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22/05/2013

Le "petit coin" de l'Empereur

L’Empereur Vespasien, Flavius Titus Vespasianus, laissa le souvenir d'un souverain remarquable d’humanité et de sagesse. Né près de Rieti en Italie en l’an 9 après Jésus-Christ, il règne de l’an 69 à  l’an 79, en s’attachant à rétablir l’ordre et la discipline dans son empire. Bâtisseur, on lui doit notamment le Colisée, le Forum et la Bibliothèque de la Paix. Homme de caractère et de rigueur, il va apporter la même énergie à réorganiser les finances de son empire. Et comme tous les chefs d'Etat, pour trouver de l'argent frais, il crée des taxes et des impôts nouveaux.

 

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En décidant de règlementer sévèrement l’utilisation des latrines publiques, interdisant ainsi un laisser-aller bien naturel, il fait d’une pierre deux coups.  Non seulement il installe des urinoirs à Rome, mais il crée aussi une taxe sur la collecte des urines. A l’époque, celle-ci est utilisée par les teinturiers pour préparer les étoffes avant de les mettre en couleur. Bien sûr, les romains se moquent ! Mais à ceux-ci, il répond : « Pecunia non olet », c’est-à-dire  « l’argent n’a pas d’odeur » !

Au royaume de France, c’est seulement vers 1770 que le lieutenant général de la police parisienne, Antoine de Sartine (1729-1801), prend la décision de faire « disposer des barils d’aisance » à tous les coins de rue de la capitale. Quelques années plus tard, en 1834, le préfet de la Seine, le comte Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau (1781-1869) les fait remplacer par des édicules construits sur la voie publique. Et c’est pour éviter le surnom que les parisiens leur donnent naturellement, « les colonnes Rambuteau », que le préfet va choisir de les baptiser « colonne vespasienne » en référence à l’Empereur Romain. 

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 Colonne Rambuteau - 1865

 

En 1980, les vespasiennes feront  place aux sanisettes. Cette fois, elles vont être adaptées à un usage féminin.

 

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L'une des dernières vespasiennes de la Capitale

 

 

Biblio. « Etonnantes histoires de France et de Navarre » de D. Appriou – Larousse 2013

« Petit dictionnaire des mots qui ont une histoire » de G. Henry – Tallandier 2012

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

25/04/2013

Un Barème peut en cacher un autre...

Si le printemps se fait attendre en Normandie comme ailleurs, les feuilles, celles des impôts, vont être, et personne n’en doute, exactes au rendez-vous !  

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Pour savoir à quelle sauce on va être mangé (et ça ne sera pas à la sauce normande), chacun de nous va devoir se référer aux notices et autres barèmes publiés à l’occasion…  Mais au fait, savez-vous d’où vient le mot « barème » ?

Il nous vient d’un mathématicien français né dans les Bouches-du-Rhône,  à Tarascon, qui est considéré comme l’un des fondateurs de la comptabilité.  

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 François Bertrand Barrême

 

François Bertrand Barrême (1638-1703), apprécié du Contrôleur général des finances du roi Louis XIV,  Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), expert pour les comptes de la Chambre des comptes de Paris et arithméticien ordinaire du souverain, est l’auteur de livres de tables mathématiques pratiques destinées à éviter des calculs fastidieux dans le domaine de l’argent.

On lui doit notamment « Le Grand Banquier ou le livre des monnoyes étrangères réduites en monnoyes de France » publié en 1696 et « Le livre facile pour apprendre l’arithmétique de soy-même et sans maître » publié deux ans plus tard. 

 

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Mais c’est l’un de ses premiers ouvrages, publié en 1671 et très souvent réédité, le « Livre nécessaire pour les comptables, avocats, notaires, procureurs, négociants et généralement à toute sorte de conditions » qui va transformer son patronyme en nom commun. Comportant notamment des tables de conversion de monnaies et connu plus tard sous le simple  nom de « Barême universel », il va être à l’origine de notre mot barème d’aujourd’hui.

 

Biblio et images : Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

31/03/2013

Le combat de justice du Docteur Guillotin

Oubliés ses premiers surnoms de « Mirabelle », « Louisette », comme plus tard ceux de « veuve », de « rasoir national » ou de « cravate à Capet », au grand dam du docteur Ignace Guillotin (1738-1814), c’est son propre nom qui va rester attaché à cette terrible machine, synonyme de peine de mort. Pourtant il n’en est pas l’inventeur ! Le procédé de « décollation » existait auparavant en Italie et en Ecosse et fonctionna même en France dès 1632. 

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Ignace Guillotin (1738-1815)

 

Est-ce parce que sa mère accoucha de lui prématurément, le 28 mai 1738, bouleversée par les hurlements de douleur et d’agonie d’un condamné à la roue, que l’on exécutait ce jour-là sur la Grand-place de Saintes (Charente-Maritime), qu’il va, en tant qu’humaniste épris de justice, prendre pitié des condamnés à mort et se battre pour qu’ils ne souffrent plus ?

 

Nommé médecin auprès de Monsieur le Comte de Provence, frère du roi Louis XVI, il est entraîné par le courant révolutionnaire et devient très vite un homme public reconnu et influent. Elu député du Tiers, partisan des grandes réformes, il prend une part active aux travaux des commissions en place.

Franc-maçon, disciple de Rousseau, c’est le 1er décembre 1789 qu’il défend à la tribune de la Chambre son projet de réforme du Code pénal. Puisque les privilèges son abolis, ils doivent l’être aussi dans la mort. Il demande l’égalité des peines quelle que soit l’origine sociale du coupable. Car on décapite à la hache ou à l’épée les nobles, on écartèle les régicides, on brûle les hérétiques et on roue ou on pend les voleurs !  

 

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 Supplice de la Roue

 

En qualité de médecin, il veut que la mort soit donnée dans des conditions décentes et administrée « par l’effet d’un simple mécanisme ». Il présente alors « sa » machine avec laquelle dit-il «  je vous fait sauter la tête d’un clin d’œil et vous ne souffrez point. La mécanique tombe comme la foudre, l’homme n’est plus ! » L’idée plaît, notamment à Mirabeau qui  défend avec ferveur la « Mirabelle ». Le projet est adopté et on travaille à l’application de la loi. 

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La guillotine attend l’arrivée de Doré et de Berland – « Le Petit journal illustré, 8 août 1891.

 

Antoine Louis (1723-1792), secrétaire de l’Académie de chirurgie, est alors chargé de la mise au point définitive de « l’outil ». La presse, qui l’a d’abord baptisé « Louison », adopte spontanément le nom de «guillotine ». Utilisée pour la première fois en place de Grève le 25 avril 1792, elle devient le symbole de la Terreur. Son usage s’achèvera avec l’abolition de la peine de mort en 1981.

Quant au Docteur Guillotin, il meurt d’une pneumonie le 28 mars 1815 et est enterré au Père Lachaise.

 

 

Biblio. « 100 symboles pour raconter la France » de S. Tricaud – Ed. de Palais 2012, « le grand Bêtisier de l’Histoire de France » de A. Dag’Naud – Larousse 2012 et « « Ignace Guillotin » de M-H Parinaud in « Nos Ancêtres Vie et métiers – n°1 - Mai-Juin 2003.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.