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09/09/2012

Mazagran, de la ville à la tasse

En 1840, la petite cité de Mazagran (également orthographiée Mazaghran), située en Oranie, dans ce qui est aujourd’hui le département de Mostaganem, va s’illustrer lors d’un épisode fameux de la conquête de l’Algérie.

Nous sommes le 3 février de cette année-là. Dans un poste constitué essentiellement d’une casbah en terre, 123 chasseurs du capitaine Lelièvre sont attaqués par 10 000 soldats algériens conduits par le second d’Abd-El-Kader. 

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Le combat est violent et meurtrier. Pourtant, les zouaves résistent et tiennent bon. Leur opiniâtreté va être récompensée : plusieurs vagues d’assaut ne vont pas parvenir à enlever le poste finalement secouru et délivré trois jours plus tard par la colonne du Commandant du Barail. Si les français n’ont à déplorer que 3 tués et 16 blessés, du côté des assaillants, plus de 600 soldats y ont laissé leur vie. 

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Capitaine Hilaire Etienne Lelièvre (1810-1851)

 

A Mazagran, compte tenu des événements, les hommes qui ont besoin de se tenir éveillé, ne peuvent guère prendre le temps de déguster leur café arrosé ! Et c’est d’abord l’idée exprimée par le mot « mazagran » : boire son café à la va-vite ! 

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Au fil du temps, le sens du mot mazagran va évoluer. Ainsi dès 1866, il va s’appliquer à une boisson faite de café noir mêlé d’eau, parfois de sucre et d’eau-de-vie, bue dans un grand verre. « Je bois la moitié de mon café et je comble le vide avec de l'eau. Ça me fait un mazagran » (Georges Courteline, Un client sérieux, 1898). 

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Puis, plus récemment, par métonymie, le mot va désigner non plus le contenu mais le contenant : notre mazagran est né, créé par la manufacture de porcelaine de Bourges,  sorte de tasse haute, en forme de verre à pied, utilisée pour boire le café.

Biblio. : « Des noms propres si communs » de G. Henry - Revue Historia – Mars 1985 -

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet et au site http://porcelaines.wordpress.com

22/08/2012

Poulbot père et fils

Le « Poulbot », c’est l’image sympathique du « titi parisien », un gamin de la rue, un gavroche sans barricade qui charge sa fronde de boulettes de papier mâché. Un gentil gosse qui porte tout naturellement, le saviez-vous, le nom de son père : Francisque Poulbot.   

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 Francisque Poulbot en 1913

 

L’homme est né en banlieue parisienne, à Saint-Denis, le 6 février 1879. Aîné d’une fratrie de 7 enfants, malgré des parents instituteurs, il se révèle bien plus doué pour le dessin satirique et humoristique que pour les études.

Il n’a que 17 ans quand en 1895 il ose adresser au journal « Le Pêle-Mêle » un de ses croquis au dos duquel il a écrit pompeusement « Je vous autorise à le reproduire ». Son audace est récompensée, le dessin est publié ! Dès lors, l’artiste en herbe va bombarder littéralement la presse légère de ses compositions en noir et blanc. Il s’installe à Montmartre où il trouve son inspiration dans la misère sociale des faubourgs de la capitale : femmes légères, ivrognes, sans logis, vagabonds, mais surtout ces gamins dépenaillés qui deviennent sous ses doigts des « modèles » qu’il fige d’un trait de fusain.

Avec les années, Poulbot va créer un mioche plus consensuel à l’humour plus convenu : le Poulbot est né et très vite, il va trouver une compagne, une « Poulbote ». 

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Très attaché à son quartier, Poulbot ouvrira en 1923 rue Lepic un dispensaire pour venir en aide aux enfants nécessiteux.  

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L’artiste est décédé à Paris le 16 septembre 1946 et est inhumé au cimetière de Montmartre. Figure légendaire, il ne nous a pas quitté tout à fait puisque que son « Poulbot » est devenu un nom commun !

 

Biblio. merci au site www.dionyversite.org et aux pages Wikipédia sur le sujet. 

 

11/07/2012

Diesel, l'homme qui a bouleversé la technique de la force motrice

Un Diesel, pour moi, mais aussi sûrement pour beaucoup d’entre-vous, c’est un moteur qui fonctionne au gazole.

On ne pense pas forcément que c'est avant tout un patronyme, celui du motoriste de talent qui a mis au point le premier moteur à combustion interne qui porte son nom.  

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Rudolf Diesel (1858-1913)

 

Rudolf Christian Karl Diesel, bien que né à Paris le 18 mars 1858 de parents immigrés vivant en France, va cependant opter pour la nationalité allemande.

Génie de la technique mécanique, l’ingénieur commence les recherches qui le consacreront en 1893, soit 6 ans après l’invention de l’automobile. Il publie un traité « De la théorie et de la construction rationnelle d’un moteur thermique pour remplacer la machine à vapeur et moteurs à combustion connus aujourd’hui » qui va être la base de son travail.

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Il fait breveté son moteur à allumage par compression puis, en  1897, il réalise la première « machine à huile lourde » : le moteur diesel est né ! Il est présenté à l’Exposition universelle de Paris de 1900.

Très économique, le consommable est alors bon marché par rapport à l’essence, son succès est foudroyant. La Navale et la marine marchande vont être les premières à s’en emparer. Très vite ensuite, partout dans le monde, les moteurs « diesel »  vont se vendre par milliers !  

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Devenu célèbre et riche, Rudolf Diesel va perdre la vie, dans des circonstances étranges. Passager du paquebot à vapeur allemand « Le Dresden », il se rend à Londres, invité par la Royal Navy, afin de présenter les derniers perfectionnements apportés à son invention. C’est dans la nuit du 29 septembre 1913, entre Anvers et Harwich, qu’il disparaît. Les recherches effectuées sur le navire demeurent vaines. Quinze jours plus tard, un corps à peine reconnaissable sera repêché en mer par des pêcheurs belges. Les objets personnels trouvés sur lui seront identifiés par son fils.  Accident ? Suicide ? Meurtre ? Le mystère reste entier.

 

 

Biblio. Historia – Numéro Spécial 356bis – 12-1997

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.