vient du norrois « kaldr bekkr » signifiant  littéralement « froid ruisseau ». Ce n’est qu’à la fin du XVIe siècle que va véritablement se développer dans la petite cité normande  la chapellerie du feutre. Sur les bords des rivières de l’Ambion ou de Sainte-Gertrude, car la fabrication de ce couvre-chef exigeait beaucoup d’eau, on va  compter à cette époque jusqu’à 80 arçons ou ateliers !  

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Caudebec-en-Caux 

Ce sont les maîtres et ouvriers protestants qui y ont introduit le travail du feutre façonné à une époque où les hommes étaient seulement couverts de bonnets de coton. Les huguenots de Normandie puis ceux de toute la France se coiffent les premiers de ce feutre sombre, orné d’une plume verte. Et quand Louis XIV (1638-1715) s’affichera à son tour d’un Caudebec noir orné d’une longue plume blanche, tout le royaume bien sûr l’imitera. Dès lors, la mode est lancée : il est de bon ton pour les nobles comme pour les bourgeois de se couvrir l’oreille droite de ce feutre venu du pays de Caux. Même les paysans, mais seulement dans les grandes circonstances, font de même ! Thomas Corneille (1625-1709), le frère de Pierre, mentionne en 1704 les chapeaux de Caudebec dans son « Dictionnaire de géographie » « fort estimez, écrivait-il,  parce qu’ils résistent à la pluie ». Qualités qui les font apprécier de nos voisins européens et notamment des anglais car les Caudebecs s’exportent !  

 

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 Le roi Louis XIV

 

A la fin du XVIIe siècle pourtant, la concurrence nationale et régionale commence à se faire sentir. Localement, les fabriques de Rouen, du Havre et de Bolbec proposent en quantité des Caudebecs de contrefaçon  « moins étoffez que ceux qui sont de véritable fabrique de cette ville. »  A ces difficultés dont doivent faire face les fabriques caudebecquaises, s’ajoute la Révocation de l’Edit de Nantes, signée en 1685, qui provoque l’exode de près de 3000 chapeliers protestants car l’industrie de la chapellerie, aussi bien en Normandie que dans d’autres régions françaises comme celle de Lyon, du Dauphiné ou de la Provence, est entre leurs mains.

 

 

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Les Caudebecs 

 

Si en 1720, la communauté des chapeliers de Caudebec était composée de 15 maîtres, en  1767, il n’en reste plus que trois. Dans un article paru dans le Journal de Rouen du 3 juillet 1922, Georges Dubocs (1854-1927) écrit que «Noël de la Morinière, dans son Essai sur la Seine-Inférieure, en 1795, ne note plus l’existence de l’industrie des chapeaux à Caudebec et il attribue sa décadence à l’infériorité de la main-d’oeuvre, aux mauvaises eaux, à l’incendie de 1649, à la mortalité de 1694, où 600 personnes périrent, tout et autant qu’à la Révocation de l’Edit de Nantes… »

 

C’est ainsi que notre Caudebec va tirer sa dernière révérence !

  

 

Biblio. Merci aux sites« Le canard de Duclair » http://jumieges.free.fr/caudebec.html,

http://www.le-petit-manchot.fr

21/03/2012

Le bottin de Sébastien

Pour nombre d’entre-nous, le « bottin », c’est l’annuaire, pages blanches et jaunes, des abonnés au téléphone que la poste glisse chaque année dans nos boîtes à lettres.  

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Plus largement, c’est un répertoire très ciblé regroupant des listes de personnes exerçant des activités ou pratiquant des loisirs communs, à l’exemple du « bottin mondain » ou du « bottin gourmand ».  

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 Sébastien Bottin en 1790 (estampe de 1889)

 

Mais saviez-vous qu’au départ, il y avait un Monsieur Bottin ? Issu d’une famille Lorraine, Sébastien Bottin est né le 17 décembre 1764 à Grimonviller, petite commune du département de la Meurthe-et-Moselle. Devenu abbé, il renonce à la Révolution à l’état ecclésiastique pour occuper ensuite divers postes administratifs de plus en plus importants comme celui de Secrétaire en Chef de l’administration centrale du Bas-Rhin ou Secrétaire Général de la Préfecture du Nord.

Cet homme lettré, statisticien passionné, publie en 1797 un premier « Annuaire statistique du département du Bas-Rhin de l’an VII à l’an IX » remarqué.

Mais c’est à partir de 1819 qu’il va réaliser véritablement l’œuvre de sa vie avec la publication chaque année jusqu’à sa mort de l’« Almanach du commerce de Paris». Et c’est grâce à ce répertoire recensant tous les artisans et commerçants de la capitale par secteur d’activité que Sébastien Bottin laissera son nom par antonomase à un annuaire téléphonique édité sur un support papier, notre « Bottin ».

En 1853, criblé de dettes, l’homme s’éteint le 28 mars, âgé de 88 ans, dans l’indifférence générale de ses contemporains. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise. 

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Reconstitution de l’acte de décès de Sébastien Bottin

 

La famille Didot, véritable dynastie d’imprimeurs, éditeurs et typographes français, reprenant son entreprise, poursuit la publication de l’annuaire, couplé au leur l’« Annuaire du commerce ». La société Bidot-Bottin devient une société anonyme cotée en bourse en 1881. Elle publiera en 1903 le premier « Bottin mondain », répertoire français des personnalités du tout-Paris.  

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Quant au premier « Annuaire aux abonnés du téléphone de Paris » publié en 1890, il recensait le nom de près de 6500 personnes sans pourtant qu’aucun numéro de téléphone n’y figure ! C’est la « Demoiselle des Postes » qui était chargée à cette époque de mettre en relation les abonnés entre-eux.

 

 

Biblio. « Quand votre culotte est devenue pantalon » de D. Lacotte – Ed Pygmalion 11-2011

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

28/02/2012

Des noms célèbres devenus pathologies

Le poète Alfred de Musset (1810-1857)  et la Reine Marie-Antoinette (1755-1793) ont en commun d'avoir tous deux laissé leur nom à une pathologie.

 

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Portrait d’Alfred de Musset par Ch. Landelle

 

Le syndrome Marie-Antoinette ou « canitie subite » est une pathologie de perte accélérée des cheveux colorés, au profit des seuls cheveux blancs. On sait que les cheveux de la reine ont « blanchi » entre le 22 juin et le 25 juin 1791, c’est-à-dire dans les jours qui ont suivi la fuite manquée de la famille royale à Varennes.

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Portrait de la Reine  Marie Antoinette  par E. Vigée Lebrun

 

Madame Campan (1752-1822), première femme de chambre de Marie-Antoinette, rapporte dans ses Mémoires sa surprise quand elle constata, au retour de sa maîtresse, que les cheveux de celle-ci, au demeurant sûrement déjà poivre et sel, étaient « devenus blancs comme ceux d’une femme de soixante ans », alors qu’elle n’en avait que 36 !

Le stress important vécu par la Reine aurait radicalement agi sur ses cheveux bruns, les faisant tomber. Seuls ses cheveux blancs, dont la durée de vie est supérieure, ont alors résisté, transformant de fait la chevelure de l’infortunée souveraine qui disait elle-même que « ses cheveux étaient blanchis par le malheur ».

 

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Le "signe de Musset" désigne un des signes périphériques de l’insuffisance aortique, à savoir l’hyperpulsatilité artérielle. 

 

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Alfred de Musset a lui-même noté ce signe dans son poème « La nuit de mai », dialogue entre la muse et le poète tourmenté par la souffrance :

« Pourquoi mon cœur bat-il si vite ? -  Qu’ai-je donc en moi qui s’agite -  Dont je me sens épouvanté ? - Ne frappe-t-on pas à ma porte ? » De santé fragile, mais surtout en proie à l’alcoolisme, à l’oisiveté et à la débauche, Musset s'est éteint le 2 mai 1857 seulement âgé de 46 ans et quelque peu oublié.

  

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.