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04/05/2014

Itsi Bitsi Petit Bikini...

Bikini : ce mot évoque sûrement pour vous comme pour moi les vacances, le soleil, la plage,... un joli deux-pièces qu'on est fière d’exhiber l'été venu… Mais saviez-vous que le créateur de ce maillot de bain révolutionnaire avait choisi de le nommer ainsi en référence à l'un des atolls des Îles Marshall, l'atoll de Bikini, théâtre d'essais d'armes atomiques menés par les États-Unis à partir du 1er juillet 1946, date de la première explosion de l'opération Crossroads.

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Rien ne prédestinait pourtant Louis Bréard (1897-1984), ingénieur automobile de formation, à se faire connaître en tant que créateur de mode. Tout commence en 1946 alors qu'il tient la boutique parisienne de lingerie fine de sa mère située près des Folies Bergères. S'apercevant que, sur les plages, les femmes baissent leur maillot de bain pour mieux bronzer, il a l'idée de créer un mini maillot de bain : le maillot deux pièces. Un simple bandeau pour le haut et deux triangles inversés pour le bas, découpés dans un mètre carré de tissu, et le bikini est né ! En réalité, ce vêtement était déjà connu depuis l'Antiquité : des archéologues, à partir des années 1920, avaient mis au jour, en Sicile, des mosaïques représentant des femmes jouant dans cette tenue !

 

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 Louis Réard et son bikini en 1946

La présentation officielle du « bikini » de Louis Bréard eut lieu le 5 juillet 1946 à la piscine Molitor de Paris. Tous les mannequins professionnels ayant décliné l'offre, c'est finalement une danseuse nue du Casino de Paris, Micheline Bernardini, qui accepta de le porter et de défiler en dévoilant ainsi son nombril au public.

Pour son créateur, le choc culturel provoqué par ce nouveau produit devait être comparable à celui de l'explosion qui venait d'avoir lieu cinq jours plus tôt sur l'atoll américain. Et c'est ce qui se produit ! S'il fut bien commercialisé avec ce slogan « Le bikini, la première bombe anatomique ! », il suscita un véritable raz de marée de protestations. Certains États comme l'Italie, l'Espagne et la Belgique vont en interdire tout simplement le port.

 

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 Marilyn Monroe- 1951

Il faudra attendre les années 60 pour que, adopté par les stars de cinéma, il devienne synonyme de séduction et de sex-appeal et dès lors populaire sur toutes les plages européennes.

Biblio. Merci aux pages wikipédia sur le sujet.

 

13/04/2014

Colin-Maillard : origine héroïque ou galante ?

On y a tous joué quand on était petit ! Colin-Maillard ! Rappelez-vous ! Les yeux bandés, alors que les chassés tournent autour de vous en évitant de se faire toucher, il faut réussir à en attraper un et à le reconnaître au toucher...

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Mais d’où vient ce nom de "Colin-Maillard" alors que, pratiqué chez les Grecs, Pollux, le précepteur de l’empereur romain Commode (161-192), le décrit sous le nom de « myunda » ?

Deux origines sont communément émises. La première est héroïque, la seconde est plus galante.

Pour les uns, Colin-Maillard serait un preux chevalier liégeois du nom de Johan Coley et surnommé Maillard en raison de son habilité à manier le maillet.

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Série aux armes d'Epinal. N° 173, Histoires & scènes humoristiques, contes moraux, merveilleux. Origine héroïque du jeu de colin-maillard

Lors d’une bataille livrée contre le comte de Louvain, Lambert Ier dit le Barbu (988-1015), ennemi du roi Robert le Pieux (972-1031), ce chevalier de Huy aurait été cruellement frappé en plein visage.  Ayant perdu la vue, il aurait continué à se battre à mort, frappant au hasard autour de lui. C’est en hommage à ce brave qu’aurait été institué plus tard par le roi un tournoi amical « à armes émoussées » où un chevalier, les yeux bandés, se battait seul contre tous. On dit que Godefroy de Bouillon (1060-1100) l’aurait à sept reprises remporté !

Le visage aux yeux crevés est bien représenté sur une sculpture en pierre du portait de Johan Coley Maillard dit « Le Grand Maillard » et de sa femme Jeanne de Seille réalisée sur une des cheminées monumentales de l'ancien Château familial de Landreville dans les Ardennes.

Pour les autres, il s'agirait du confesseur du roi Charles VIII (1470-1498), le père Maillard, qui reprochait souvent à son souverain ses aventures amoureuses. Ce serait pour se moquer du Cordelier, qu’à l’issue d’un souper à la cour, l’une des favorites aurait imaginé de lui bander les yeux et de le diriger à sa fantaisie en l’appelant « Colin ». Car, dans l’ancien vocabulaire des jeux, « Colin » signifiait  « celui qui s’y colle ».

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Le jeu de Colin-Maillard – N. Lancret – 1690

Parmi les jeux de Gargantua, Rabelais (1494-1553) cite le jeu de Colin-Maillard qu’il nomme « colin-bridé », « casse-pot » et « mousque », en référence à « la  mouche d’airain », le nom romain de ce jeu.

Maillard aurait été ajouté plus tard. Il désignait le bâton destiné à pousser une boule. Et l’on sait qu’au XVIIIe siècle, on donnait au colin une baguette pour désigner son prisonnier afin qu’il ne puisse pas deviner son identité en le tou­chant avec ses mains…

Biblio. Merci aux pages Wikipédia et au site Savoir.fr

 

19/03/2014

L’eusses-tu-cru ?

C’est la mère Michel qui a perdu son chat,

Qui crie par la fenêtre à qui le lui rendra.

C’est le père Lustucru qui lui a répondu :

« Allez, la Mère Michel, votr’chat n’est pas perdu ! »

 

L’air sur lequel se chante cette comptine enfantine de « La mère Michel », que nous avons appris et que nous apprenons à nos enfants et petits-enfants,  est connu depuis le XVIIe siècle. Mais saviez-vous que c’était celui d’un chant de marche, une chanson entonnée par les soldats pour se donner du rythme mais aussi du courage ! Elle s’intitulait « Ah ! si vous aviez vu Monsieur de Catinat » et était communément appelée « La marche de Catinat ». Elle a été composée en 1693 après la victoire à La Marsaille, près de Turin en Italie, du Maréchal de France Nicolas Catinat de la Fauconnerie, seigneur de Saint-Gratien (1637-1712) sur le Duc de Savoie  Victor-Amédée II (1666-1732), pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg. C’est cette victoire qui a permis le rattachement de la Savoie au royaume de France du roi Louis XIV !

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La chanson « La mère Michel » aurait été composée plus tard, probablement en 1820. On ignore quel en est l’auteur mais cette petite comédie semble avoir été écrite pour être jouée. D’ailleurs, les protagonistes font immédiatement penser au théâtre de Marionnettes. Notamment, celui de guignol, lancé à Lyon par Laurent Mourguet en 1795, et qui allait devenir très populaire dans le Paris de cette époque…

Le personnage de la mère Michel, qui a certainement été créé pour la chanson, allait d’ailleurs devenir un incontournable de ces spectacles au milieu du XIXe siècle.

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Quant au nom de son compère, devenu père Lustucru, celui qui ne « voulut point du baiser de la mère Michel », il vient du jeu de mots «  l’eusses-tu cru ? », la conjugaison du groupe verbal « le crois-tu » au plus-que-parfait du mode subjonctif.

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Celui-ci, apparu dans certaines chansons du XVIIe siècle, va devenir progressivement un nom commun désignant un personnage un peu niais et crédule. Le premier dictionnaire Larousse en donne cette définition « un terme de mépris dont on se sert en plaisanterie pour suppléer le nom d’une personne pour laquelle on n’a aucune considération. »

 

Biblio et images : « Refrains d’enfance – Histoire de 60 chansons populaires » de M. David et A-M. Delrieu – Herscher  1994.