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17/10/2012

Chouans, résistants royalistes

En gallo, langue d’oil de l’est de la Bretagne, « chat-huan » est le nom local de la chouette hulotte. Mais savez-vous pourquoi les insurgés royalistes qui ont combattu de 1792 à 1794 dans les provinces du nord de la Loire, comme en Bretagne ou en Normandie, ont été surnommés les chouans ? Tout simplement parce que c’était le surnom de leur chef !

Voici l’histoire où se mêle peut être un peu de légende…

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Ce chef se nomme en réalité Jean Cottereau. Il est né dans une hutte de bûcheron sabotier de la forêt de Concise le 30 octobre 1757 à Saint-Berthervin, petit village du département de la Mayenne situé près de Laval.

 

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Jean Cottereau (1757-1794)

 

« Chouan » est le sobriquet attribué à son père Pierre. Pour certains, c’est en raison de son caractère particulièrement morose, aussi morose que celui d’un chat-huant ! Pour d’autres, c’est en raison de sa profession car il est faux-saunier, c’est-à-dire qu’il excelle dans la contrebande du sel, profession qui exige avant tout de la discrétion. Alors, lui et ses 4 fils ont l’habitude de s’avertir de l’arrivée des gabelous, les  agents de la gabelle, le fameux impôt sur le sel, en imitant le cri du rapace.

 

Jean est le plus bagarreur des frères Chouan. Après une enfance difficile, un séjour en prison en 1785, il s’enflamme pour les théories royalistes après l’exécution de Louis XVI. Il prend la tête d’un groupe de résistants de la région mayennaise et participe à la guerre de Vendée avant de passer en Bretagne. Il prend l’habitude de rassembler ses hommes, comme jadis, en imitant le cri du hibou. C’est ainsi que dès 1793, un chouan qualifie un paysan insurgé des provinces de l’ouest de la France luttant contre la Révolution et plus largement un royaliste catholique.

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Traqué par les « bleus », ce héros de la chouannerie, que ses camarades de combat ont surnommé le « gars mentoux » (le garçon menteur) est mortellement blessé dans un engagement à Olivet en Mayenne le 27 juillet 1694. Sa tombe n’a jamais été retrouvée.

 

Biblio. Merci notamment aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

26/09/2012

La fièvre de Saint-Vallier

« La plus monstrueuse de toutes les maladies

parce qu’elle ne vient pas de Dieu  mais de l’homme ! »

Victor Hugo

 

 

La fièvre de Saint-Vallier, c’est  la maladie de la terreur de l’échafaud. Celui qui a laissé, bien involontairement, son nom à ce syndrome n’est autre que le père de Diane de Poitiers, Jean de Poitiers, vicomte d’Estoile, seigneur de Saint-Vallier ( ?-1539). 

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 Jean de Poitiers, vicomte d'Estoile, Seigneur de Saint-Vallier

 

En 1523, il est compromis dans l’affaire dite « du connétable de Bourbon », Charles de Bourbon (1490-1527), dernier des grands féodaux à s’être opposé à un roi de France. On lui reproche d’avoir favorisé la fuite de ce seigneur qui, menacé par François Ier, quitte ses terres incognito et fait alliance avec « l’ennemi », l’Empereur du Saint Empire romain germanique, Charles Quint (1500-1558), chez lequel il se réfugie.

Dénoncé, arrêté, emprisonné à la conciergerie du palais de Paris, Monsieur de Saint-Vallier est jugé et condamné par le roi à avoir la tête tranchée. Le lendemain, il est conduit jusqu’en place de Grève où l’attend l’échafaud. 

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Diane de Poitiers avant 1525

 

Diane est alors l’épouse de Louis de Brézé (1463-1531), dernier grand Sénéchal de Normandie, un très fidèle et proche de François Ier (1494-1547). Apprenant la condamnation de son père, elle court se jeter aux pieds du Roi et obtient par ses larmes mais aussi peut être par ses attraits, « en reconnaissance des bons et loyaux services de son mari », la grâce de son père.  

Celui-ci est sur le point de s’agenouiller pour recevoir le coup mortel de l’exécuteur de la Haute Justice, quand il apprend que sa peine est commuée en peine de prison perpétuelle. Sur le coup de l’émotion, la peur d’une mort si proche, il est saisi d’une forte fièvre qui va le terrasser en quelques jours. C’est enfermé dans la forteresse de Loches en Touraine qu’il trépasse emporté par la fièvre qui portera son nom, la fièvre de Saint-Vallier. Elle désigne le tremblement qu’éprouve un homme face au danger et ses symptômes sont identiques à ceux de la grippe saisonnière.

Sa fille Diane (1499 ?-1566) restera la favorite du roi de France Henri II pendant plus de vingt ans. 

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Le tombeau de Louis de Brézé se trouve dans la chapelle de la Vierge de la Cathédrale de Rouen.

Quant au Connétable de Bourbon, il mourut à Rome en 1527.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

09/09/2012

Mazagran, de la ville à la tasse

En 1840, la petite cité de Mazagran (également orthographiée Mazaghran), située en Oranie, dans ce qui est aujourd’hui le département de Mostaganem, va s’illustrer lors d’un épisode fameux de la conquête de l’Algérie.

Nous sommes le 3 février de cette année-là. Dans un poste constitué essentiellement d’une casbah en terre, 123 chasseurs du capitaine Lelièvre sont attaqués par 10 000 soldats algériens conduits par le second d’Abd-El-Kader. 

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Le combat est violent et meurtrier. Pourtant, les zouaves résistent et tiennent bon. Leur opiniâtreté va être récompensée : plusieurs vagues d’assaut ne vont pas parvenir à enlever le poste finalement secouru et délivré trois jours plus tard par la colonne du Commandant du Barail. Si les français n’ont à déplorer que 3 tués et 16 blessés, du côté des assaillants, plus de 600 soldats y ont laissé leur vie. 

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Capitaine Hilaire Etienne Lelièvre (1810-1851)

 

A Mazagran, compte tenu des événements, les hommes qui ont besoin de se tenir éveillé, ne peuvent guère prendre le temps de déguster leur café arrosé ! Et c’est d’abord l’idée exprimée par le mot « mazagran » : boire son café à la va-vite ! 

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Au fil du temps, le sens du mot mazagran va évoluer. Ainsi dès 1866, il va s’appliquer à une boisson faite de café noir mêlé d’eau, parfois de sucre et d’eau-de-vie, bue dans un grand verre. « Je bois la moitié de mon café et je comble le vide avec de l'eau. Ça me fait un mazagran » (Georges Courteline, Un client sérieux, 1898). 

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Puis, plus récemment, par métonymie, le mot va désigner non plus le contenu mais le contenant : notre mazagran est né, créé par la manufacture de porcelaine de Bourges,  sorte de tasse haute, en forme de verre à pied, utilisée pour boire le café.

Biblio. : « Des noms propres si communs » de G. Henry - Revue Historia – Mars 1985 -

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet et au site http://porcelaines.wordpress.com