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04/09/2016

Les deux chapelles de la Barre-y-va

Entre Le Havre et Rouen, sur les hauteurs de la jolie cité de Caudebec-en-Caux,  « la perle du Val de Seine », les deux chapelles de la « Barre-y-va » étendent leurs ombres sur la falaise. « La plus grande ressemble à un musée, avec ses maquettes de bateaux posées sur des socles ou suspendues de toute part et la petite met du bleu à l'âme *». La « Barre », c'est l'autre nom du mascaret, ce flot dévastateur, cette vague géante, terreur des marins, qui emporta notamment tout près d'ici, à Villequier, la fille chérie de Victor Hugo, Léopoldine et son mari, le 4 septembre 1843.

 

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La plus petite des deux chapelles de la » Barre-y-va », la « chapelle bleue » ou « Notre-Dame de la Miséricorde » est aussi la plus ancienne des deux. Sans clocher, d'après la tradition, elle aurait vu le jour en 1216 au bord de la Seine à la suite d'une terrible tempête dont les marins sortirent indemnes après avoir invoqué la clémence de la Vierge Marie. En atteignant la rive, ils auraient découvert une statue de Vierge. Y voyant là un signe divin, ils décidèrent de commémorer ce miracle par l'édification d'un lieu de culte, une chapelle plantée sur une terrasse dominant le fleuve d'une vingtaine de mètres.

 

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La «chapelle bleue » doit-elle son nom à la couleur bleue du vitrail qui fut posé au XVIIe siècle et qui est aujourd'hui disparu ou en raison des fresques bleues dont il ne reste qui ornaient ses murs et dont il ne restent que quelques rares traces ? Quant à celui de « Barre-y-va », il pourrait venir, comme le suggère l'écrivain normand Maurice Leblanc (1864-1941), le père d'Arsène Lupin, de l'image de cette barre impressionnante qui, les jours d'équinoxe, remontant la Seine, atteignent les chapelles malgré leur hauteur  : la Barre-y-va !

 

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Devant l'importance du pèlerinage qui se déroulait tous les ans le 25 mars, une seconde chapelle fut construite à la fin du XVIe siècle. On y déposa la statue de la vierge de la Barre-y-va, mais, d'après la légende, celle-ci rentrerait chaque matin dans sa petite chapelle bleue...

 

*Biblio. « Lieux mystérieux en Normandie » de C. Lablancherie – Ed. Ouest-France, 2015.

24/08/2016

La croix à la main du Mesnil-Herman

Dans le département de la Manche, au Mesnil-Herman, en venant de Saint-Lô, juste au carrefour des routes d'Hambye et Percy, une maison supporte sur sa façade une épée en forme de croix tenue par une main blanche. L'histoire remonte au 17 août 1714.

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Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), d'origine bretonne, ordonné prêtre en 1700, avait fait vœu de pauvreté et consacrait sa vie à la prédication en milieu rural. Le pape, rencontré le 6 juin 1706, lui avait conféré le titre de "missionnaire apostolique" en lui demandant de rentrer en France et de sillonner le royaume pour continuer à y renouveler l'esprit du christianisme par le renouvellement des promesses du Baptême et la consécration à la Sainte Vierge.

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Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

C'est donc en conquérant spirituel que l'homme de Dieu arrive cet été 1714 en Normandie. Peu désireux de le savoir sur son diocèse, quand l'évêque d'Avranches, Roland-François de Kerhoën de Coëtanfao (1662-1719), soupçonné de jansénisme et d'être un adversaire de la bulle pontificale Unigenitus, apprend sa présence, il lui intime aussitôt l'ordre de quitter au plus vite ses terres et de poursuivre sa route.

Sur le chemin, usé par la fatigue et les pénitences qu'il s'imposait, le saint homme s'arrête à Mesnil-Herman. La maison du carrefour est une auberge. Il frappe pour y demander l'hospitalité. Mais on la lui refuse. Épuise, il ne trouve pas la force d'aller plus loin et s'endort là, à la belle étoile.

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Église Saint-Pierre du Mesnil-Herman

En souvenir, les Mesnil-Hermanais, profondément choqués par cette absence de charité chrétienne, installeront sur ladite maison, cette main blanche tenant une épée en forme de croix. Dans l'église Saint-Pierre du Mesnil-Herman, 6 vitraux du peintre verrier Mauméjean content cette histoire.

En 10 ans, jusqu'à sa mort 28 avril 1716 à l'âge de 43 ans à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), Montfort va prêcher dans une dizaine de diocèses, depuis Saint-Brieuc jusqu'à Saintes et de Nantes à Rouen. Fondateur des missionnaires de la Compagnie de Marie, de la Congrégation des Filles de la Sagesse, et des Frères de la Communauté du Saint-Esprit, il est béatifié le 22 janvier 1888 par le pape Léon XIII (1810-1903) et canonisé le 20 juillet 1947 par Pie XII (1876-1958).

 

Biblio. "Manche - 100 lieux pour les curieux" de B. Rudloff et R. Boudet - Ed. C. Bonneton, 2016.

 

03/08/2016

Le petit singe moqueur du Tréport

Le Tréport, jolie station balnéaire normande aux villas multicolores, bijou de la Belle-Epoque, avec son port de pêche, sa falaise, sa plage de galets et son église du haut de laquelle depuis deux siècles, un singe impertinent tire la langue à la ville voisine d'Eu !

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Voici histoire ! L'église Saint-Jacques du Tréport a été reconstruite au XIVe et XVIe siècle sur un emplacement dédié au culte depuis le XIe siècle. En 1744 , le maire du Tréport se nomme Charles Simon. Chirurgien de son état, il est en poste depuis deux ans. Mais voilà, il ne supporte plus que l'indépendance de sa cité soit constamment remise en cause par sa voisine, la puissante ville d'Eu. Il ne supporte plus que le Premier Magistrat cette ville, Jean-Baptiste Blangy, Avocat, le considère comme son vassal. Il ne supporte plus que ce dernier n'ait de cesse que de le placer sous sa coupe.

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Aussi, pour que cela s'arrête, il intente un procès... qui va durer 12 ans et que la ville d'Eu va perdre ! La justice rendue, la ville du Tréport retrouve officiellement sa pleine autonomie, celle qu'il lui avait été concédée voilà bien longtemps par le roi François Ier.

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La décision satisfait pleinement la population qui, apprenant la nouvelle le 12 septembre 1756, porte son maire en triomphe jusqu’aux portes de la Maison de Ville.

Et c'est quelques temps plus tard, sans doute en guise de pied de nez, que sera érigé au sommet de l’église Saint-Jacques ce petit singe de pierre. On dit que l’opération aurait été facilitée par le vicaire de l’époque qui n’était autre que le fils de Charles Simon...

Comme avec les années, usée par le temps, la sculpture était devenue méconnaissable, en septembre 2009, les Tréportais l'on fait remplacer. L’ancienne statue a été confiée au musée des Enfants du Vieux Tréport.



Biblio : "Le Tréport Magazine - n° 92 - Octobre 2009.