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05/06/2013

Adrian, le casque des poilus

Cet homme là n’est pas normand, mais c’est chez nous qu’il repose, à Genêts, dans le département de la Manche, un petit village situé sur la rive nord de la baie du Mont-Saint-Michel.

Sur sa pierre tombale, un casque de granit, un casque qui porte son  nom, le casque Adrian, un casque qui a sauvé des centaines de milliers d’hommes.  

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Car c’est à cet homme, Louis Auguste Adrian (1859-1933), que l’on doit d’avoir équipé, à partir de septembre 1915, les soldats de l’Armée française de casques protecteurs.  

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 Louis Auguste Adrian (1859-1933)

 

Dès le début des hostilités, ce polytechnicien originaire de Moselle demande à réintégrer l’armée française dont il est retraité. Chargé des questions d’habillement, il s’emploie à améliorer la vie des soldats. Il leur fournit notamment des chapes en peau de mouton pour l’hiver et des bottes de tranchées. Alors que les tentes viennent à manquer, il propose des baraquements démontables, les baraquements Adrian, qu’on utilise jusqu’en Afrique, à Salonique et à Corfou.

Mais c’est après l’hiver 1914 qu’il s’attaque au problème le plus grave. 77 % des blessés le sont à la tête par des éclats d’obus, et plus de 80 % de ces blessures sont mortelles. Il faut dire que nos soldats ne sont équipés que de képis ou de calots de toile ! Dès février 1915, le général Joffre (1852-1931), commandant en chef des armées du Nord et du Nord-Est, met en avant ces nombreuses blessures à la tête qui pourraient être évitées si les soldats étaient protégés par un casque métallique. Dans un premier temps, en décembre 1914, Louis Adrian propose la cervelière, qui se place sous le képi. Courant 1915, dans l’urgence, il fait produire en masse  plus de 7 millions d’exemplaires d'un casque inspiré de la bourguignotte du Moyen-âge, le M1915, qui prendra son nom, La casque Adrian est composé d’acier doux, très léger (à peine 700 grammes), de couleur bleu horizon. Sa  fabrication est en outre simple et peu coûteuse.  

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Le résultat est sans appel : en 1916 on ne compte plus que 22 % de blessures à la tête, et la moitié ne sont pas mortelles.

Le casque Adrian équipera l'armée française jusqu’au début de la Seconde guerre mondiale. Plus de 20 millions de casques de ce modèle vont être produits et vendus dans toute l’Europe et même en Russie.

Louis Adrian ne s’arrête pas là, loin s’en faut. Il met au point des cuirasses, des lunettes pare-éclats, des tourelles blindées pour aviateurs. Il étudie l’énergie solaire et parvient à localiser par triangulation, les canons qui bombardent Paris en mars 1918.

Quand il quitte l’armée en 1920, promu à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur, c’est en Normandie qu’il se retire. Genêts est en effet la commune de Marguerite, sa femme depuis 1889.

 

Biblio. "Le casque Adrian" - Normandie insolite et secrète - J-C. Collet et A. Joubert - Jonglez 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

22/05/2013

Le "petit coin" de l'Empereur

L’Empereur Vespasien, Flavius Titus Vespasianus, laissa le souvenir d'un souverain remarquable d’humanité et de sagesse. Né près de Rieti en Italie en l’an 9 après Jésus-Christ, il règne de l’an 69 à  l’an 79, en s’attachant à rétablir l’ordre et la discipline dans son empire. Bâtisseur, on lui doit notamment le Colisée, le Forum et la Bibliothèque de la Paix. Homme de caractère et de rigueur, il va apporter la même énergie à réorganiser les finances de son empire. Et comme tous les chefs d'Etat, pour trouver de l'argent frais, il crée des taxes et des impôts nouveaux.

 

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En décidant de règlementer sévèrement l’utilisation des latrines publiques, interdisant ainsi un laisser-aller bien naturel, il fait d’une pierre deux coups.  Non seulement il installe des urinoirs à Rome, mais il crée aussi une taxe sur la collecte des urines. A l’époque, celle-ci est utilisée par les teinturiers pour préparer les étoffes avant de les mettre en couleur. Bien sûr, les romains se moquent ! Mais à ceux-ci, il répond : « Pecunia non olet », c’est-à-dire  « l’argent n’a pas d’odeur » !

Au royaume de France, c’est seulement vers 1770 que le lieutenant général de la police parisienne, Antoine de Sartine (1729-1801), prend la décision de faire « disposer des barils d’aisance » à tous les coins de rue de la capitale. Quelques années plus tard, en 1834, le préfet de la Seine, le comte Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau (1781-1869) les fait remplacer par des édicules construits sur la voie publique. Et c’est pour éviter le surnom que les parisiens leur donnent naturellement, « les colonnes Rambuteau », que le préfet va choisir de les baptiser « colonne vespasienne » en référence à l’Empereur Romain. 

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 Colonne Rambuteau - 1865

 

En 1980, les vespasiennes feront  place aux sanisettes. Cette fois, elles vont être adaptées à un usage féminin.

 

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L'une des dernières vespasiennes de la Capitale

 

 

Biblio. « Etonnantes histoires de France et de Navarre » de D. Appriou – Larousse 2013

« Petit dictionnaire des mots qui ont une histoire » de G. Henry – Tallandier 2012

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

25/04/2013

Un Barème peut en cacher un autre...

Si le printemps se fait attendre en Normandie comme ailleurs, les feuilles, celles des impôts, vont être, et personne n’en doute, exactes au rendez-vous !  

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Pour savoir à quelle sauce on va être mangé (et ça ne sera pas à la sauce normande), chacun de nous va devoir se référer aux notices et autres barèmes publiés à l’occasion…  Mais au fait, savez-vous d’où vient le mot « barème » ?

Il nous vient d’un mathématicien français né dans les Bouches-du-Rhône,  à Tarascon, qui est considéré comme l’un des fondateurs de la comptabilité.  

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 François Bertrand Barrême

 

François Bertrand Barrême (1638-1703), apprécié du Contrôleur général des finances du roi Louis XIV,  Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), expert pour les comptes de la Chambre des comptes de Paris et arithméticien ordinaire du souverain, est l’auteur de livres de tables mathématiques pratiques destinées à éviter des calculs fastidieux dans le domaine de l’argent.

On lui doit notamment « Le Grand Banquier ou le livre des monnoyes étrangères réduites en monnoyes de France » publié en 1696 et « Le livre facile pour apprendre l’arithmétique de soy-même et sans maître » publié deux ans plus tard. 

 

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Mais c’est l’un de ses premiers ouvrages, publié en 1671 et très souvent réédité, le « Livre nécessaire pour les comptables, avocats, notaires, procureurs, négociants et généralement à toute sorte de conditions » qui va transformer son patronyme en nom commun. Comportant notamment des tables de conversion de monnaies et connu plus tard sous le simple  nom de « Barême universel », il va être à l’origine de notre mot barème d’aujourd’hui.

 

Biblio et images : Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.